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Les Cinémas ACP

Le premier programme d’appui au cinéma ACP : un bilan positif

Le premier Programme d’appui de la Commission européenne (2000-2006) disposait d’un budget de soutien global de 6 millions d’euros. Il fonctionnait par appels à propositions. Le Programme d’appui garantit la transparence, la neutralité et le professionnalisme des choix opérés mais également un meilleur suivi des productions aidées. Sa gestion était assurée par une Mission d’assistance technique constituée d’experts extérieurs. Quatre appels ont été clôturés. Le programme soutenait les films de fiction et d’animation (longs/moyens/courts métrages), les films documentaires de long métrage (d’une durée minimum de 52 minutes et à l’exclusion des reportages et magazines de télévision, des films d’entreprise ou institutionnels) ainsi que les séries de fiction ou d’animation, les téléfilms et les films d’animation. Pour pouvoir prétendre à une aide à la production, les projets devaient impérativement être réalisés par des cinéastes ressortissants d’un pays ACP.
Depuis la création du Programme d’appui, près de 300 projets ont été soumis. 55 projets ont été soutenus. 47 films ont reçu une aide à la production, pour un montant total de 4,6 millions d’euros et 8 ont bénéficié d’un soutien à la promotion/diffusion, pour un montant d’environ 400 000 euros. Une quinzaine de films et une vingtaine de salles de cinéma ont également été soutenues dans le cadre d’Africa Cinémas à qui la Commission a alloué une enveloppe de 600 000 euros.

Le second programme d’appui : vers plus de professionnalisation

La Commission européenne a commandité une évaluation du premier Programme d’appui qui lui a permis de préparer au mieux la mise en œuvre du second Programme d’appui au cinéma et à l’audiovisuel ACP en collaboration avec le Secrétariat du Groupe des États ACP. Celui-ci devrait être lancé mi-2006 et sera géré par le Secrétariat du Groupe des États ACP. L’accent y sera mis sur la professionnalisation de l’industrie cinématographique et audiovisuelle ACP par le biais notamment d’une aide à la formation des auteurs, des producteurs et des techniciens. Des appels à propositions seront publiés dans le cadre de ce programme qui comprendra des aides à la production cinématographique et télévisuelle, à la distribution/promotion des œuvres ACP et à la formation. Ce programme devrait disposer d’une enveloppe d’environ 6,5 millions d’euros.

Les autres soutiens européens

Entre 1992 et 2003, 112 oeuvres cinématographiques et audiovisuelles ACP ont été soutenues via les Programmes Indicatifs Nationaux et Régionaux (PIN, PIR), le fonds tous pays ACP et le programme cadre culture du Mali. Depuis 2003, les financements d’oeuvres cinématographiques et télévisuelles sont seulement possibles à l’intérieur des programmes cadres culture sur PIN, PIR et le fonds tous pays ACP. Trois nouveaux programmes cadres culture qui incluent un appui au cinéma et à l’audiovisuel doivent être mis en oeuvre en 2005 au Mali, au Sénégal et au Burkina Faso.

Contacts utiles

- Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique
Secrétariat du Groupe des États ACP
Département des Questions Politiques
et du Développement Humain
Av. Georges Henri 451
B-1200 Bruxelles, Belgique
Tél. : +32 2 743 06 00
Fax : +32 2 735 55 73
E-mail : info acp.int
Site web (pour les appels etc.) :
www.acp.int

- Commission européenne
Unité EuropeAid/C/4
B-1049 Bruxelles - Belgique
Contact : M. Johannes Gehringer
Tél : +32 2 296 00 05 / fax : +32 2 299 49 47
Email : Johannes.Gehringer ec.europa.eu
Infos : www.filmfestamiens.org/cinemasacp/index.html
Publication des appels : www.europa.eu.int/europeaid

L’Union européenne et le Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique aux côtés des cinéastes ACP

Des racines à l’exil, de la guerre à la paix, …

L’Union européenne se réjouit du nouvel essor pris par le cinéma ACP depuis qu’elle a renforcé son appui mais aussi de la nature des oeuvres soutenues qui contribuent à changer les mentalités. Cet essor se traduit par un plus grand nombre d’oeuvres, l’arrivée de nouveaux réalisateurs et sans doute aussi par une plus grande diversité artistique. Ainsi, alors que des styles très personnels s’affirment, l’éventail des problématiques et des thèmes abordés semble lui s’être élargi.
Le cinéma ACP d’aujourd’hui est ancré dans le réel et la majorité des films soustendent des enjeux qui dépassent de loin l’un de leurs buts premiers, divertir, pour oeuvrer à la conscientisation des individus. Dès les débuts des cinémas africains, Ousmane Sembene (Borom Sarett, la Noire de…) n’hésite pas à mettre en scène les maux qui affectent l’Afrique. L’accueil de la critique et du public pour son dernier opus, Moolaadé, notamment au festival de Cannes en mai 2004, prouve s’il en est que la description, même amère, de la société africaine fait toujours recette. En traitant à froid et sans ménagements de l’excision, Ousmane Sembene, « le doyen », se fait le chantre de ce « cinéma du réel ». Une nouvelle génération de cinéastes a pris le relais. En faisant appel à leur imaginaire ou à leur sens de la description, ces réalisateurs montrent les pays ACP tels qu’ils les voient, cruels et poétiques. Certains d’entre eux, les plus talentueux peut-être, ont réussi à trouver leur public dans les festivals mais aussi dans les salles en Europe et dans les pays ACP. Des cinéastes tels qu’Abderrahmane Sissako, Ramadan Suleman, Mahamat-Saleh Haroun, Newton I. Aduaka, Alain Gomis, Idrissou Mora Kpai, Flora Gomes innovent tant dans la forme que dans le fond tout en faisant part de leur profond attachement à leurs racines. Leurs films s’inscrivent totalement dans l’Afrique d’aujourd’hui, une Afrique en pleine évolution, tournée vers le monde extérieur mais également en proie à tous les maux d’un continent appauvri et aux luttes interethniques.
Ils sont nombreux à avoir quitté leur pays d’origine et vivent souvent entre deux continents. Cette dualité et ce rapport particulier à leur terre d’origine traversent leurs films. Ils parlent d’hommes et de femmes en partance ou en exil (Heremakono, Paris selon Moussa, Arlit) et de la perte ou de la redécouverte des liens familiaux qui accompagnent le voyageur (Abouna, Si Gueriki) ; de tranches d’histoires souvent douloureuses effectuant en cela un travail de mémoire capital (Zulu Love Letter, Waiting for an Angel, Camboio da Canhoca, Lumumba, le Malentendu colonial) ; du poids des traditions participant ainsi aux grands débats de sociétés qui animent leurs pays (Sia le rêve du python, Siraba la grande voie, Moolaadé) ; de la guerre et de ses avatars tant politiques qu’humains (la Nuit de la vérité, Na Cidade Vazia, O heroi, Tasuma) mais également de réconciliation (The Wooden Camera). Et puis le cinéma ACP, comme tous les cinémas, est également un cinéma d’émotions qui raconte les premiers émois amoureux (Un amour d’enfant), la trahison (Ndeyssan le prix du pardon, Madame Brouette), la folie (Kabala),.... Ce cinéma-là, malgré une poésie certaine, et quelques comédies mises à part (Voyage à Ouaga, Max and Mona, Moi et mon Blanc), est rarement léger. C’est un cinéma souvent engagé, qui cherche de nouveaux repères, de nouveaux maîtres aussi… C’est un cinéma qui veut montrer la force des identités ACP mais également le désarroi de ces cinéastes. Encore en devenir et en mutation, malgré certaines faiblesses, il est certainement essentiel -et essentiel de le soutenir- car il permet à un continent entier de sortir de la marge et à une génération d’artistes de s’exprimer et donc d’exister. Enfin, il est bon de souligner que le cinéma est sans doute l’un des éléments les plus marquants du patrimoine ACP que nous ait légué le XXème siècle.

Les trois volets de l’aide de l’Union européenne

Appui à la production

Appui à la diffusion/promotion
À travers son Programme d’appui, la Commission européenne a soutenu la diffusion/promotion de 8 films. Mais elle a surtout mis en place, en juillet 2003, Africa Cinémas, un mécanisme d’aide aux exploitants et distributeurs de l’Afrique subsaharienne, en collaboration avec le ministère français des Affaires étrangères et l’Organisation internationale de la Francophonie. Ce mécanisme disposait initialement d’une enveloppe de 1 800 000 euros.
En outre, la Commission a soutenu des manifestations cinématographiques dans les pays ACP (les éditions du Fespaco à Ouagadougou, le Festival du court métrage d’Abidjan) et en Europe (entre autres le Festival du film africain de Milan, le volet africain du Festival du film francophone de Namur, le Commonwealth Film Festival). Par ailleurs, des initiatives spécifiques sont également soutenues, telles le Cinéma numérique ambulant (CNA) qui diffuse en zone rurale sur support dvd des films au Bénin, au Niger et au Mali. Parallèlement, depuis 2003, la Commission mène au Marché du Film

Appui à la professionnalisation
La professionnalisation des industries culturelles et notamment de l’industrie cinématographique et audiovisuelle est progressivement devenue l’un des enjeux essentiels du développement pour la Commission européenne. C’est pourquoi elle a participé à un programme de formation des techniciens audiovisuels dont l’exécution a été confiée au Cirtef (Conseil international des radios-télévisions d’expression française). De même, l’un des objectifs d’Africa Cinémas est de développer les compétences des professionnels africains en les associant à des réseaux internationaux d’exploitants et de distributeurs.

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