Festival International du Film d'Amiens 2016
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LES FEMMES DE LA NUIT

(Yoru no onnatachi)
Japon • 1948

À Osaka, une secrétaire veuve de guerre disparaît lorsque sa sœur devient la maîtresse de son patron. On retrouve sa trace dans un hôpital investi par les prostituées, dont elle est devenue la reine.

Quand le maître Mizoguchi s’inspire du néo-réalisme italien, le résultat est forcément fascinant. Les ruines de Berlin dans Allemagne année zéro de Rossellini se muent en ruelles d’un Osaka se relevant à peine de la guerre. Des décors réels qui, en plus de leur valeur documentaire, font résonner durement la misère de l’après-guerre avec celle de ces femmes. Le féminisme de Mizoguchi est encore une fois d’une terrible justesse, c’est toute une société qui reporte sa frustration et sa colère sur des femmes qui n’ont plus d’autres choix que de se prostituer. Si le film ne possède pas la beauté plastique des plus grandes réalisations de son auteur, sa dureté n’en est que renforcée. La bataille du bien et du mal qui se joue est sans concession. Le portrait dressé de la prostitution est brutal, le visage d’un Japon nouveau dont la démocratie naissante était censée n’apporter que du bon. Dès 1948, Kenji Mizoguchi est déjà bien conscient que le pays ne se relèvera pas si simplement quand tous les repères sociaux viennent de voler en éclats.

R/D : Kenji Mizoguchi • Sc : Yoshikata Yoda, d’après le roman/ from a novel de/by Eijirô Hisaita • Ph/C : Kôhei Sugiyama • M/Ed : Tatsuko Sakane • Mus : Hisato Osawa • Déc/AD : Kiyoharu Matsumo, Sûekichi Yamaguchi • Cos : Tsuma Nakamura • P : Hisao Itoya • 75’ • 35 mm • F • N&B/B&W • Int/Cast : Kinuyo Tanaka, Sanae Takasugi, Tomie Tsunoda

13 nov • 11h00 • Cinéma Orson Welles, MCA

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