REFLETS DANS UN ŒIL D’OR 
États-Unis - 1967
Dans un fort de Géorgie, le major Penderton ne s’intéresse
plus à sa femme, qui a pour amant le colonel Langdon. Un
jeune soldat va venir perturber un peu plus cet univers
trouble. Le major va se sentir irrésistiblement attiré par lui,
tandis que celui-ci tentera de séduire Leonora.
Adaptation du livre éponyme de Carson McCullers,
Reflets dans un oeil d’or est à n’en pas douter le chefd’oeuvre
méconnu de John Huston. Ce film est comme le
tombeau de la première période de l’Actors Studio, tant
on y assiste aux ultimes soubresauts de pantins incapables
d’enrayer le sentiment diffus d’une fin de monde.
Brando y trouve l’un de ses meilleurs rôles et semble
porter le deuil de son propre éclat. Le film connaît deux
versions, l’une en couleurs et l’autre tournée dans une
copie dorée. Cette dernière jette sur le monde et les
corps l’ocre manteau de la décomposition.
F.G.
« Le major Penderton, un mystère vivant, sensationnellement traduit par un Marlon Brando qui se retrouve, est une symphonie de répressions visibles, de fureurs rentrées, de slowburn contenu, mais de slowburn tragique, dont le ridicule ne fait jamais sourire. (…) C’est peu dire que de louer les interprètes : Brian Keith, le naturel dans l’inconscience, Julie Harris, la dignité dans la perdition, Brando, le désir noué dans le silence, Elizabeth Taylor, l’assouvissement dans l’insolence. »
(Robert Benayoun, John Huston)
R/D : John Huston • Sc : Gladys Hill, Chapman Mortimer d’après le roman de/from the novel by Carson McCullers • Ph/C : Aldo Tonti • M/Ed : Russell Lloyd • Mus : Toshirô Mayuzumi • Déc/AD : Bruno Avesani, William Kiernan • P : John Huston, Ray Stark • 108’ • 35 mm • F • Coul/Col (version dorée/golden version) • Int/Cast : Marlon Brando, Elizabeth Taylor, Brian Keith, Julie Harris