Festival International du Film d'Amiens 2016
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UN CHANT D’AMOUR

FRANCE 1950

Enfermés dans leurs cellules, deux prisonniers communiquent à l’aide d’un trou creusé dans le mur, sous l’œil du gardien qui les observe par le judas.

Un chant d’amour est un poème visuel qui est d’abord une déclaration d’amour au cinéma. Cependant, malgré des scénarii jamais portés à l’écran, Jean Genet renia un temps ce court métrage qui tutoie le sublime et s’accoquine avec la beauté rimbaldienne. L’univers du film est un précipité du monde de l’auteur de Notre-Dame-des-Fleurs : une prison, des mâles sculpturaux encellulés, l’homoérotisme sans fard, le voyeurisme, le désir de liberté et la liberté du désir. Malgré le style unique de Genet, on voit passer quelques fantômes bienveillants, avec qui les formes du film dialoguent : ceux de Cocteau (Le Sang d’un poète) et de Bresson (Un condamné à mort s’est échappé), mais encore ceux de Michel-Ange et de Giacometti sculpteurs. Choisis- sant de faire un film muet, Genet perpétue sa forme favorite, celle du chant. Le chant d’un poète dont le recueil Un condamné à mort est sans aucun doute l’un des plus beaux du XXe siècle. Le film devient chant, en entrant par effraction et en libérant les images de leur prison académique : d’où les deux régimes d’images, celles, réalistes, de la prison, et celles, plus oniriques, du fantasme. Encensé par Cocteau ou Sartre, rappelons l’importance que la lecture de Genet eut dans la vie du jeune Truffaut déserteur et emprisonné.

Two prisoners in complete isolation, separated by thick brick walls, and desperately in need of human contact, devise a most unusual kind of communication.

R/D : JEAN GENET • Sc : Jean Genet • Ph/C : Louis Page • M/Ed : Jacques Natteau • Déc/AD : Maurice Colasson • Mus : Gavin Bryars • P : Nikos Papatakis • 26’ • 35mm • F • N&B/B&W • Int/Cast : André Reybaz, Java, Coco Le Martiniquais, Lucien Senemaud

17 nov – 22h00 - Cinéma Orson Welles (MCA)

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