Festival International du Film d'Amiens 2016
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DUEL AU SOLEIL

(États-Unis, 1946, 140’)

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Orpheline, une belle et jeune métisse s’installe dans un empire du bétail au Texas. Subissant racisme et domination masculine, elle cède à la vision dégradée qu’on lui renvoie d’elle-même.

Envisagée par Niven Busch avant que la RKO ne cède le projet à un David O’Selznick envahissant, Teresa Wright faillit être remplacée par Hedy Lamarr. Mais c’est à la protégée (et bientôt épouse) du producteur que le rôle de la torturée Pearl Chavez revint : Phylis Lee Isley, fille de Tulsa et de la balle, à l’éducation religieuse, que Selznick avait transformée en Jennifer Jones. Personnage « taillé dans la pierre de la tentation », Pearl tranchait avec le Chant de Bernadette (Henry King), qui lui avait valu l’Oscar en 1944. Selznick voyait en Duel au soleil un nouvel Autant en emporte le vent. L’homme aux mémos envahissait le plateau au point de faire craquer King Vidor (le début du film est de William Dieterle). « C’était lui le patron », écrira pudiquement le cinéaste dans ses mémoires. De scènes réécrites en plans chamboulés, Jennifer Jones aura, selon Selznick, travaillé quinze heures par jour pendant presque un an, et ressortira épuisée. Flamboyante, rageuse, féline, l’actrice pimente toutes ses scènes (dont un exorcisme à chastes visées) avec une ardeur sexuelle qui culmine dans le fameux duel final, maelström de sang, de sueur, d’amour, de haine et de masochisme. Cadres saturés, Technicolor flamboyant, décors imposants, Duel au soleil est le film de tous les excès.

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R/D : KING VIDOR, WILLIAM DIETERLE • Sc : David O. Selznick, Niven Busch, Oliver H.P. Garrett • Ph/C : Lee Garmes • M/ Ed : Hal C. Kern • S : Richard DeWeese • Mus : Dimitri Tiomkin • Déc/AD : James Basevi • P : David O. Selznick • 125’ • 35mm • F • Coul/Col • Int/Cast : Jennifer Jones, Gregory Peck, Joseph Cotten, Lionel Barrymore, Lillian Gish

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- Jeu. 14 • 20h • GT

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