Festival International du Film d'Amiens 2016
Contact
Newsletter
Partenaires - liens

Hanna Schygulla est l’une des icones du cinéma d’auteur international. C’est sous la direction de Jean-Marie Straub en 1968, qu’elle fait son premier film (Le Fiancé, la comédienne et le maquereau). L’année suivante, lors d’un cours de théâtre, elle croise la route de celui qui allait devenir l’enfant prodige du Nouveau Cinéma allemand, Rainer Werner Fassbinder. Avec l’Amour est plus froid que la mort (Liebe esit Kalter als der Tod, 1969), ils signent le début d’une collaboration fructueuse, l’actrice devenant son égérie et sa muse. Ensemble, il tourne une vingtaine de films, dont les mythiques Prenez garde à la sainte putain (Warnung vor einer heiligen Nutte, 1971), Le Mariage de Maria Braun (Die Ehe der Maria Braun, 1978) ou Lili Marleen (1981). Elle incarne pour lui la femme fatale, poupée de chair remplie de grâce et d’ambiguïté qui prolonge l’onirisme et le lyrisme de ses films. En Allemagne, elle tourne pour les plus grands et impose une force de jeu extraordinaire, notamment dans Faux mouvement (Falsche Bewegung, Wim Wenders, 1975), puis dans le Faussaire en 1981 (Die Falschung, Volker Schlondorff), et devient ainsi la plus grande actrice allemande. Elle s’ouvre à toutes les cinématographies européennes en jouant pour Ettore Scola (La Nuit de Varennes, 1982), Jean- Luc Godard (Passion, 1982), Andrzej Wajda (Un amour en Allemagne [Eine Liebe in Deutschland], 1983) ou Marco Ferreri (L’Histoire de Piera [Storia di Piera], 1983) – pour lequel elle obtint le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes. Tout au long de sa carrière, cette enfant de son temps, marque ?e par les souvenirs d’un Berlin divisé, n’a cessé de revisiter les affres de l’Histoire, sans pour autant oublier que le cinéma est un jeu où l’on se donne, s’abandonne et qui nous grandit. Depuis les années 90, elle retrouve un second souffle, travaille sous la direction de nouveaux auteurs et se tourne une fois de plus à d’autres cultures. On la retrouve ainsi devant la caméra d’Amos Gitaï (Golem, l’esprit de l’exil, 1992), d’Agnès Varda (Les Cent et une nuits de Simon Cinéma, 1995), de Béla Tarr (Les Harmonies Werckmeister [Werckmeister harmoniak], 2000) de Fatih Akin (De l’autre côté [Auf der anderen Seite], 2007) ou plus récemment dans le Faust d’Alexandre Sokourov. Hanna Schygulla s’est également tournée vers la chanson de répertoire et la réalisation de courts métrages. En une si riche carrière, on retiendra d’Hanna Schygulla son visage lumineux, sa voix rauque et radieuse, sa présence rayonnante, autant de traits et de gestes qui définissent une sensibilité qui a à tout jamais marqué l’histoire du cinéma.

home
Hanna Schygulla