VIVA ZAPATA ! 
(États-Unis, 1952, 113’)
Spolié par les riches propriétaires terriens, un groupe de péons part protester auprès du président Porfirio Diaz. Ce dictateur n’a que faire du bon droit des petits paysans. L’un d’eux, Emiliano Zapata, décide alors de prendre le maquis.
Deuxième collaboration entre Elia Kazan et Marlon Brando (deux épigones de l’Actors Studio), Viva Zapata ! a pu susciter quelques polémiques. Tout d’abord, le choix de Brando pour incarner le révolutionnaire mexicain. Pourtant, excepté quelques maniérismes dont il a le secret, force est de constater que l’acteur, roué aux techniques de la Méthode, s’est littéralement transformé en péon, modifiant son apparence, sa diction et ses gestes. Il incarne un Zapata proche de sa terre (les nombreuses scènes où il entre en contact avec les décors), tout d’abord effacé, faisant partie du peuple, puis s’affirmant comme un leader (cf. son apparition dans le film). Autre sujet qui fâche : la réalisation, par Kazan, d’un film « politique » au moment du maccarthysme. Si le film fut préparé avant que le réalisateur ne témoigne devant la Commission des activités anti-américaines, il est impossible de ne pas y voir la transcription du contexte américain contemporain du film et l’affirmation de la position morale et politique de Kazan. Il confiait lui-même à Michel Ciment que ce qu’il recherchait avec son scénariste John Steinbeck (lui-même très influencé par les séquelles de la Dépression), c’était « d’exprimer ce que c’était qu’être de gauche et progressiste tout en étant antistalinien », et ce à travers le dilemme tragique de Zapata : « une fois qu’on a pris le pouvoir grâce à la Révolution, que faire du pouvoir ? »
F.G.
R/D : ELIA KAZAN
Sc : John Steinbeck • Ph/C : Joseph MacDonald
• M/Ed : Barbara McLean • S : W.D. Flick, Roger Heman Sr. • Mus : Alex
North • Déc/AD : Lyle Wheeler • P : Darryl F. Zanuck • 113’ • 35 mm • F •
N&B/B&W • Int/Cast : Marlon Brando, Jean Peters, Anthony Quinn
15 nov • 19h15 • AD