SEXE, HUMOUR ET VIDÉO 
Après le succès rencontré en 2009 par le programme de courts métrages « Sexe, désir et vidéo », qui visitait les différentes manières d’aborder la question de l’érotisme à travers le monde, le Festival d’Amiens a décidé de décliner ces soirées thématiques.
Le rire serait, paraît-il, le propre de l’homme ; les problèmes de libido aussi. « Sexe, Humour et Vidéo »
est un ensemble de courts métrages qui s’attaquent à la comédie de différentes manières. Trois d’entre
eux abordent explicitement la question du sexe et ont décidé d’en rire.
Plan cul est un pétillant marivaudage gay qui met en scène un Doinel homo, quelque part entre Lubitsch
et Guitry. Mémoires d’une jeune fille dérangée est une comédie fraîche et irrésistible qui réadapte les questionnements
de Simone de Beauvoir de manière décalée : qu’est-ce qu’être une jeune femme vierge
dans la France du XXIe siècle ? Quant à Judas et Jésus, rappelant les délires érotomanes de Plympton ou
de Crumb, il revisite l’évangile de manière, disons, déviante.
Les trois autres courts métrages appartiennent à la grande tradition de l’humour trash et potache - ainsi
qu’à celle de la satire. Sous ses dehors de road movie pour freaks, Ya Basta ! (réalisé par Gustave Kervern,
auteur avec Benoît Delépine de Louise-Michel ou de Mammuth) en plus d’être extrêmement drôle, porte un
regard sans concession sur l’exclusion dans la société française contemporaine. Quant à Brussel-Texas,
voilà un petit bijou décomplexé, qui parodie les émissions de téléréalité, pour faire le portrait irrésistible
d’un con attachant. Le Vernissage, lui, tourne en dérision les étranges milieux de la culture.
Rire et sexualité, on le sait, font bon ménage. La soirée, placée sous de tels auspices, ne peut qu’être
bonne !