Festival International du Film d'Amiens 2016
Contact
Newsletter
Partners - links

Le Festival international du film Amiens fut le commencement, que l’on peut qualifier d’historique, d’un autre regard porté sur les « images d’ailleurs ». Il fallait non seulement montrer ces images (comment voir, en ces temps pré-numériques, un film de Sembène Ousmane, de Djibril Diop Mambéty, de Souleymane Cissé, ailleurs que dans un festival ?) mais encore les comprendre de l’intérieur, éviter le néo-colonialisme culturel, la bonne conscience au rabais. C’est ainsi une œuvre colossale qui s’est mise en place, le Festival inventant les moyens pour non seulement diffuser les films africains, puis plus largement de l’hémisphère Sud, mais encore pour soutenir la production de ces films, intervenant dans la plupart des mécanismes de financement nationaux ou internationaux, inventant les siens propres. D’autres festivals ont embrayé le pas d’Amiens, le DVD puis internet ont élargi l’offre, la crise des financements et les marchés de coproduction, disons-le, ont quelquefois européaniser les spécificités des cinémas d’Afrique. On a pu avoir l’impression qu’Amiens s’éloignait de ses premières missions, alors que, bien au contraire, il fallait trouver une manière de moderniser notre approche, d’être à l’heure au rendez-vous des nouvelles tendances du cinéma mondial.

En 2016, et dans les années à venir, deux chantiers nécessaires s’imposent à nous. Tout d’abord, la question de la sauvegarde et de la restauration des films, dans un contexte juridique parfois compliqué, devient une priorité. Il faut aussi que chaque pays se réapproprie son propre héritage cinématographique : que les jeunes puissent voir ce que les anciens ont fait. Cette transmission est essentielle, et c’est là qu’un festival peut, encore et toujours, se rendre utile. L’autre chantier majeur, après une forme d’âge d’or des financements, serait d’identifier et de soutenir, la jeune création : c’est pourquoi nous avons créé ATLAS, un atelier qui tente de fédérer des forces à travers le monde, pour accueillir les jeunes réalisateurs et les jeunes réalisatrices du continent.

Cette rétrospective du cinéma malgache participe de cet état d’esprit. Elle met en avant, à travers onze films et dix réalisateurs, toutes les manières dont on peut pratiquer le cinéma sur cet État insulaire : fictions, documentaires, cinéma d’animation. Surtout, elle crée le lien entre les films de patrimoine et ceux de la nouvelle génération. Kolosary Cinéma Malagasy est aussi une manière de saluer le travail de l’Institut français et de la Cinémathèque Afrique : les films de patrimoine sont restaurés à partir de leur fonds et sont largement diffusés, notamment en DVD. C’est un travail qu’il faut soutenir, et même encourager à aller encore plus loin. L’invité d’honneur, et parrain de cette rétrospective, est l’un des cinéastes malgaches les plus importants : Raymond Rajaonarivelo. Son premier film, Tabataba, est magnifique, tant par son sujet (de ceux qui nous ouvrent les yeux, qui nous parlent d’un ailleurs méconnu) que par la force de sa mise en scène. Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs, il ouvrait la voie d’une cinématographie nouvelle. Sa présence bienveillante nous honore autant qu’elle nous enjoint de poursuivre longtemps ce travail de transmission.

Fabien Gaffez

Merci à Véronique Joo’Aisenberg, responsable Cinémathèque Afrique, pour son aide précieuse.

avec la participation de la Cinémathèque Afrique de l’Institut français

home
KOLOSARY CINÉMA MALAGASY