Vénézuéla et Colombie 
Dans ce panorama des cinémas
du Venezuela et de la Colombie
cohabitent plusieurs genres de
productions. Du cinéma d’auteur
plus traditionnel au cinéma
populaire (comédies, aventures)
ou au film d’action (thriller à la
manière de Tarantino ou thriller
social). Deux documentaires
colombiens montrent également
la vitalité du genre. Malgré les
fortes différences de modes de
financement du cinéma entre
Venezuela et Colombie, il y a
dans chaque pays une implication
de l’État (plus développée
au Venezuela évidemment) et un
fort intérêt pour les co-productions
avec d’autres pays de langue
espagnole en particulier. Le
tropisme vers l’Amérique du
Nord si cher à la Colombie ne
semble plus être aussi marqué
au fur et à mesure que se développe
la production nationale.
Il sera intéressant de noter la
différence des approches de la
question de la violence dans
l’un et l’autre pays. Ainsi, Perro
come perro sépare le patron (il
vit replié dans son bunker du
centre-ville) et ses sbires des
quartiers pauvres. La géographie
de la violence en Colombie
se confond avec celle de la cité.
Dans El enemigo, Luís Alberto
Lamata mélange, en une rencontre
pas si fortuite dans le
service des urgences d’un hôpital,
un procureur de la
République et une mère célibataire,
repasseuse de son état.
Tous deux sont victimes de la
violence qui a frappé leurs
enfants et s’interrogent.
Deux films marquant et des
démarches presque opposées
dans le langage et la structure
du film. Et pourtant, l’un et l’autre
partent d’un même constat.
C’est du côté du documentaire
que se situe peut-être la solution.
Et en particulier dans El
corazón et sa radiographie de la
société colombienne.
L’espoir et l’illusion se trouvent
peut-être du côté de l’Instituteur
et l’âne bibliothèque. Cet âne
bibliothèque qui n’a rien à voir
avec celui des contes « sardoniques
» de la Comtesse de Ségur,
mais qui prend le temps de
montrer ce que l’on cache d’habitude.
J.-P.G.