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Le documentaire gabonais :

Les nouvelles formes du legs identitaire.

Depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, le documentaire a prix une place d’importance dans le paysage audiovisuel gabonais. On remarque, dans ces productions et coproductions, l’effort constant que fournissent les réalisateurs pour poser un regard identitaire sur leurs sujets.
Il n’est plus nécessaire de rappeler l’importance culturelle de l’oralité en Afrique et donc au Gabon. Soulignons simple-ment que le témoignage documentaire au cinéma s’impose comme l’héritage contemporain de la tradition orale du con-tinent.

C’est d’abord l’histoire coloniale et militaire qui est relatée dans les Tirailleurs d’ailleurs d’Imunga Ivanga (1996, 27 min). Le père du réalisateur et deux de ses compagnons d’armes racontent comment ils sont passés de l’insouciance à la réalité de la Seconde guerre mondiale, puis à la désillusion face aux promesses non tenues.
En cette fin de décennie, à l’aube du millénaire qui débute, le documentariste Alain Didier Oyoué est des plus prolifiques. Il signera trois films remarqués en trois ans : Jean Michonnet une aventure humaine (1998), La Forêt en sursis (2002) et Promesse d’un nouvel eldorado (2002).

Aussi, le documentaire Pierre de Mbigou de Roland Duboze (1998, 26 min) est une invitation au voyage à travers forêts et monts, mais aussi et surtout à la découverte de sculptures mélangeants représentations traditionnelles et lignes plus modernes. Tradition une fois encore mise en exergue dans le film Au commencement était le verbe (Mvett) d’Antoine Abessolo Minko (2003, 46 min). Il y souligne qu’au-delà de l’usage qui en était fait en temps de guerre, l’art du Mvett englobe tous les aspects de la culture Fang : poésie, philosophie, sciences, les peuples Fang et Beti considèrent le Mvett comme un art total. Le réalisateur expose une nouvelle fois son attachement aux sujets ethnologiques en 2009 avec Itchinda ou la circoncision chez les Mahongwé.

Enfin, avec les Nouvelles écritures de soi (2010, 52 min), Alice Aterianus-Owanga capte le quotidien de quatre slamers, quatre représentants de la nouvelle poésie urbaine. Un film essentiel qui s’entend à nous montrer la constitution d’une nouvelle identité à Libreville, une nouvelle identité gabonaise où la prose orale est toujours bien présente ! La prose, le verbe, les liens « contre-culturels » avec l’occident sont aussi les thèmes forts du docu-ficton de Marc Tchicot et Frank Onouviet Au rythme de ma vie (The Rhytm of My Life, 2011 – présent au Short Film Corner, Cannes 2011). Ici, Ismael Sankara, rappeur vivant à Miami vient au Gabon rendre visite à sa famille. Il y rencontre deux jeunes musiciens et peut enfin produire son premier disque.

Il est aisé, par la lorgnette du documentaire gabonais, de mieux comprendre l’histoire nationale, les traditions ancestrales du pays, ses nouveaux enjeux et les préoccupations de sa jeunesse. Qu’il s’agisse de thématiques patrimoniales ou de motifs modernistes, les formes du film documentaire gabonais répondent au désir qu’a la nation de se (re)découvrir et de se définir par l’image autant que par l’imaginaire. Depuis vingt-cinq ans, les chimères de la fiction laissent la part belle à de tangibles témoignages… En atteste la création à Libreville en 2005 du festival les Escales Documentaires.

A.L.

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