Festival International du Film d'Amiens 2016
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Le retour sur l’un des écrivains majeurs d’Oklahoma, ayant inspiré de nombreux films, Jim Thompson.

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Si l’on veut voir Jim Thompson au cinéma, c’est vers Adieu ma jolie (Dick Richards, 1975) qu’il faut se tourner. L’écrivain, né à Anadarko, à une centaine de kilomètres d’Oklahoma City (300 de Tulsa), a presque soixante-dix ans au moment de cette adaptation de Chandler où il tient un petit rôle. Mais si l’on veut comprendre Jim Thompson, il vaut mieux se perdre en compagnie de Patrick Dewaere dans la banlieue morne de Série noire (1979). Alain Corneau, aidé des dialogues de George Perec et de la photo de Pierre-William Glenn, donne chair à la psychologie en temps réel du romancier, à la descente aux enfers de ses personnages. Qu’ils soient de lâches mystiques (Coup de torchon, Tavernier, 1981), des gangsters aguerris (Guet-apens, Peckinpah, 1972) ou des petits escrocs sans horizons (Les Arnaqueurs, Frears, 1990), tous sont violents, fragiles, manipulateurs, instables. Des faiblesses auscultées sans ménagement, en Oklahoma, au Texas ou en Californie. Voire en France et en Afrique coloniale, où les cinéastes français, pétris de la Série Noire de Gallimard, ont transposé l’action de ses romans. Fils d’un homme de loi un peu aventurier, qui se lancera dans le pétrole au Texas, Jim Thompson, collaborateur malheureux de Stanley Kubrick (sur les scénarios de l’Ultime razzia et des Sentiers de la gloire en 1956-57), a sillonné une bonne partie des États-Unis (notamment son Sud natal) au long d’une vie souvent précaire et imbibée d’alcool, en contemporain de la Dépression, sur les rails et les derricks. C’est d’ailleurs sur un derrick qu’il a rencontré le modèle de son Killer Inside Me, chef-d’œuvre adapté deux fois au cinéma. Ce personnage était pour le jeune écrivain une énigme. Il passera sa vie à la résoudre, sondant l’âme humaine et remuant hargneusement le terreau du roman noir.

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The Okie Inside Me