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Providence

FRANCE / ROYAUME-UNI / SUISSE 1977

Clive, un écrivain octogénaire miné par la maladie, sent tourner la dernière page de sa vie. Une nuit d’ivresse, il va revisiter l’histoire de sa propre famille, mélanger ses fantasmes à la réalité, et ainsi élaborer sa dernière œuvre. Au petit matin, tous ses personnages se retrouveront pour célébrer son anniversaire.

On a trop souvent associé la réussite de Resnais aux choix de ses adaptations et aux talents de ses scénaristes (Marguerite Duras, Alain-Robbe Grillet ou le duo Jaoui/Bacri, pour ne citer qu’eux). Le travail de l’écrivain David Mercer est certes essentiel sur Providence, mais il ne faut oublier l’apport primordial de Ricardo Aronovich. Construit sur un récit totalement déstructuré, le film oscille entre l’agonie du souvenir et une conscience enivrée, la vie et la mort, la réalité et la fiction. Resnais décortique ainsi les méandres de la pensée et le processus de la création littéraire. La photographie devient essentielle en ce sens où elle sculpte et révèle l’inconscient, l’oppose par sa teinte à la réalité, sans pour autant les dissocier. Bien au contraire, la finesse et l’intelligence du travail d’Aronovich permettent au film de trouver une homogénéité visuelle et encourage sa lisibilité. De par le magnétisme éblouissant de ses images, mais aussi grâce à son travail pointilleux sur les décors et le montage, Providence attend une perfection formelle impressionnante et se révèle être l’un des meilleurs films de Resnais, une œuvre d’art totale.

R/D : Alain Resnais • Sc : David Mercer • Ph/C : RICARDO ARONOVICH • M/Ed : Albert Jurgenson • S : René Magnol et Jacques Maumont • Mus : Miklós Rózsa • Déc/AD : Jacques Saulnier • P : Yves Gasser, Klaus Hellwig et Yves Peyrot • 110’ • 35 mm • F • Coul/Col • Int/Cast : Dirk Bogarde, John Gielgud, Ellen Burstyn, David Warner, Elaine Stritch

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