Festival International du Film d'Amiens 2016
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Exposition d’affiches

Pour le plaisir des yeux

La serie B vue par les affichistes europeens


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11 au 19 novembre :: Hall Matisse :: MCA

L’an dernier, sous le titre Pour le plaisir des yeux, nous vous avions invités à découvrir le travail des maîtres affichistes qui avaient mis leur talent au service des acteurs et où le dessin régnait en maître.

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Cette année, Le Festival d’Amiens reçoit Joe Dante, admirateur des films de séries B de la grande époque des studios des Majors mais aussi du « Poverty Row », les petits studios produisant des films indépendants. Plusieurs réalisateurs y firent leurs débuts avant de devenir des metteurs en scène de premier plan. Beaucoup des films de Joe Dante rendent hommage à ces productions, véritable trésors d’un âge d’or du cinéma hollywoodien.

Joe Dante rend hommage à William Castle avec Panic sur Florida Beach (Matinee, 1993). Castle fut l’exemple même du producteur et réalisateur, qui tourna aussi bien des westerns que des films d’aventures ou des films fantastiques, toujours avec de très modestes budgets. Cela ne l’empêcha pas en fin de carrière d’être le producteur de Rosemary’s Baby (1968) de Roman Polanski.

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J’ai fait une sélection d’affiches, affichettes ou autre matériel publicitaire, conçus en France, en Italie et en Allemagne. Dans chacun de ces pays, on tenait compte du goût spécifique des spectateurs. Par leur originalité, ces images se démarquaient souvent de l’affiche originale, ce qui n’est plus le cas depuis de nombreuses années. Pour certains films, vous allez pouvoir comparer le travail d’un affichiste français avec celui d’un Italien ou d’un Allemand.

La série B a eu ses héros récurrents, beaucoup venant de la bande dessinée ou des comics : Jungle Jim, Superman, Tarzan, Frankenstein, Fu Manchu, Zorro, Nick Carter, Charlie Chan, Le Saint, sans oublier les « Matinee Idols » tout aussi populaires et bien vivants comme Tex Ritter ou Roy Rogers. Coté acteurs, la série B a eu ses stars : le meilleur exemple étant Vincent Price, passé des films de terreur fauchés de William Castle (Le Désosseur de Cadavres [The Tingler], 1959) aux gothiques adaptations par Roger Corman des nouvelles de Edgar Allan Poe (La Chute de la Maison Usher [House of Usher], 1960 ; La Chambre des tortures [Pit and the Pendulum], 1961).

Citons également Johnny Weissmuller qui troqua (hélas pour lui) le slip de Tarzan pour la défroque de Jungle Jim (Dans l’antre des gorilles [Mark of the Gorilla], 1950 ; Sous la menace des cannibales [Cannibal Attack], 1954). Ou bien encore Louis Hayward qui fut Le Fils du Dr Jekyll (The Son of Dr. Jekyll, 1951) ainsi que Le Fils de Monte Cristo (The Son of Monte Cristo, 1940) tout en étant l’un des acteurs fétiches de Edgar G. Ulmer. Le producteur réalisateur Howard W. Koch eut quant a lui l’idée de réunir Lon Chaney Jr, Bela Lugosi, John Carradine, Basil Rathbone dans Les Monstres se révoltent (The Black Sheep, Reginald Le Borg,1956). Il réalisa aussi Frankenstein contre l’homme invisible (Frankenstein 1970, 1958) avec Boris Karloff.

De grandes stars (en début ou en fin de carrière) apparurent dans des productions de série B. Parmi elles, on peut citer John Wayne dans Les Déracinés (Three Faces the West, Bernard Vorhaus, 1940 / La Valle dei Monsoni en italien) et Le Réveil de la sorcière rouge (Wake of the Red Witch, Edward Ludwig, 1948), Eric Von Stroheim dans The Lady and the Monster (George Sherman, 1944 / La Donna e il Mostro en italien). Citons encore Robert Mitchum dans Thunder Road (Arthur Ripley, 1955 / Il contrabbandiere en italien), Mickey Rooney dans Sables mouvants (Quicksand, Irving Pichel, 1950) et Le destin est au tournant (Drive a Crooked Road), petit polar de Richard Quine.

Et c’est la valse des genres. Les westerns : Roy Rogers, Tex Ritter, The Lone Ranger, sans oublier Les Trois diables rouges (Daredevils of red Circle, 1939), serial de William Withney et John English. Il y a aussi les films de capes et d’épées, de jungle, des polars, des films de guerre, de science-fiction, réalisés par des metteurs en scène spécialistes de la série B comme W. Berke, Curt Siodmak, Bert I. Gordon, et Reginald Le Borg pour les moins connus. D’autres sont plus renommés : André De Toth, Gordon Douglas, Edward Ludwig. D’autres encore sont de grands réalisateurs qui firent leurs premières armes dans la série B : Anthony Mann, Samuel Fuller, Jacques Tourneur...

Je vous souhaite une bonne promenade et le plaisir de découvrir ou redécouvrir le monde passionnant de la série B.

Bernard Martinand

PS : Quelques puristes seront étonnés de la présence de certains films qui ne sont pas des séries B, leur budget ayant été supérieur, mais je n’ai pu résister à les présenter, tant leurs affiches sont de très grande qualité. A eux de m’en donner les titres !

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