Festival International du Film d'Amiens 2016
Contact
Newsletter
Partenaires - liens

Cinéphiles de notre temps

FRANCE 2012

Composées de six parties qui retracent de 1945 à 1995 les différentes périodes de la cinéphilie en France, Cinéphiles de notre temps illustre les rituels et les traditions d’une passion. À travers ses lieux de mémoires, les fameuses salles de quartiers, sans oublier les anciennes salles paroissiales ou les cafés investis par des projectionnistes itinérants, et, en interviewant les témoins anonymes de cette pratique, anciens exploitants ou spectateurs fervents, le documentaire revisite une mémoire pour mieux la conserver. À cette richesse s’ajoute les nombreux témoignages de passionnés renommés (Gilles Jacob, Jean Douchet, Raoul Coutard, Alain Resnais, Jacques Rivette, Agnès Varda, Luc Moulet, Pierre Rissient, Jacques Lourcelles, Pierre Billard, Pierre Philippe, André S. Labarthe, Gérard Depardieu, Bertrand Tavernier, Bernard Martinand, Barbet Schroeder, Louis Skorecki, et bien d’autres encore), des anecdotes inouïes, des images d’archives inédites et des enregistrements sonores de l’époque, le tout, orchestré par la mythique voix d’Eddy Mitchell.

« (...) On est le consistoire bavard du cinéma... nous, petits français... on hérite de cette obligation de se coltiner l’histoire du cinéma parce qu’il n’y a que nous qui l’avons vécue de façon aussi sérieuse et aussi irremplaçable. C’est un peu notre question » Serge Daney

Symbole sous l’Occupation du « cinéma interdit », la superproduction hollywoodienne de David O. Selznick, Autant en emporte le vent (Gone With The Wind) fut le premier film américain projeté à Paris, à la Libération. Henri Langlois le présenta, en personne, le 26 août 1944, au Studio de l’étoile, avant même que les salles de la capitale aient rouvert leurs portes. Le destin de ce classique, dans l’hexagone, pourrait à lui seul résumer celui du cinéma. Conservé, projeté, commenté, défendu... le cinéma chargé d’enjeux, affectifs, intellectuels et même politiques, a suscité et nourri depuis des dizaines d’années une passion indéfectible chez des centaines puis des milliers d’amateurs : les cinéphiles. Le film demeura longtemps, pour eux, une denrée rare ! Une fois sorti dans le secteur commercial, il disparaissait. Manqué lors de son exploitation ou non distribué, il était difficile à voir. Guetter une projection dans une « salle de quartier » voire dans une « salle de répertoire », fréquenter les ciné-clubs, décortiquer les publications, tels furent quelques-uns des jalons d’un amour irrépressible pour les films, les réalisateurs, les acteurs, les techniciens... et les « salles obscures ». Cette pratique culturelle – unique – a ainsi nourri, au fil du temps, l’éclosion et le développement de nombreux cercles cinéphiliques. Autant de noyaux de passionnés, de clubs, de publications. Autant de « chapelles » ! La cinéphilie, une histoire donc d’amitiés et de « bandes », d’influences et de filiations, de « passeurs » et de « ciné-fils ». L’histoire aussi de millions d’anonymes qui se précipitaient plusieurs fois par semaine « au cinéma », goûtant au double programme, aux attractions et autres joies de l’entracte. Eddy Mitchell – l’inoubliable « Monsieur Eddy » de la Dernière Séance, diffusée sur France 3 (ex-FR3) entre 1982 et 1998, et de la chanson éponyme – nous ouvre aujourd’hui les portes de ce continent perdu, et narre les traces d’une histoire assurément fondée sur une mémoire orale et collective. Confronter les paroles et les souvenirs aux archives photographiques, cinématographiques et télévisuelles, permet de mieux connaître et de mieux comprendre une passion dont on ne mesure pas encore, pleinement, aujourd’hui, l’étendu de l’influence, en France et dans le monde.

R/D : LAURENT CHOLLET • Sc : Laurent Chollet • Ph/C : Mathieu Pinard • M/Ed : Gregory Balga, Aurélien Girelli • P : La Bande du Drugstore • 360’ • Num • Doc • Coul/Col

home
Cinéphiles de notre temps