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Tony Gatlif (13/11/10)

Tony Gatlif est un homme aux multiples talents : cinéaste abouti et compositeur à ses heures, c’est également un humaniste tel qu’on en croise peu. Il est le fondateur du cinéma tzigane en France et n’hésite pas à dénoncer par le biais de son art toute forme d’injustice.

Votre filmographie met en avant les nombreux points communs qui existent entre cultures tzigane, andalouse, arabe... Les avez-vous découverts simultanément, comme une seule et même culture, ou progressivement, commençant par l’une et découvrant les rapprochements plus tard ? C’est un tout. On ne voit pas trop la différence car ça fait partie de nos vies : ce n’est pas comme un finlandais qui découvrirait une culture étrangère ; c’est comme un tout.

Je n’étonnerai personne en affirmant que la musique est un élément central de votre cinéma : mais comment l’utilisez-vous dans votre vie personnelle ? J’écoute la musique des gens que je rencontre. Quand je prépare un film, je peux passer 3 ans à écouter la musique y correspondant. Au final, j’écoute les musiques par phase, je passe d’un style à l’autre. Pour Vengo, je n’ai écouté que du flamenco pendant une longue période ; pour Gadjo Dilo, c’était du tzigane...

De vos films se dégage une sensation de naturel, comme si certaines scènes (notamment musicales) étaient spontanées : laissez-vous une grande place à l’improvisation ? Non, cela donne cette impression, impression d’ailleurs que j’aime beaucoup, mais la direction d’acteurs ainsi que le scénario sont très travaillés. C’est plus un style, je dirais, qui donne l’impression d’un hasard là où il n’y en a pas. Certaines scènes musicales de Vengo ont été tournés une dizaine de fois afin de trouver le bon tempo.

Depuis cet été, la France a durci sa politique envers les roms. L’Allemagne pourrait suivre. Pensez-vous devoir monter au créneau pour les défendre ? Pour vous, qu’est-ce qu’être engagé dans le cinéma, dans l’art ? Quand on est engagé politiquement, on fait des films engagés, j’en fais depuis le début. C’est le même sillage depuis 30 ans. Quand des événements comme ceux-ci se produisent, il me semble évident d’être en première ligne, le devoir de parler n’en est que plus cohérent. Quand je parle des tziganes les gens m’écoutent car ils savent que je les connais. Le gouvernement dit n’importe quoi concernant la population gitane et nomade. Il croit qu’ils vivent tous dans des roulottes et détériore leur image. Il faut absolument parer à ça et rétablir la vérité.

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Tony Gatlif (13/11/10)