Festival International du Film d'Amiens 2016
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Hommage au Capitaine N’Tchoréré

L’hommage au cinéma du Gabon perdrait son sens, en Picardie, si n’était honorée la memoire de Charles N’Tchorere.

Né en1896 à Libreville et capitaine d’un bataillon du régiment d’infanterie coloniale mixte sénégalais, il est fait prisonnier en juin 1940 lors de la défense de la ville d’Airaines. Cette résistance acharnée fut l’une des plus héroïques de celles menées pour contrer l’avancée allemande depuis la Belgique. Huit chars panzers furent détruits par les soldats du capitaine N’tchoréré. Cernés par les troupes et les chars allemands, seuls quinze hommes survécurent (dont le capitaine N’tchoréré).

Les troupes allemandes séparèrent les soldats européens des soldats africains. Le capitaine N’Tchoréré protesta et refusa d’être considéré comme un « Untermensch » - un sous-homme - et fait valoir sa qualité d’officier français. En dépit des vives protestations de ses camarades, les soldats allemands exécutèrent sommairement le capitaine N’Tchoréré d’une balle dans la tête. Son corps broyé par les chenilles des panzers ne sera jamais retrouvé. Cet acte scandaleux (et contre toutes les règles de la guerre) ne sera pas le fait des SS mais de la division de panzers commandée par Rommel.

Rappeler, des faits qui relèvent d’un mauvais scénario, est un devoir pour quiconque s’intéresse à l’histoire des hommes d’Afrique et à celle de la Picardie.

La delegation gabonaise et du Festival du Film se recueillera sur la stele dressee a Airaines en l’honneur de Charles N’tchorere (Samedi 12 Novembre à 11h) puis rendra hommage aux soldats africains (qualifiés de manière indue de “tirailleurs sénégalais”) de la 5e Compagnie du 1er bataillon d’infanterie coloniale mixte sénégalaise (53e RICMS) en se rendant devant la stèle qui leur est consacrée. La mairie d’Airaines les accueillera symboliquement ensuite.

Le lun. 14à 18h (Cinéma Orson Welles, MCA), le public du Festival et tous ceux qui voudront en savoir plus sur ces combattants africains qui, aux côtés du Capitaine Ntchoréré sacrifièrent leurs vies, pourront assister à la conference de Magloire Ambourhouet-Bigmann, universitaire gabonais, « Charles N’tchorere : les dits et les non-dits relatifs au personnage.  »

Magloire Ambourhouet-Bigmann introduit ici le propos de la rencontre : « Que peut bien avoir à dire à Amiens, le conférencier convié à parler de Charles N’tchorérè ? Amiens qui – à travers Airaines, l’un de ses bourgs – voue un culte à ce natif du Gabon, et à son fils Jean-Baptiste, mort également au combat en 1940. Culte rendu avec une ferveur jamais égalée jusqu’alors sous d’autres latitudes, et même dans le pays de naissance du héros.

La voie s’offrant à l’orateur convoqué se trouve certainement alors dans l’analyse du discours portant sur le sacrifice consenti, et dans la réflexion qui a trait au message d’humanité se dégageant avec la disparition d’un personnage tutoyant l’exemplarité.  »

A la suite de la conférence, sera projeté le film d’Imunga Ivanga, Les tirailleurs d’ailleurs (Gabon/France, 1996, 27’) où trois combattants du 15ème régiment des tirailleurs sénégalais disent comment ils sont passés de l’insouciance à la réalité de la guerre puis à la désillusion face aux promesses non tenues.

Lors de la réunion sera également annoncée l’entrée en production par la société picarde BNDB production du documentaire consacré au Capitaine N’Tchoréré.

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