Festival International du Film d'Amiens 2016
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Les grands studios du monde

Depuis quelques années, le Festival d’Amiens s’est intéressé aux modes de production des films, et en a même fait une série de rétrospectives : les « grands studios du monde ». Nous nous sommes rendu compte, au fil de ces riches rétrospectives, qu’un studio, c’est avant tout une question de territoire. Au sens propre (occuper, bâtir un terrain, donc une partie du monde) et figuré (proposer un style et une morale, donc une vision du monde). Il s’agit également de conquérir ou de sauvegarder un territoire « identitaire » : comment exister et perdurer dans le monde.

Cette exploration des studios du monde tend aussi à poser la question du rôle joué par ceux-ci (aussi modestes fussent-ils) dans l’existence et la survie de cinémas nationaux. Les studios ont été, en dehors d’Hollywood, le lieu où, à la veille et après la Seconde Guerre mondiale, se bâtissaient les cinématographies nationales ou régionales (en Asie, en Amérique latine, en Europe) ; le lieu où se mettaient en scène les figures et expressions populaires, les genres cinématographiques à même de répondre à des traditions musicales, théâtrales, littéraires ou picturales séculaires. Le paradoxe est aussi que ces studios furent créés sur le modèle des usines à rêves hollywoodiennes.

Notre travail sur les studios du monde s’appuie donc sur trois axes principaux : économique (la place des structures de production dans l’économie générale d’un pays) ; historique (l’inscription de la politique d’un studio dans l’histoire du cinéma mais aussi dans l’histoire mondiale) ; cinéphile (le plaisir de voir, de revoir et de penser les films).

Après les studios Churubusco (Mexique), Babelsberg (Allemagne), Shaw Brothers (Hong Kong), Hammer Films (Royaume-Uni), Armenfilms (Arménie), Nikkatsu (Japon), Argentina Sono Film (Argentine, Yesilçam (Turquie) et Nukufilm (Estonie), il était peut-être temps de jeter un œil du côté de chez nous. L’anniversaire de la Gaumont, qui fête cette année ses 120 ans, nous en a fourni le prétexte (bien que nous ne puissions prétendre à l’exhaustivité). Et il s’agit peut-être de la plus ancienne des compagnies, puisque Léon Gaumont s’engagea dans l’aventure du cinématographe dès la première projection organisée par les frères Lumière à Paris, en 1895. Avant de construire des studios aux Buttes-Chaumont et des salles un peu partout en France. 120 ans, donc. L’âge du cinéma lui-même.

Fabien Gaffez

En collaboration avec le Multiplexe Gaumont Amiens

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120 ANS DE CINÉMA GAUMONT