Festival International du Film d'Amiens 2016
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Le cinéma né de la Grande Dépression, auquel Tom Joad prêtera sa voix.

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Dans sa sublime chanson The Ghost of Tom Joad (issue de l’album éponyme), Bruce Springsteen reprend à son compte le fameux monologue de Tom Joad, le plus célèbre des « Okies », habitants d’Oklahoma. Il désigne la haute morale du bas peuple des Raisins de la colère, auquel Henry Fonda a donné l’éternité sa voix et son visage (lui qui chez John Ford incarne également la droiture politique de Lincoln). Springsteen, dans cet album capital, faisait de Tom Joad le prisme essentiel par lequel il fallait de nouveau regarder le monde, si l’on voulait bien se battre sans jamais perdre sa fierté, ultime richesse de ceux qui ont tout perdu dans un monde en crise. Ainsi, ces films font écho au monde de 2013, et Tom Joad en arrive à nous manquer. La Grande Dépression avait aux États-Unis jeter de nombreuses personnes sur la route, à la recherche d’un travail en Californie ou à New York, pour ne pas succomber à la pauvreté. Cette morale américaine, beaucoup plus noble que pourraient le laissaient croire les bons sentiments, a donné naissance à tout un ensemble de films dont nous présentons quelques exemples fameux, outre les Raisins de la colère de John Ford : le chef-d’œuvre signé William Wellman Wild Boys of the Road, et ses adolescents jetés sur les routes, dans des trains de marchandises, et parqués dans des camps de fortune. Woody Guthrie, chanteur mythique d’Oklahoma, leur a donné une voix à travers ses chansons, tel qu’on le voit dans son biopic En route pour la gloire. D’autres encore tâcheront de faire bonne figure, de voir ce nouveau monde avec optimisme, à travers le New Deal de Roosevelt : Notre pain quotidien, film méconnu de King Vidor, ou l’œuvre documentaire inspirée de Pare Lorentz. Mais les fantômes de Tom Joad hantent plus que jamais nos colères.

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Les Fantômes de Tom Joad