Festival International du Film d'Amiens 2016
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Il était raisonnablement impossible de proposer une rétrospective intégrale des films de Claude Chabrol. Mais nous ne voulions pas non plus nous priver du plaisir de voir ou revoir quelques uns de ses films les plus marquants. Le Beau Serge, son premier long métrage, datant de 1958, nous fêtons cette année les cinquante ans de carrière d’un cinéaste plus jeune que jamais. Chabrol a donc traversé six décennies de cinéma (des années cinquante aux années deux mille), six «  décades prodigieuses » qu’il a marquées de son style de plus en plus sobre et efficace. Voici donc un choix difficile, crève-cœur, mais passionnant – d’un film par décennie.
Le Beau Serge s’est naturellement imposé, non seulement parce que c’est le premier d’une liste de cinquante quatre longs métrages, mais encore parce que le film garde toute sa force et révèle un trio d’acteurs épatants (Jean-Claude Brialy, Gérard Blain et Bernadette Lafont). Le Beau Serge, c’est aussi le premier film estampillé « Nouvelle Vague ». La petite musique chabrolienne s’installe définitivement à partir de la Femme infidèle, fleuron de ce qu’il appelle sa « période pompidolienne ». On y trouve son égérie et femme de l’époque, la sublime Stéphane Audran, qui trouve sous sa direction beaucoup de ses plus beaux rôles (parmi la grosse vingtaine de films qu’ils ont fait ensemble). On la retrouve dans le Boucher, film à la fois haletant et inquiétant avec un Jean Yanne au sommet de son art (il était déjà présent dans Que la bête meure). Chabrol poursuit son chemin, s’affirmant comme cinéaste avec ce genre de films dits «  sérieux », aux sujets audacieux. Avec Une affaire de femmes en 1988, il retrouve Isabelle Huppert qu’il avait déjà dirigée dix ans plus tôt dans Violette Nozière. Cette fructueuse idylle artistique se poursuivra par la suite (quand Isabelle Huppert reçut le César de la meilleure actrice pour la Cérémonie, elle le dédia à Chabrol, lui avouant qu’il était «  sa plus belle histoire d’amour »). On notait dans Une affaire de femmes la douce présence de Marie Trintignant, à qui Chabrol confie le premier rôle de Betty, l’un de ses plus beaux films. Enfin, Isabelle Huppert le rejoint dans le vénéneux Merci pour le chocolat, film qui révèle la jeune Anna Mouglalis.
À ces six films s’ajoutent Poulet au vinaigre, film culte du polar français avec un inoubliable Jean Poiret en inspecteur Lavardin ; et Rien ne va plus, l’un des petits préférés de son auteur, avec Michel Serrault et Isabelle Huppert.

F. G.

Les propos suivants de Claude Chabrol sont extraits d’un entretien réalisé par Fabien Gaffez et Jean-Pierre Garcia en octobre 2008, du livre d’entretiens de François Guérif (Claude Chabrol, un jardin bien à moi, Denoël, 1999), ainsi que de deux livres de Claude Chabrol, Et pourtant je tourne (Robert Laffont, 1992) et Laissez-moi rire ! (en collaboration avec André Asséo, Éd. du Rocher, 2004).

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Décades prodigieuses