OISEAU QUI SUSPEND SON VOL (L’) 
(Corée du Sud, 1999, 106’)
Kim habite dans un petit village rural de Corée du Sud, loin de sa famille. Il enseigne l’analyse de film dans un lycée de la région. Il nourrit depuis toujours l’ambition de pouvoir réaliser un film à partir des images d’oiseaux qui hantent ses souvenirs d’enfance et ses rêves. Il aimerait pouvoir saisir cet instant où un oiseau cesse de battre des ailes pour suspendre son vol.
Jeon Soo-il, dans ses premières oeuvres, met en abyme la condition de l’artiste, et plus particulièrement celle du cinéaste. L’autobiographie nourrit en partie ce portrait d’un professeur de cinéma qui tente de réaliser son propre film. La précarité de ce métier, et la solitude qu’il implique, finement rendues, sont soutenues par l’évocation à la fois scientifique et poétique du vol des oiseaux. Paradoxe saisissant : l’homme est sur cette terre comme un oiseau : sa trajectoire est souvent déterminée par les choses extérieures, mais il en toujours en quête de cette légèreté qui suspendrait le temps.
« C’est un objet doucement atypique qui s’ouvre sur un
commentaire de Mauvais sang de Carax pour dériver
sur fond de mal-être sentimental. Sa modernité est de
celle que l’on croise en Asie depuis l’ouragan Hou
Hsiao-hsien, mais sa force de frappe se distingue avec
une classe naturelle. Un des films les plus envoûtants
du moment sur la malédiction d’amour. »
(Philippe Azoury)
R/D : JEON SOO-IL
Sc : Jeon Soo-il, Lee Jeong-ae • Ph/C : Kim
Dae-sun • M/Ed : Park Sun-duk • Mus : Rainy Sun • 106’ • 35 mm • F •
Coul/Col • Int/Cast : Seul Kyung-gu, Kim So-hee, Lee Chung-in
18 nov • 18h00 • St Leu