LE CRI (Il Grido) 
Italie – 1957
A Goriano, un petit village de la campagne brumeuse de la plaine du Pô, un ouvrier chauleur, vit en concubinage avec Irma, dont il a une petite fille, Rosina. Le mari est mort à Sydney. Après bien des tergiversations, Ima décide de rompre. Aldo quitte Goriano et part sur les routes avec sa fille. Au cours de sa longue errance, il va d’abord rencontrer Elvia, qui fut autrefois sa fiancée. Il couche avec la soeur de celle-ci, Edera, puis repart. Il s’installe chez Virginia, une garagiste à la sensualité exigeante, qui ne peut supporter la présence de Rosina. Aldo fuit à nouveau, se fixe chez Andreina, une fille facile, puis retourne auprès de Virginia...
« ‘L’intérêt du Cri réside dans l’originalité
d’un scénario dont l’action est
presque insaisissable et d’autre part,
dans la tonalité générale imposée au
récit par la mise en scène et surtout par
le style des images. »
(André Bazin)
Antonioni « a à coeur de dire que la pauvreté
est toujours humide et glaciale,
que tout est dépeuplé si un seul être
vous manque, et que nul miracle ne saurait
reconstruire les amours brisées :
Le Cri est l’anti-Voyage en Italie. »
(Louis Seguin, Positif, juillet 1957)
Betsy Blair à propos du Cri
« Quand [Antonioni] faisait signe au
chef-opérateur, le grand Gianni di
Venanzo, il y avait un regain d’énergie
palpable. Nous étions prêts, et
Antonioni savait exactement ce qu’il
voulait. Il était patient et tenace, doux
et calme dans ses rapports avec les
comédiens, mais plus spirituel et tyrannique
avec les techniciens. Dès que l’on
commençait, les choses allaient très
vite, et il était le plus rapide. Antonioni
était partout, déplaçant un accessoire, ajustant un costume, vérifiant l’objectif,
blotti près de la caméra, regardant,
observant, exigeant. Tous les réalisateurs
font ce genre de choses ; c’est leur
métier. Mais il me semble aujourd’hui
que le film achevé s’incarnait déjà dans
sa présence. Peut-être peut-on le comparer
au peintre devant sa toile, qui a au
bout des doigts la structure finale du
tableau dès le premier coup de pinceau.
Nul autre ne peut la voir, personne
d’autre n’aurait pu la réaliser. »
R/D : MICHAELANGELO ANTONIONI • Sc : Michelangelo Antonioni, Elio Bartolini, Ennio De Concini • Ph/C : Gianni Di Venanzo • M/Ed : Eraldo Da Roma • Mus : Giovanni Fusco• Cos : Pia Marchesi • P : Franco Cancellieri (SpA Cinematografica ; Robert Alexander Productions) • 116’ • 35 mm • F • N&B/B&W • Int/Cast : Steve Cochran, Alida Valli, Betsy Blair, Gabriella Pallotta, Dorian Gray