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État des lieux du cinéma en Équateur

par Jorge Luis Serrano Salgado, directeur du CNCine (Consejo Nacional de Cinematografía -Équateur)

La production cinématographique équatorienne atteint à l’heure actuelle un niveau fort prometteur. Cette conjoncture relativement favorable est le résultat d’actions entamées il y a déjà quelques années.
Au long des années quatre-vingt s’est développée une toute nouvelle génération de cinéastes, réunis dans le groupe Asocine. Les années quatre-vingt-dix furent en Équateur, comme dans tout le monde occidental, sans saveurs si ce n’est le goût amer laissé par les désillusions. Tout le combat des cinéastes en ces deux dernières décennies du siècle fut consacré à obtenir l’adoption de la Loi du cinéma, loi protégeant et encourageant le cinéma national.

À la fin du siècle dernier le succès de Ratas, ratones, rateros de Sebastian Cordero a servi de démarreur au développement de la production équatorienne. Alors qu’auparavant il se produisait un long métrage tous les trois ans, on est parvenu à partir de 2000 à trois films (ou plus) par an. Et ce en restant dans le domaine de la fiction. Si on prend en compte le documentaire, on peut multiplier par deux ces chiffres.
Des cinéastes comme Victor Arregui, Tania Hermida, Mateo Herrera, Anahí Hoenesein et Daniel Andrade entre autres ont fait leur entrée sur la scène cinématographique équatorienne au long des dix années passées. À eux, il convient d’ajouter les noms de Sebastian Cordero et du doyen du cinéma national Camilo Luzuriaga.
Des titres comme Fuera de juego, Qué tan lejos, Crónicas, Mientras llega el dia, Esas no son penas et quelques autres ont été distribués dans des salles commerciales du pays et ont, au total, dépassé les 600 000 spectateurs. Ces titres ont par ailleurs eu beaucoup de succès au plan international et notamment à San Sebastian, La Havane et à Sundance.
Le dynamisme de la production équatorienne lors des premières années du XXIème siècle a amené l’État équatorien à approuver l’adoption de la première Loi du cinéma. C’est l’adoption en 2006 de la loi de développement du cinéma national qui a accéléré la croissance et la consolidation de l’industrie cinématographique équatorienne. Au talent et à la diversité des sujets abordés correspond l’application correcte d’un mécanisme sélectif d’attribution de financements ; et ce à travers des appels à projets annuels, appels mis en oeuvre par des comités de sélection externes (grâce au concours de cinéastes latino-américains). Il convient d’ajouter que l’Équateur participe activement à la CAACI (Conferencia de Autoridades Audiovisuales y Cinematográficas de Iberoamérica ) et au programme Ibermedia. Programmes qui ont mis en oeuvre jusqu’à présent plus de 5 millions de dollars US en projets de toutes sortes. Ces appels à projets touchent aussi bien les soutiens à l’écriture qu’au développement de scénarios ; le soutien à la production de longs métrages de fiction ou de documentaires ; l’appui à la post-production de longs métrages ; l’appui à la production de courts métrages et de films d’animation ou expérimentaux. Des aides sont également attribuées à différents festivals dans tout le pays. En 2010, on a pu comptabiliser à 130 le nombre de projets aidés, toutes catégories confondues. Six à huit coproductions sont prévues pour l’année 2010 alors qu’il n’y en avait aucune il y a seulement cinq ans.
Cette loi, au-delà de sa valeur intrinsèque, a permis à toute la société équatorienne de comprendre l’importance stratégique de la production audiovisuelle. Le processus mis en place par cette loi traduit le caractère essentiel de la mise en place de politiques publiques dans le domaine stratégique qu’est le cinéma. Le cinéma conçu comme un élément de bien-être des citoyens équatoriens.

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