Festival International du Film d'Amiens 2016
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EL ÌDOLO

Chili – 1952

« L’idole » du titre n’a rien à voir avec une quelconque croyance païenne. « L’idole » nous renvoie au cinéma et à la scène d’ouverture : un meurtre en direct, un homme abat à coups de pistolets son meilleur (dit-il en tirant) ami. Tout sonne faux. En effet, il s’agit du tournage d’un très mauvais film policier. Peu importe sauf qu’on peut y voir le regard porté par Chenal sur le cinéma que la production va l’obliger à tourner. L’idole, Jorge Arnaud, est une star du théâtre chilien qui, entre deux répétitions cachetonne au cinéma. Et bien sûr il y a, au-delà du patronyme, quelque chose de français dans ce chilienlà. Son épouse lui reproche d’être toujours absent et d’accorder plus d’importance à son métier qu’à ellemême  ! Cris et jérémiades, crise dans le couple parfait ! Elle décide de lui donner une leçon et disparaît sans prévenir. Elle part à Viña del Mar, la plage à la mode, à quelques heures de Santiago du Chili. En voiture avec un ami du couple, un médecin qui est secrètement amoureux d’elle !

Une suite d’incidents stupides vont provoquer sa mort. Un cambrioleur croyant vide la chambre d’hôtel dans laquelle elle repose, va être pris de panique et l’assommer. En se réveillant, elle provoque la chute d’une statuette qui la blesse mortellement à la tête. La police conclut à un assassinat et se lance en chasse. Le mari qui se trouvait à Santiago est vite disculpé mais elle s’oriente vers d’autres pistes...

Pierre Chenal, à l’évidence, n’a disposé que d’un budget plus que réduit. Nombre de scènes sont tournées la nuit – ce qui pour un film noir n’est pas théoriquement gênant. Il semble même que ses problèmes financiers ont surgi sur le tournage, ce qui expliquerait certaines ellipses un peu trop appuyées. Chenal s’y entend à mettre en scène des personnages taraudés par des sentiments de culpabilité. Au point que ce sentiment devient moteur de l’histoire et matière à rebondissements bien pratiques. Le responsable de la mort (même si cette mort relève de l’accident) taraudé par un sentiment de faute va être amené à se dénoncer à la police, ce qui dans un film policier ne cesse de surprendre.

Pierre Chenal confie : « Je tournais donc, comme sous anesthésie, un suspense dont je n’ai pas gardé le moindre souvenir.  » El ídolo demeure une vraie curiosité, le premier film noir de l’histoire du cinéma chilien. Un film retrouvé après de longues années d’oubli et restauré grâce à la Cineteca Nacional du Chili et à son directeur Ignacio Alliaga.

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R/D : PIERRE CHENAL
Sc : Pierre Chenal, André Giraurd, Reinaldo Lomboy • Ph/C : Humberto Peruzzi • M/Ed : José Silva Taulis • S : Jorge Di Lauro, Eduardo Figueroa • Mus : Acario Cotapos • Déc/AD : Carlos Godefroy • P : René Olhaberry • 80’ • 35 mm • F • N&B/B&W • Int/Cast  : Alberto Closas, Florence Marly, Elisa Christian Galvé, Eduardo Cuitiño, Eduardo Naveda, Pepe Rojas, Domingo Tessier, Gloria Lynch, Roberto Parada

lun. 15 - 18h00 - AD

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