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Les Filles de l’ABC

Brésil – 2003

Aurélie, une jeune femme noire, travaille dans une usine de la banlieue sud de Sao Paulo. C’est l’ABC, un site industriel historique où les ouvriers du textile et de la métallurgie côtoient de nombreux chômeurs venus du Nordeste. Aurélie est portée sur les hommes musclés, son idole est Arnold Schwarzenegger. Pas étonnant qu’elle fréquente Fábio Tavares, un jeune homme aussi musclé que superficiel. Celui-ci s’engage dans un groupe néo-nazi, influencé par un jeune avocat : leur passe-temps favori est de s’attaquer aux Noirs et aux immigrés du Nordeste. Heureusement pour Aurélie, son univers est d’abord celui de ses amies ouvrières comme elles et aux ambitions plus terre à terre.
Au départ, l’objectif de Carlos Reichenbach était de réaliser six films sur la vie de six ouvriers du coeur de l’industrie brésilienne. Une sorte de série cinématographique qui aurait, à n’en pas douter le 7e Art brésilien. Tant les scénarios originaux sont forts et cohérents dans l’univers du réalisateur.
Au-delà de ce personnage central, le film de Carlos Reichenbach donne vie à un univers féminin complètement ignoré par la production cinématographique (brésilienne ou internationale), les femmes aux travail (genre déjà traité dans son magnifique Anjos do Arrabaldes, As Profesoras et qui sera poursuivi dans Falsa Loura et Bems Confiscados). Le regard porté sur ces femmes, son empathie manifeste pour ces personnes modestes et la mise en scène de leurs vies relève aujourd’hui d’un pari impossible. Sans lyrisme ou misérabilisme, mais avec générosité, Reichenbach s’attache (en contrepied des telenovelas mélodramatiques) à brosser autant de portraits de femmes oubliées des écrans. On pourrait dire en paraphrasant le nom d’une association célèbre en France : ni putes, ni soumises, des femmes ordinaires, passionnées, superficielles ou trop sérieuses, des femmes déprimées parfois, des femmes audacieuses et timides, des femmes qui se cherchent malgré la dureté de leur existence… malgré aussi la montée du racisme et de l’intolérance dans un Brésil où l’esprit mesquin de certains « petits blancs » commence à rejoindre les pratiques de quelques groupes néo-nazis. Heureusement, Aurélie n’est pas fan du seul Schwarzenegger, son autre vedette est Sam Ray, un personnage de chanteur métis inventé par Reichenbach, en hommage à deux de ses maîtres, Samuel Fuller et Nicholas Ray.

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R/D :CARLOS REICHENBACH
Sc : Fernando Bonassi, Carlos Reichenbach • Ph/C : Jacob Solitrenick • M/Ed : Cristina Amaral • S : Romeu Quinto • Mus : Nelson Ayres, Marcos Levy, Carlos Reichenbach • Déc/AD : Valdy Lopes, Luís Rossi • P : Sara Silveira • 130’ • 35 mm • F • Coul/Col • Int/Cast : Michelle Valle, Vanessa Alves, Natália Lorda, Luciele di Camargo, Vanessa Goulart, Fernanda Carvalho Leite, Marcia de Oliveira, Viviane Porto, Lina Agifu, Carlos Reichenbach

jeu. 18 – 19h00 – AD

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