Festival International du Film d'Amiens 2016
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Plein Sud | Fictions et documentaires

Panorama des meilleures productions venues des cinématographies de l’hémisphère sud. Une section qui vise notamment à un état des lieux des cinémas d’Afrique et d’Amérique latine.

Plein Sud met en valeur les cinémas d’Afrique et d’Amérique latine. Ces sept longs métrages inédits cartographient l’état de la création dans l’hémisphère Sud. Documentaires, fictions, premiers films ou réalisateurs confirmés  : autant de perspectives sur des cinématographies en plein renouveau.

DEMAIN, LE SUD

Par Fabien Gaffez

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Le Festival international du film d’Amiens est un festival à plusieurs facettes, un arbre à l’ample frondaison, dont l’une des racines serait les films venus du Sud, et plus particulièrement les cinémas d’Afrique et d’Amérique latine. Si le Festival d’Amiens ne s’y résume pas, il fait néanmoins partie de ceux qui ont porté haut ces cinématographies méconnues ou mal-aimées sous nos latitudes. Depuis sa création, il a toujours oeuvré pour la promotion de telles cinématographies, à travers plusieurs actions et événements : compétitions, programmation documentaire, nombreux hommages, grandes rétrospectives, travail en direction des professionnels (avec, notamment, le Fonds d’aide au développement du scénario), jumelages au Fespaco (Ouagadougou) ou à Vues d’Afrique (Montréal), implication dans le nouveau dispositif « Final Cut in Venice » (mécanisme d’aide à la postproduction des films africains, qui s’est tenu lors du dernier Festival de Venise), édition d’une revue Le Film africain & le film du Sud. Le Festival d’Amiens est donc naturellement lié aux évolutions de ces cinémas, et par son expertise, demeure l’une des principales vigies des nouvelles tendances des cinémas du Sud ; il est donc devenu l’une des plateformes évidentes pour présenter ces différentes productions – tout en maintenant une réelle exigence artistique dans la sélection.

En 2012, l’hommage à Raoul Peck fut un véritable temps fort de l’histoire du Festival, avec une intégrale de ses oeuvres, mêlant fictions, documentaires, et productions pour la télévision. L’un des points d’orgue de la présence de Raoul Peck à Amiens, fut une leçon de cinéma basée sur la lecture et le commentaire du scénario de son prochain film, Le Jeune Karl Marx, qui lui permit d’exposer un fascinant discours de la méthode, tandis que des comédiens ponctuaient cette masterclass de lectures d’extraits du scénario. Cette année, deux cinéastes du Sud sont honorés : le Sri-lankais Asoka Handagama et le Vietnamien Lam Lê. Outre une intégrale de leurs films, ils nous proposeront également deux masterclass passionnantes. Ainsi, le Festival poursuit son travail de découverte et de soutien à des auteurs indépendants, et qui ne trouvent pas toujours le chemin de nos salles. Handagama est un très grand cinéaste dont la renommée n’est pas assez importante à notre goût. Quant à Lam Lê, revoir ses films à Amiens permettra de nous rafraîchir la mémoire pour voir quel cinéaste important il est, notamment en termes historiques, jetant des passerelles inédites avec le Vietnam postcolonial.

En 2013, le Festival d’Amiens consacre également une rétrospective au cinéma sud-africain, à travers les regards croisés de quatre cinéastes, présents au festival : Oliver Schmitz (Mapanstula, Le Secret de Chanda), Ramadan Suleman (Fools, Lettre d’amour zoulou), Oliver Hermanus (Shirley Adams, Beauty) et Pia Marais (Layla). À travers leurs films, nous pourrons interroger la société postapartheid et comprendre la nouvelle vitalité du cinéma sud-africain, à travers la jeune génération qui se lève. Une jeune génération notamment présente dans le programme de courts métrages « Cap au Sud ». Une rencontre se tiendra avec ces cinéastes, où nous pourrons échanger sur l’avenir à la fois politique, économique et esthétique du cinéma d’Afrique du Sud. Le Festival avait déjà consacré deux grandes rétrospectives à « Cinéma et apartheid ». Enfin, et pour prendre une autre perspective, la rétrospective « Mexico SF » qui passe par l’histoire du cinéma de genre, qu’a toujours défendu le Festival, et qui est le socle même du grand cinéma populaire. Cette rétrospective est réalisée en collaboration avec la Filmoteca du Mexique, ce qui prouve les relations de confiance qu’a pu établir Amiens avec les pays du Sud (cette collaboration avec la Filmoteca se poursuivra dans les prochaines années).

Cette « culture du Sud » au Festival a donc donné naissance à une nouvelle section, « Plein Sud », qui vise à présenter une sélection des meilleurs longs métrages de la production récente, avec des films encore inédits en salle. L’objectif de cette section, au-delà de l’importance de montrer les films qui ont besoin des festivals pour circuler, c’est de donner à voir la diversité des territoires, des styles, des histoires qui composent ce que l’on appelle trop vite le « Sud », de manière réductrice. Quoi de commun entre un documentaire chilien et une fiction d’Angola ? Entre un film brésilien et un film d’anticipation de Guinée-Bissau ? Aucun, si ce n’est le cinéma, une même envie de faire des films en dehors des chemins parfois trop balisés de l’Occident. Ainsi, en 2013, sept longs métrages composent cette section et forment une tapisserie unique des différentes tendances de ces cinématographies riches et variées. Plusieurs pays sont représentés : le Brésil avec Avanti Popolo qui met en scène, comme acteur, le regretté réalisateur Carlos Reichenbach, à qui nous avions rendu hommage en 2010 (le projet de ce film est né à Amiens, lorsque le jeune réalisateur Michael Wahrmann, qui présentait cette année-là un court métrage en compétition, rencontra le maître brésilien) ; la Guinée-Bissau avec la République des enfants, le nouveau film de Flora Gomes à qui le festival avait également rendu hommage en 2009 ; l’Angola avec le Grand Kilapy, comédie d’aventures et biopic « politique » signé Zézé Gamboa ; l’Île Maurice avec le beau Les Enfants de Troumaron, nous venant d’un territoire inédit où sont tournés peu de films ; le Mexique, avec l’avant-première du magnifique premier film de Diego Quemada-Diez Rêves d’or – (La jaula de oro), présenté cette année à Cannes ; le Chili, avec Sibila le documentaire sensible de Teresa Arredondo ; le Sénégal avec Des étoiles, en avant première, premier long métrage de la réalisatrice Dyana Gaye, remarquée avec le formidable moyen métrage Un transport en commun.

Autant de visions du monde et du cinéma, qui font de « Plein Sud » l’une des sections les plus en vue et les plus importantes du Festival d’Amiens. Une section qui, rappelant notre « patrimoine », a décidé de sonder la création contemporaine – et sera donc appelée à se développer dans les prochaines années.

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