Festival International du Film d'Amiens 2016
Contact
Newsletter
Partenaires - liens

Tout un homme

Argentine - 1943

Dans une famille bourgeoise décadente, il est courant de vendre l’une des filles à un parvenu. Ainsi, Julia Yanez accepte d’épouser Alejandro Gomez, un homme aux origines modestes mais qui a fait fortune sur le fleuve. La fortune de l’un sauvera de la ruine les parents de l’autre. Sur les bords du Rio de la Plata aussi.
Gomez, homme silencieux profondément amoureux de Julia, trouve dégradant de le lui dire à tout moment. Il le lui déclare une seule fois : « si je ne t’aimais pas, je ne t’aurais pas épousé ». Mais bientôt, le mutisme de son mari devient intolérable à cette jeune femme sophistiquée. Elle se replie sur elle même et va entrer en dépression ...
Todo un hombre peut être qualifié de mélodrame social à dominante noir. La trame est celle d’un mélo, les conflits sont ceux que l’on imagine dans un couple où un homme du peuple enrichi à force de travail a épousé une aristocrate ruinée. La forme tient du film noir. Le travail superbe en matière de décors, d’éclairages et de cadrage montre clairement que Chenal n’a pas perdu la main en traversant l’océan. L’utilisation de l’escalier comme lieu des affrontements dans le couple en est un exemple probant tout autant que surprenant.
Malgré sa faible maîtrise de l’espagnol (Todo un hombre est son premier film d’exil) et quoi qu’en disent les puristes, tout fonctionne dans les dialogues et le jeu des acteurs ; Chenal s’entend à mettre en scène les très grands comédiens qu’étaient à l’époque Amelia Bence et Francisco Pétrone (La guerra gaucha de Lucas Demare et Pampa barbara de Lucas Demare et Hugo Fregonese, notamment).
Le cinéaste déclarait : « (...) Réussir un film basé sur ce scénario sans en faire une série de champs/contre champs (...) impliquait de trouver un lieu privilégié permettant de traduire cinématographiquement les affrontements du couple. Je proposai donc au décorateur de faire en sorte que ceux-ci aient lieu dans un escalier qui mènerait de la salle de séjour des Gomez aux chambres du premier étage. Je pourrais ainsi, lorsque Julia est désemparée, la voir, toute petite, perdue, au bas de l’escalier, tandis que le profil et l’épaule de son mari domineraient le haut de l’écran... Dans une autre scène, elle s’élancerait vers lui dans l’espoir d’une réconciliation. Nous la verrons gravir l’escalier et s’écrouler dans ses bras, etc... »

R/D : PIERRE CHENAL
Sc : Homero Manzi, Ulisses Petit de Murat, Miguel Mileo d’après le roman de/from the novel by Miguel de Unanumo • Ph/C : Bob Roberts • M/Ed : Carlos Rinaldi • S : Ramon Ator • Mus : Lucio Demare • Déc/AD : Gori Munoz • P : Julio Ferrando • 94’ • 35 mm • F • N&B/B&W • Int/Cast : Francisco Pétrone, Amelia Bence, Jorge Lanza, Tilda Thamar, Guillermo Battaglia, Nicolás Fregues, Florindo Ferrario, Ana Arneodo, Leticia Scury

sam. 13 – 16h00 – St Leu

home
Tout un homme