Festival International du Film d'Amiens 2016
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Le Festival international du film d’Amiens essaye d’imaginer des rétrospectives qui prendraient des chemins de traverse. L’histoire du cinéma compte sur ses cartes bien plus de zones blanches que de territoires connus. Au cœur de ces mêmes territoires, que l’on ne voit plus à force de les traverser avec les œillères de l’habitude, on trouve même des maisons familières, presque de famille, que l’on redécouvre alors avec des yeux différents, comme une première visite de lieux hantés. C’est le cas de cette rétrospective consacrée à « l’œuvre unique », aux réalisateurs d’un premier film, qui fut aussi, et qui restera, le dernier. Un festival de cinéma, à sa manière et de plus en plus, est un spectacle vivant qui se soumet à l’éphémère de l’événement et à l’effacement devant le temps. C’est ce qui fait son prix, son épreuve, et sa beauté : tout cela n’a jamais lieu qu’une seule fois. Ainsi, chaque édition du festival est une œuvre unique. Puisqu’il faut tout de même se mettre au diapason de ces créateurs, et avoir, sinon une âme, à tout le moins une sensibilité d’artiste pour échafauder de tels programmes qui, les pieds sur terre, visent invariablement la lune. À l’heure des réseaux sociaux et des vies immatérielles, à l’heure où le numérique, plus encore que la VHS ou le DVD, permet de copier, recopier, échanger, télécharger, dévitaliser les films, il peut être assez vertueux de se souvenir qu’une projection a quelque chose d’unique. Rien ne remplacera jamais, dans la manière dont les films viennent à notre rencontre, comme des fantômes passant le pont, rien ne remplacera jamais l’expérience collective de la salle de cinéma. Nous sommes heureux d’organiser cette rétrospective en collaboration avec la revue Positif, qui défriche depuis plus de soixante ans les voies contemporaines du cinéma mondial, mais brille aussi à travers ses célèbres et sérieux dossiers, mettant en perspective l’histoire du cinéma. C’est ce même dossier que le numéro de novembre a consacré à l’œuvre unique, un dossier que nous avons mené de concert, pour que le lecteur et le spectateur ne fassent plus qu’un. Et il faut rendre grâces à Michel Ciment d’incarner l’érudite gourmandise nécessaire à la survie de la critique de cinéma. Amiens est une place forte de la cinéphilie : une place où l’unique à toujours eu droit de cité.

Fabien Gaffez

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L’oeuvre unique