Festival International du Film d'Amiens 2016
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STEIGER, Rod

(1925-2002)

Praticien perfectionniste de la « Méthode », il a très probablement été limité dans le choix de ses rôles par son physique ingrat : corps replet, visage cireux et cheveux crépus. Une morphologie ordinaire qu’il met au service de l’entreprise de démystification du western opérée, bien avant Sergio Leone, par Samuel Fuller (le cow-boy sale et cynique du Jugement des flèches/ Run of the Arrow, 1957). Pourtant, ses atouts techniques étaient très similaires à ceux de Marlon Brando (maîtrise vocale, talent oratoire, gestuelle rhétorique), jusque dans les maniérismes (regards vers le ciel, crispations de maxillaires, soupirs, longues pauses songeuses avant les répliques, manipulation d’objets invisibles). Il n’est pas innocent qu’Elia Kazan leur ait offert le rôle de deux frères dans Sur les quais. Il mènera toute sa carrière dans l’ombre de son principal rival, malgré l’antériorité de quelques unes de ses trouvailles plastiques : le crâne rasé de Prêteur sur gages/Pawnbroker, Sidney Lumet, 1965, puis les monologues philosophiques des Innocents aux mains sales, Claude Chabrol, 1975, annoncent le Brando d’Apocalypse Now (Francis Ford Coppola, 1979). Ses grandes scènes d’orateur, dans lesquelles, du Grand couteau/The Big Knife (Robert Aldrich, 1955) à Plus dure sera la chute/The Harder they Fall (Mark Robson, 1956) et Al Capone (Richard Wilson, 1959), il en impose à ses partenaires par sa voix qui tonne et son physique de bouledogue, fixent l’archétype du gangster vociférant dont s’inspireront Robert De Niro, Al Pacino ou encore Joe Pesci.

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