Festival International du Film d'Amiens 2016
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L’une des grandes figures d’Oklahoma, qui en représente la morale et l’esprit, à travers une trilogie « americana » signée John Ford.

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Il était rassurant. Il était aimable, tolérant, gentiment moqueur. Quand Will Rogers meurt dans un accident d’avion en 1935, les États-Unis perdent un père. Et l’Oklahoma, un fils. Né en territoire indien en 1879, à quelques dizaines de kilomètres de Tulsa, Will Rogers revendiquait son sang cherokee. Il représentait la vieille Amérique, optimiste et rassurante, et le désir d’un melting-pot sans accros. Cow-boy en Argentine puis en Afrique du Sud, il intègre un wild west show avant de passer au vaudeville à New York, jusque chez Ziegfeld. Son image de cow-boy libre et serein se forge, suivie de son humour gentiment satirique qui lui vaut de pouvoir dire ce qu’il pense sans se faire inquiéter, dans ses articles et ses prestations radios qui font fureur. En 1931, il partage la tribune avec le président Hoover (Républicain, Rogers était Démocrate), et prononce un discours dénonçant les inégalités dans le pays, au plus fort de la Dépression : « On ne peut citer un seul produit dont nous ne possédions pas plus grande quantité qu’aucun pays du monde n’a jamais possédé, et pourtant nous avons des gens qui meurent de faim. Nous sommes la première nation dans l’histoire du monde à se rendre en voiture à la soupe populaire. » De ce bon sens politique, celui de monsieur tout le monde, couplé à un accent traînant du Sud, Will Rogers fera carrière. Au cinéma, il débute en 1918, de ses propres routines de cowboy à Hal Roach. Malgré une cinquantaine de films, c’est avec le parlant qu’il s’épanouit, notamment dans la Foire aux illusions (State Fair, Henry King, 1933), sa trilogie avec John Ford (son réalisateur favori), ou In Old Kentucky (George Marshall, 1935), sorti juste après sa mort, alors qu’il était au pic se sa popularité. Depuis, l’Oklahoma ne l’a jamais oublié.

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Will Rogers : The « Oklahoman »