Festival International du Film d'Amiens 2016
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LE PETIT QUESTIONNAIRE PYGMALION

Qu’est-ce qui est à l’origine de votre désir de cinéma (une rencontre, un film, un moment) ?
Je me souviens d’un jeu rituel auquel je jouais quand j’étais petite avec mes animaux en peluche. Je me cachais pendant des heures et j’attendais qu’ils prennent vie. Je n’arrive pas à oublier ce désir si fort que j’avais de voir les choses prendre vie sous mes yeux. C’était le sentiment qu’on a quand on franchit une frontière invisible pour entrer dans un conte au pouvoir magnétique. Quand je démarre un projet de film, je sens ce même magnétisme autour de moi.

Votre « panthéon » en trois films.
Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures d’Apichatpong Weerasethakul.
Le Miroir d’Andreï Tarkovski.
En avant, jeunesse ! de Pedro Costa.

La première scène de cinéma dont vous vous souvenez. Où ? Quand ?
Karaté Kid 2. Je crois que c’était le premier film que je voyais au cinéma. J’avais cinq ans environ, c’était dans ma ville natale.

La plus grande scène de cinéma du monde ?
Le Miroir - la scène d’ouverture - lorsque le garçon qui ne peut pas parler est guéri.

Le remake que vous aimeriez tourner ?
Twin Peaks, saison 1

Vos peintre, écrivain, musicien favoris ?
Peintre : David Hockney
Auteurs : je crois qu’ils sont tous latino-américains… Cortázar, Bolaño, Borges
Musiciens : Schubert, Scriabine, Lana del Rey

Le plus beau gros plan du monde ?
En avant, jeunesse ! de Pedro Costa : un gros plan de Ventura en contre-plongée.

Le plus beau baiser du monde (au cinéma, bien sûr) ?
Lumière silencieuse de Carlos Reygadas -la dernière scène- quand la maîtresse embrasse la femme morte dans la chambre funéraire et qu’elle revient à la vie.

Le dernier film que vous avez vu/dont vous vous souvenez ?
Le dernier film, c’est Juana a los 12 de Martin Shanly, plein de sensibilité et très bien filmé.

Votre acteur et votre actrice favoris ?
Emmanuelle Riva, je suis tombée amoureuse d’elle dans Hiroshima mon amour. Et Vanda Duarte pour Dans la chambre de Vanda (Pedro Costa) qui a une place spéciale dans mon cœur.

Votre réplique ou votre dialogue cultes ?
Blade Runner, le monologue du Réplicant en train de mourir, dans la dernière scène... “I’ve seen things you people wouldn’t believe. Attack ships on fire off the shoulder of Orion. I watched C-beams glitter in the dark near the Tannhäuser gate. All those moments will be lost in time, like tears in rain. Time to die [1] ».” Et Alphaville de Godard, je pleure toujours au moment où il y a les citations de Capitale de la douleur d’Éluard.

Est-ce que le cinéma vous rend heureuse ?
Le cinéma me déprime, m’excite, me panique, me motive, m’enivre, me rend solide, vibrante, fière, active, saoule, me fait planer, alors je suppose qu’on peut dire que le cinéma me maintient en vie...

Le réalisateur absolu ?
Buñuel, Antonioni, Tarkovski, Herzog, Marker et cent autres...

Pourquoi filmez-vous ?
Ce n’était pas la première question ?

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