· Panorama des peuples indigènes : Quand les Indiens d'Amérique latine passent derrière la caméra


"Mon intérêt pour ce mouvement d'expression et de communication par la vidéo, qu'on a appelé la Video Indigena, est le fruit d'une rencontre avec un Indien Zapotèque, lors d'une formation à Mexico en 1990. Il était venu de sa sierra (montagne du sud-est mexicain) de l'Etat d'Oaxaca avec la volonté d'apprendre la vidéo pour témoigner de la culture et des luttes de sa communauté. Je n'imaginais pas alors que cette demande était déjà latente dans tout le continent d'Amérique Latine, et annonçait le début d'un cinéma indien en devenir.

J'ai participé ensuite à un atelier de formation d'une quarantaine de vidéastes indiens, représentant une trentaine d'ethnies, et je n'ai depuis cessé de suivre ce mouvement (par ma présence sur place et dans les festivals) et sa production au fil des ans".

Que de chemin parcouru depuis les images du film fondateur "Tejiendo Mar Y Viento" de Luis Lupone en 1985 ! A cette même date et dans le même pays, au Mexique, était créé le Consejo Latinoaméricaino de Cine et Video de los Pueblos Indigenas (CLACPI) destiné à développer et à organiser un processus d'autoreprésentation des ethnies indiennes d'Amérique Latine, ainsi que la diffusion de leur production.

Quinze ans après le bilan est considérable : "L'appropriation de la vidéo par les Indiens a permis d'une part de remettre en cause l'image de l'Indien véhiculée par les médias très réductrice qui les décrivent comme des êtres primitifs et authentiques (où ils ne se reconnaissent pas), d'autre part de briser le manque de communication qui existait entre les diverses ethnies. La circulation des informations contenues dans les films qu'ils produisent (où ceux dans lesquels ils se reconnaissent) crée un réseau d'échange d'expériences et élargit leur horizon. Les stratégies de lutte pour la terre, pour leurs droits et pour le maintien de leur culture sont des situations vécues par tous et deviennent ainsi des expériences partagées." (Mari Corrèa de Video Nas Aldeias ­ Vidéo dans les villages, Brésil).

La vidéo indienne a réussi à créer un mouvement identitaire et fédérateur là où les politiques et les organisations indigènes avaient ébauché le projet.

Tous les pays, où existe une population indienne, ont une structure de video indigena.

Trois grandes structures ont joué un rôle dynamisant et déterminant sur le développement de ce mouvement.

Au Mexique : le Centre de Vidéo Indigène d'Oaxaca grâce à Guillermo Monteforte et Juan Jose Garcia a été la référence au niveau national et pour le continent sud américain. Le Centre a été créé par l'Institut National Indigéniste en 1994. D'autres centres existent au Mexique, celui de Morelia, de Hermosillo et Merida. Depuis lors, des structures indépendantes ont été mises en place par les vidéastes eux-mêmes, telle que Comunication Indigena notamment.

Au Brésil : Video Nas Aldeas - vidéo dans les villages - est une ONG qui, grâce au travail de longue haleine du fondateur Vincent Carrelli et de Mari Corrêa, a développé la formation de réalisateurs indiens au documentaire. Son but est de faire de la vidéo un instrument d'expression de leur identité, un reflet de leur regard sur eux-mêmes et sur le monde.

En Bolivie : le CEFREC (Centre de Formation et Réalisation Cinématographique) appuyé par de nombreuses organisations indiennes et en coordination directe avec trois confédérations nationales indigènes existe depuis 1996 ; il est coordonné par Yvan Sanjines, et a eu un développement fulgurant ces deux dernières années, au cours desquelles il a produit cinquante-quatre films dont une dizaine de films de fiction.

Bien entendu d'autres structures, ou électrons libres, sont présentes dans d'autres pays d'Amérique Latine. Grâce au CLACPI, de nombreux festivals ont été organisés, ainsi que des échanges de films, des échanges de formations (par exemple, des Indiens Mexicains sont allés former des vidéastes boliviens), des échanges de coproductions (des films boliviens ont utilisé la post-production d'Oaxaca).

On peut estimer le nombre de films réalisés par les Indiens d'Amérique Latine à plus de mille deux cents, dont une quarantaine de films de fiction ou docu-fiction.

Des mini festivals avec vidéoprojecteurs sont organisés dans les communautés, on y découvre la réalité, des points de convergence avec d'autres ethnies.

Des espaces de diffusion s'entrouvrent sur certaines chaînes, par exemple, l'ATEI (Association de Télé-Educative Ibéro-américaine, qui couvre toute l'Amérique Latine jusqu'à Los Angeles) qui vient de proposer deux heures d'espace libre pour la vidéo indigène avec un système de télé-conférences entre les différentes ethnies. De nombreuses télévisions locales communautaires existent ou se mettent en place actuellement. La communication se fait aussi par internet et les premiers sites sont apparus, tel que http/videoindigena.bolnet.bo Même au Chiapas, en zone zapatiste, un programme de formation à la vidéo et à la production de films s'est mis en place depuis deux ans grâce à l'ONG Media Project (Michael Moore reverse une partie des droits d'auteur de son livre "Big One " à cette ONG). Une quinzaine de films, dont des fictions, ont été produits depuis.

Grâce au faible coût et à la qualité des caméras numériques, la production de la vidéo indigène peut dorénavant avoir accès à des circuits télévisuels non marginaux.

Peut-on parler d'une image indienne ?

D'une part, il ne faut pas oublier que le flux télévisuel a atteint les communautés indiennes grâce aux paraboles, d'autre part que les Indiens sont passés directement de la tradition orale à la représentation par l'image, sans passer par l'écrit. De l'image elle-même je me souviens que dans les premiers films réalisés le gros plan n'existait pas, car l'individu ne devait être séparé de sa communauté.

Dans la vidéo indigène, l'Indien est sujet et objet dans ce qu'il nous offre à voir, dans le but de renforcer son identité.

"Peu ou pas de gros plans donc, (contrairement à l'esthétique dominante d'un certain cinéma exotico-ethnographique) dans ces documents qui montrent ce qu'il y a d'unique dans chaque &laqno;village». A charge pour chacun de reconnaître ce qu'il y a de commun d'un village à l'autre...

Or, que voyons-nous dans ces films indigènes, souvent indifférents à la conformité technique, mais toujours intransigeants sur leur vision du monde ? Ce que nous voyons, avec malaise parfois parce que nous n'y sommes plus habitués, c'est du temps justement : le temps du rituel et celui du travail. Le temps de récit. Ce qui frappe dans tous ces films réalisés par des individus qui ne se réduisent pas à être faiseurs d'images, mais continuent pour la plupart d'occuper une place dans la communauté, c'est le refus d'un découpage qui priverait de la durée d'une part, et, de l'autre, imposerait une image morcelée des corps." Chantal Steinberg.

Donc ce qui fait l'originalité de la vidéo indigène, c'est sa narration propre qui nous permet de parler de vidéo indienne comme genre spécifique. Les vidéastes indiens ne sont pas des professionnels au sens occidental du terme. La Video Indigena fait partie intégrante de leur culture, c'est de l'ordre du tequio ( le travail au service de la communauté). La plupart des vidéastes sont des cultivateurs. Souvent ils utilisent le terme de responsable ou collectif au lieu de réalisateur. La communauté refuse qu'on fasse commerce de son image.

Les fondations posées en 1985 ont permis de donner une autre image du monde indien d'Amérique Latine à l'extérieur. Cette autoreprésentation a déjà permis de briser les clichés et les préjugés de la société, à son égard. Grâce à la Video Indigena, les Indiens sortent de leur isolement et revendiquent leurs droits à la communication, à leur identité. Une nouvelle perspective s'ouvre à eux : celle d'inventer une autre forme de relation avec la société dominante. Grâce aux échanges interethniques au niveau de la production et de ses moyens, de la diffusion se dessinent aujourd'hui une véritable stratégie d'activisme culturel, politique et identitaire des oubliés des écrans de la mondialisation et de l'Histoire.

José Reynes


 

The gift / L'Tusto : To rise again /c Kanehsatake, 270 ans de résistance
Rocks at the Wiskey tench / Backroads / Johnny Greyeyes / Kinaalda : Navajo rite of Passage /
Altzatzilistli / Been Rguil Guialnzak / Cha' anantsjana / Espiritualidad Mixe / Guio too /
Junkava Axu / Las Voces des Varhi Lurixe / Moojk / Pidiendo vida / Seenau Galvain /
Tejiendo mar y viento / Tierra Sagrada / No tempo das Chuvas / Xingu, le corps et les esprits /
Wapté Mnhono, iniciaçao do joven Xavante / Desempolvando nuestra historia / En' Wala /
Give us our Skeletons ! / Act of war / Paroi / Tarava / The feathers of peace / Ngati /
Harry's war / Radiance / Strike your heart


 

The gift

Canada 1998

Ever since it was first nurtured from a grass by the Maya, corn has held a sacred place in the lives of Indigenous peoples in the Americas.

Le maïs a toujours occupé, pour les peuples indigènes d'Amérique, une place fondamentale tant dans leur façon de se nourrir que sur le plan spirituel, la plante étant ontologiquement liée à la création, au cycle de vie. C'est une plante sacrée dont le cycle, de la germination à la récolte, symbolise le cercle même de la création. Gary Farmer, que l'on connait avant tout comme acteur ("Dead man" de Jim Jarmush ou "Phnix, Arizona" de Chris Eyre), s'est évertué dans ce beau documentaire à mettre en évidence le lien puissant, profond et avant tout spirituel qu'entretiennent encore aujourd'hui les peuples indigènes d'Amérique du nord et d'Amérique centrale. Le film débute dans les terres traditionnelles de la Confédération des six nations (Sud de l'Ontario et Nord de l'état de New York), plus particulièrement chez les Iroquois, puis se poursuit dans le sud du Mexique, dans la région de San Christobal et celle forestière de Palenque. Gary Farmer fait le lien avec la tradition séculaire, le maïs a ainsi été au cur de la culture des Mayas, et celle des Indiens d'aujourd'hui pour lesquels la plante représente un enjeu tant économique, culturel que politique. Des Iroquois du Nord aux Indiens du Chiapas, à travers interviews, danses et chants, c'est la vitalité et la revendication d'une identité commune à bien des égards qui se manifeste. Le maïs est un don (a gift). Il maintient le lien avec la création et soude la communauté. Ainsi se perpétue la création elle-même.

R/D : Gary Farmer · Ph/C : Alan Lawrence, Alexis Hurtado · M/Ed : Su Rynard · S : Adrian Tucker, Fernando H. Perez · P : Jerry Krepakevich, National Film Board of Canada · 48 min · Vidéo · Doc · Coul/Col.

 

L'Tusto : To Rise Again

Canada/Namgis 2000

On August 29th 1997, the Namgis First Nation of Alert Bay was rocked to its core. The Bighouse where Native American traditionnal ceremonies were held was now enulfed in flames. Their people stood and wept. This powerful documentary recounts the events resulting from this horrific act of arson, while retracing the cultural signifance of these Bighouses to their past and present way of life.

Une voix nous conte le récit de l'origine du monde pour les Indiens Namgis vivant sur la côte nord-ouest des Etats-Unis. Elle nous dit comment sont apparus les ancêtres, d'abord sous forme d'animaux, d'oiseaux, puis ensuite ont pris forme humaine. Tel fut le cas d'un monstre nommé Namxxelagiyu qui, voulant construire une grande maison, demanda l'aide de l'oiseau tonnerre. Ainsi vit le jour la première grande maison commune des Indiens Namgis. Or en août 1997, celle de la Baie d'Alert fut détruite par un incendie criminel. L'auteur fut condamné à une peine légère. Le film de Barb Cranmer, originaire de cette même tribu, est le récit de la reconstruction de cette grande maison, écho de celle originaire. C'est la manifestation d'une revitalisation d'une culture que l'on tenta au début du siècle de réduire à néant (en outre en interdisant la pratique du potlach), d'une société dont on essaya de détruire les structures sociales. C'est aussi, les autres tribus environnantes aidant à cette reconstruction, le retour sous une autre forme du potlach, cette échange de don d'une tribu à une autre. Magnifiant cet évènement, le film de Barb Cranmer est aussi l'éloge de coutumes "généreuses", ouvertes sur le monde et les autres. La scène de bénédiction de la nouvelle maison donne lieu à de somptueuses danses et à l'exhibition de masques d'animaux impressionnants de beauté.

R/D : Barb Cranmer · Ph/C : Rolf Cutts · M/Ed : Bill Campbell · S : Jeff Henschel, Lisa Kolisnyk · P : Nimpkish Wind Productions, Barb Cranmer, Cari Gree · 54 min · béta · Doc · Coul/Col.

 

 

 

 

Kanehsatake, 270 ans de résistance

Canada/Mohawk 1993

Mohawk Indians fight for their sacred land in Oka, near Montreal. An impressive movie on a 270 years long struggle.

Eté quatre-vingt-dix. Oka, une bourgade dans la banlieue de Montréal. Sur la terre de Kanehsatake, territoire sacré des Indiens Mohawk, un terrain de golf de 18 trous doit être installé. Les femmes de la tribu installent un lieu de prières à l'endroit où devaient intervenir les bulldozers. La police intervient. Les Indiens se rebellent. Il y a mort d'hommes. De tous côtés arrivent des renforts, l'armée canadienne mais aussi les guerriers indiens. La tension monte ; s'installe l'état de siège. Les Indiens occupent le pont Mercier, l'un des principaux axes de Montréal...

Alanis Obomsawin a été présente avec son équipe de tournage -et même seule quand les évènements devinrent plus violents- pendant les longs mois que dura l'affaire.

Rarement les conflits opposant les communautés indiennes aux autorités d'Amérique du Nord ont été étudiés de manière aussi approfondie. Le témoignage est à la mesure du travail accompli et de l'expérience de cinéaste d'Alanis Obomsawin. Au-delà du Québec ou du Canada, le film vaut pour tous les pays du Nord au Sud des Amériques.

R/D : Alanis Obomsawin · Sc : Alanis Obomsawin · Ph/C : Roger Rochat, Susan Trow, Jean-Claude Labrecque, Philippe Amiguet, Zoe Dirse, François Brault, Barry Perles, Jocelyn Simard, André-Luc Dupont · M/Ed : Yurij Luhovy · S : Raymond Marcoux, Marie-France Delagrave, Robert Verebely, Ismael Cordeiro, Serge Fortin, Catherine Van Der Donckt, Juan Gutierrez · Mus : Claude Vendette, Francis Grandmont · P : Wolf Koenig, Alanis Obomsawin · 120 min · 16 mm · Doc · Coul/Col.

 

 

 

 

 

Rocks At Whiskey Trench

Canada/Mohawk 2000

It was one of the saddest incients in recent Canadian history. On August 28 1990, a convoy of 75 cars left the Mohawk community of Kahnawake and filed across Montreal's Mercier Bridge -straight into a horrifying mob that pelted the vehicles with rocks. The targets of this violence were Mohawk women, children and elders leaving Kahnawake in fear of a possible advance by the Canadian army.

Les films d'Alanis Obomsawin, réalisatrice abénaki vivant et travaillant à Montréal, films vus pour la plupart d'entre eux à Amiens, ont toujours été traversés par une énergie farouche et déterminée à témoigner de la condition indienne dans le Canada d'aujourd'hui, des injustices et des violences que subissent les cultures indiennes, mais aussi des revendications identitaires qui, des droits à la terre à la reconnaissance des spécificités culturelles et religieuses, manifestent une volonté de clamer haut et fort le droit à vivre ce que l'on est. Il y a dans ces films l'expression d'une rage, d'une subjectivité à fleur de peau, d'un engagement "physique" que son film précédent "Kanehsatake" illustrait parfaitement. Laissée au plus fort de la lutte entre les Mohawks, les forces de police et l'armée canadiennes par son équipe de tournage terrifiée devant la violence des affrontements, Alanis filma seule avec une petite caméra vidéo la résistance ultime des "warriors" Mohawks. Cinéaste engagée au sens fort du terme, chère au Festival et à son histoire, Alanis Obomsawin ne pouvait pas ne pas être présente pour cette 20e édition. Son nouveau film "Rocks At Whiskey Trench" prolonge "Kanehsatake". Il est centré autour de la communauté Mohawk de Kahnawake qui s'engagea en 1990 dans la lutte contre l'extension d'un terrain de golf sur leurs terres ancestrales et sacrées. Le film montre l'engrenage de la violence, l'orchestration de cette violence et du racisme tant par les forces de police que par une partie de la population blanche qui laisse alors exploser sa rancur et son mépris. Replaçant cette lutte dans un contexte historique, la colonisation française du 17e siècle, la guerre contre les Anglais, la confiscation progressive des terres indiennes au profit des colons, puis des intérêts "économiques", "Rock At Whiskey Trench" nous montre au détour de certaines images, l'entrée de l'armée dans la réserve de Kanehsatake, que l'idéologie westernienne a encore de beaux jours devant elle. Film coup de poing, c'est aussi et surtout un film magnifiant la dignité et la résistance indiennes.

R/D : Alanis Obomsawin · Ph/C : Roger Rochat, René Siou Labelle, Philippe Amiguet · M/Ed : Yurij Luhovy · S : Raymond Marcoux, Ismael Cordeiro, Yves St-Jean · P : Alanis Obomsawin, Documentary East, National Film Board of Canada · 105 min · Doc · Coul/Col.

 

 

 

 

Backroads

Etats-Unis 2000

A woman awakes cover with blood near the body of her dead husband. She remembers nothing. In the same way, a strange force appears in the reservation

De même que le film de Jorge Manzano "Johnny Greyeyes", ce long métrage de shirley Cheechoo, dont le festival avait présenté en 1998 un remarquable court métrage "Silent Tears", est focalisé autour du statut de la femme indienne tant vis-à-vis de sa propre communauté que de l'environnement de la société américaine.

Une femme se réveille ensanglantée près du corps de son mari mort. Elle ne se souvient plus de rien. Parallèlement une étrange force se manifeste dans la réserve, une force qui semble surnaturelle et se révèlera être la manifestation d'une créature mythique appartenant au passé culturel et spirituel de ce peuple. Ce que tente d'exprimer "Backroads", c'est la violence à laquelle est soumise la femme indienne, violence interne, son mari qui la frappe, violence externe, le viol de son patron blanc, le policier raciste et agressif. Mais aussi violence de la justice "blanche" à laquelle se heurte l'avocate indienne. A travers la figure de l'avocate, c'est aussi la difficulté à vivre entre deux mondes, celui des Blancs et celui de son propre peuple, qui s'exprime. Rejetée par les siens, méprisée par les autres, elle tente de se battre afin de protéger sa propre identité et celle de ses "surs". Loin de mythifier l'identité indienne, le film de Shirley Cheechoo en montre les errances, les douleurs, les conflits.

R/D : Shirley Cheechoo · F · Coul/Col

 

 

 

 

 

Johnny Greyeyes

Etats-Unis 1999

"Johnny Greyeyes" embraces a tightly women narrative of memories, dreams, and desires. The eyes of Johnny have seen more of the world than most. Since the shooting death of her father, Johnny has spent most of her life in one form of prison or another

Une jeune femme indienne sort de prison et tente de renouer avec sa famille. En une série de flash-back, le pourquoi de son emprisonnement nous est donné : pour protéger son jeune frère des violences répétées de son père alcoolique, elle a tué celui-ci. Le frère qui a refait sa vie hors de la réserve, refuse de la revoir. Sa mère tente vaille que vaille de garder le lien, de transmettre un peu d'amour. Durant son séjour en prison, elle a connu d'autres violences, d'autres humiliations, mais aussi l'amour avec une autre détenue.

Ce film de fiction de Jorge Manzano est le portrait d'une jeune femme indienne en quête tant d'un retour au sein de la famille que de ses racines culturelles. Il est l'expression d'une situation de la femme indienne, des difficultés que celle-ci rencontre pour exister en tant que telle, de la violence masculine le plus souvent liée à l'alcoolisme et à la perte des repères et des valeurs culturelles. Entre deux prisons, celle des hommes blancs et celle que lui impose une forme d'acculturation, le personnage de Johnny se cogne la tête contre des murs, cherche un peu de lumière dans un univers sombre et désespérant.

 

R/D : Jorge Manzano · Sc : Jorge Manzano · Ph/C : Marcos Arriaga · S : Benito Amaro · P : Nepantla Films, Jorge Manzano, Phyllis Ellis, Thimothy Hill · 80 min · Super 16/35 mm · F · Coul/Col · Cast : Gail Maurice, Columpa Bobb, Jonathan Fisher.

 

 

 

 

 

Kinaalda : Navajo Rite Of Passage

Etats-Unis / Navajo 1999

"Kinaalda : Navajo Rite Of Passage" takes viewers inside a coming-of-age ceremony, a tradition that has remained unchanged for generations. This documentary follows 13-year old Tanya Sheperd's initiation into womanhood during a rite of passage that also connects her to her Navajo community and culture.

A l'instar d'une autre cinéaste navajo, Arlene Bowman auteur de "Navajo Talking Picture" et "Song Journey" programmés au Festival en 1987 et 1995, Lena Carr à travers son film tente de se réapproprier une part de son héritage culturel, élevée qu'elle fut hors de la réserve et hors de son monde originel. Elle le fait de façon détournée en filmant la cérémonie initiatique d'une jeune Navajo, celle du passage au statut de femme qui lie de façon quasi "ombilicale" l'adolescente à son peuple, à sa culture, cérémonie qu'elle n'a pas connue et qu'ainsi, d'une certaine façon, elle peut enfin accomplir. "A travers mon film, je deviens une part de mon passé" dit-elle. Et ce passé est autant le sien propre que celui toujours aussi vivace et vécu comme tel par le peuple navajo. L'intérêt du film vient de là : il est filmé de "l'intérieur" et en aucun cas la cérémonie, ses préparatifs, son accomplissement, sa force spirituelle, ne se réduisent à un quelconque regard folklorique ou anecdotique. Ce qui apparaît alors c'est la force communautaire d'une culture qui a toujours su lier l'homme à son environnement, l'homme à la création, création perçue et vécue comme vivante et en mouvement. La beauté de la terre navajo, celle des chants, des prières, l'harmonie qui lient l'individu à sa communauté, à son environnement, transparaît dans ce documentaire qui nous parle d'un autre univers, plongeant ses racines dans le passé afin de mieux vivre le présent.

 


R/D : Lena Carr · Ph/C : Aaron Carr · M/Ed : David Aubrey · S : Michael Becker · Mus : Dawn Chambers, Kyle Carr · P : Prairie Dog Films, Lena & Aaron Carr · 56 min 46 · Doc · Coul/Col.

 

 

 

 

Altzatzilistli - La quête de l'eau

Mexique / Nahuas 2000

Indians Nahuas of Acatlan (in the state of Guerrero) make a ritual for obtaining water from their gods.

Les Indiens Nahuas du village d'Acatlan (dans l'état de Guérero) accomplissent en ce 2 mai 1999, un rituel qui date du temps des Aztèques. Pour obtenir l'eau nécessaire au développement du maïs, ils sacrifient aux dieux anciens plusieurs volailles. Cette cérémonie symbolique évoque d'autres sacrifices plus importants. Pour montrer leur bonne volonté, ils simulent des combats de tigres : deux lutteuses s'assènent des coups aussi violents que bruyants. Ils tendent ainsi à simuler le tonnerre. D'autres font claquer des fouets, souples et rapides, comme l'éclair... De la sorte, les dieux là-bas dans la montagne entendront la dévotion des fidèles et verront briller les flammes des bougies qui les invoquent. Ce film est très important pour les Indiens Nathuas. Il est le témoignage de l'un des aspects fondamentaux de leur l'histoire et de leur culture.

 

R/D : José Luis Matias Alonso (Nahua, Guerrero) · Sc : José Luis Matias Alonso · Ph/C : José Luis Matias Alonso · M/Ed : José Luis Matias Alonso, Sergio Julián Caballero · P : Altepetl Nahuas de Guerrero A. C. · 17 min · Betacam · Doc · Coul/Col.

 

 

 

 

 

 

Been Rguil Guialnzak - En cherchant le bien-être

Mexique / Zapotèque 1997

A remote village, of the Zapotèque community, is confronted with the dependence on products coming from the town.

Maria Santiago Ruiz, la réalisatrice, est une femme engagée dans la vie de San Pedro Quietoni, son village dans la montagne. Cette communauté Zapotèque est confrontée à l'isolement et donc à la dépendance par rapport aux produits provenant de la ville. Il est fondamental pour eux de briser ce cercle vicieux : pour obtenir des produits, il faut de l'argent. Pour avoir de l'argent, il faut s'exiler à la ville, à l'étranger. Ce film dit le refus des modèles importés qui jusque là ont tous fait faillite. Jusque dans l'habitat "moderne", si moderne qu'il ne peut résister aux tremblements de terre alors que les demeures ancestrales sont toujours debout... Ce documentaire, de facture classique, est pétri de sagesse et de générosité. Il est l'uvre d'une cinéaste qui considère que sa caméra vidéo est aussi utile que l'outil destiné à son champ.

 

R/D : Maria Santiago Ruiz, Eugenia Martinez Reyes · Sc : M. S. Ruiz, Eucario Angeles · Ph/C : M. S. Ruiz, E. M. Reyes · M/Ed : M. S. Ruiz, E. M. Reyes · P : Grupo Solidario de Quiatoni · 20 min 47 · Betacam · Doc · Coul/Col.

 

 

 

 

 

 

Cha'anantsjana - Le jeu de la maturité

Mexique / P'urhepecha 2000

The ceremony of seduction of young indians P'urhepecha in the state of the Michoacan.

Une cérémonie d'hier, des jeunes d'aujourd'hui. Pas n'importe lesquels, des Indiens P'urhepecha dans l'état du Michoacan, au nord-ouest de Mexico. Année après année, se répète un rite de passage : les garçons doivent prouver aux filles qu'ils ont assez de maturité pour les faire rire, les nourrir, les séduire. Les jeunes filles doivent accomplir la même démarche à leur égard. Au bout de trois jours où les jeunes mènent la danse (au sens propre comme au figuré), les jeunes filles élisent un garçon. Et deviennent jeunes femmes. Ce "jeu de la maturité" pose avec finesse la question de la sauvegarde de l'identité indienne dans un contexte urbain moderne.

 

R/D : Dante Cerano Bautista · Sc : Dante Cerano Bautista · Ph/C : Dante Cerano Bautista · M/Ed : Dante Cerano Bautista · P : EXE Video Indigena, Michoacán · 26 min · Betacam · Doc - Coul/Col.

 

 

 

 

 

 

Espiritualidad Mixe - La spiritualité mixé

Mexique / Mixé 1999

The Zempoaltèpetl mountain is a sacral place, where ceremonies are prepared by the indians mixé.

Le mont Zempoaltèpetl est l'une des places sacrées des Indiens Mixé. Il est à leurs yeux peuplé de figures divines, bénéfiques ou maléfiques et doit, à ce titre être respecté et honoré. Malgré l'impact énorme de la religiosité catholique, les cérémonies qu'y perpétuent depuis des temps immémoriaux les Mixé, sont toujours là. Ce film est particulièrement important pour qui pense qu'une culture peut survivre à des siècles de colonisation, pourvu qu'elle ait de vraies racines populaires.

 

R/D : Carlos Martínez Martínez · Sc : Carlos Martínez Martínez · Ph/C : Carlos Martínez Martínez · M/Ed : Carlos Martínez Martínez · P : Comunalidad A.C. y Servicios del Pueblo Mixe A.C. · 7 min · Betacam · Doc · Coul/Col.

 

 

Guia Too - Montagne toute-puissante

Mexique / Zapotèque 1999

A holy song from the mountains of the Rincón in the Sierra Juárez, express the spirituality of the indigen's people.

Un hymne à la montagne, du Rincon de la Sierra Juanrez, au cur du pays Zapotèque, un chant où s'élève la spiritualité des peuples indigènes. Ici, le sacré s'exprime en des gestes d'autant plus simples que la nature y est grandiose et respectée. Les chants et les récits des hommes se mèlent à la magie qui émane de la montagne toute-puissante. La narration subtile de "Guia Too" nous fait passer du documentaire à l'essai visuel, à la poésie pure. "Guia Too" est l'une des uvres les plus abouties et marquantes de l'expression audiovisuelle indigène "moderne".

 

R/D : Crisanto Manzano Avella · Sc : Crisanto Manzano Avella · Ph/C : Crisanto Manzano Avella, Julio Manzano · M/Ed : Crisanto Manzano Avella · P : Pueblos Unidos Del Rincón de la Sierra Juárez, Oaxaca · 53 min · Betacam · Doc - Coul/Col.

 

 

 

 

 

Junkaua Axu - Retourne chez toi

Mexique / P'urhepecha / Michoacan 1998

The identity losing of the new generation in the urban univrers through the medias.

Dans ce documentaire fictionné, le cinéaste s'adresse aux jeunes et tente de dire la perte de leur identité dans l'univers urbain : alcoolisme, drogues et imitation des modes de vie nord-américains. Autour d'une émission de radio, surgissent les difficultés quotidiennes. En contre-point, une jeune fille est fascinée par la tenue d'une star des télénovelas... Un film tonique, qui prend en compte la jeunesse en milieu urbain.

 

R/D : Dante Cerano Bautista P'urhepecha, Michoacán · Sc : Dante Cerano Bautista · Ph/C : JDante Cerano Bautista · M/Ed : Dante Cerano Bautista · P : EXE Video Indigena, Michoacán · 14 min · Betacam · Doc · Coul/Col.

 

 

 

 

Las Voces Del Uarhi Lurixe - Les voix de l'Uarhi Lurixe

Mexique / P'urhepecha 1998

The traditional's gods of the Pur'hepechas community have been replaced by christian's beliefs. This film show the preparation of the Virgin procession.

Les dieux traditionnels P'urhepechas ont été remplacés par la foi chrétienne. La dévotion à la Vierge est dans le village de Santa Fé de la Lagune, l'expression de leur identité et le lien avec les dieux anciens. La préparation d'une procession et la dévotion qui l'entoure, les gestes des femmes et leurs chants sont autant de signes d'un syncrétisme religieux plus fort qu'on ne pourrait le croire. Entre documentaire et clip musical, un essai original.

 

R/D : Raúl Máximo Cortés (P'urhepecha) · Sc : Raúl Máximo Cortés · Ph/C : Raúl Máximo Cortés · M/Ed : Raúl Máximo Cortés · P : Centro de Video Michhoacán · 7 min · Betacam · Doc · Coul/Col.

 

 

 

 

Moojk - Le maïs

Mexique / Mixé 1996

A film about the corn. This food, but also think of respect for the villager of Tamazulapan Mixe is an essential element in their life.

Le maïs est pour les villageois de Tamazulapan Mixe, l'élément fondamental de leur vie quotidienne, mais aussi de leur culture et de leur spiritualité. Et il est tant de type de maïs. Chacun a son secret, implique des attentions et des gestes spécifiques. Chaque maïs a une fonction et répond à un besoin. Le maïs, s'il est un aliment, est aussi objet de respect. Car il dit et porte tant d'histoires, de rituels et d'offrandes. Car il a été donné aux Indiens Mixé et il importe de s'en montrer digne. De saluer la Madre Tierra, la terre mère. Une production originale du groupe Video Tamix, une association autonome créée par les Indiens Mixé.

 

R/D : Tito Antunez Nuñez · Sc : Genaro Rojas Ramirez · Ph/C : Hermenegildo Rojas · M/Ed : Hermenegildo Rojas, Carlos Martinez · P : Video Tamix · 21 min · Betacam · Doc · Coul/Col.

 

 

 

 

Pidiendo Vida - L'octroi de la vie

Mexique 1996

Guillermo Monteforte shows a gragiral and religious ritual of the Mexicaneros and the Tepehuanos indians : the asking for life.

Aux frontières du document ethnologique, l'uvre de Guillermo Monteforte va au plus profond d'un rituel agraire et religieux, celui de la demande de la vie. L'organisation et la réalisation montrent à quel point la demande de l'octroi de vie est essentielle dans la spiritualité des Indiens Mexicaneros et des Indiens Tepehuanos. Guillermo Monteforte est un cinéaste d'origine italienne, qui vit depuis vingt-cinq ans au Mexique et qui a contribué de manière décisive à l'installation du Centre de Vidéo Indigène de l'Etat de Oaxaca. A ce jour, plus d'une centaine de films vidéos y ont été tournés. La présentation de ce film "non indigène" est une manière de saluer le travail irremplaçable de Guillermo Monteforte.

 

R/D : Guillermo Monteforte · Sc : Guillermo Monteforte · Ph/C : Hugo Vera · M/Ed : Guillermo Monteforte · P : Instituto Nacional Indigenista · 50 min · Betacam · Doc · Coul/Col.

 

 

 

 

Seenau Galvain - La vie continue

Mexique / Zapothèque 1998

The film show the works of the weavers of Sarape, long traditional shawl, in the Mexique and their will to keep and increase the standing of their local crafts.

Le film est caractéristique d'un courant qui traverse la relation à la vidéo de nombreuses communautés indigènes dans tout le Mexique : aux médias modernes sont associées les expressions traditionnelles. Le village qui se bat pour survivre, tente de valoriser son artisanat à ses yeux comme auprès de ceux qu'il pourrait intéresser. Ce film nous fait pénétrer dans les gestes quotidiens des tisseurs de sarapes, ces longs châles zapothèques. Depuis la collecte de la laine et la teinture avec des colorants naturels, jusqu'au tissage tel qu'enseigné par les grands-parents. Sur l'un des sarapes, surgit petit à petit le visage de la "jeune fille aux lys", visage emprunté autrefois par le grand peintre muraliste mexicain Diégo Rivera.

 

R/D : Juan José García · Sc : Juan José García · Ph/C : Juan José García · M/Ed : Juan José García · P : Sociedad Cooperativa Sarapes Arte Y Tradición · 17 min · Betacam · Doc · Coul/Col.

 

 

 

Tejiendo Mar Y Viento - En tissant la mer revient

Mexique 1987

A cinema workshop this women in San Marco del Mar.

L'atelier cinéma des femmes de San Mateo Del Mar. Leurs premiers contacts avec le langage cinématographique et la mise en forme de leur premier film ; leurs réflexions sur l'image des Indiens dans le cinéma mexicain. Le film fondateur -ou à tout le moins le film de référence- du cinéma indien (ou indigène) du Mexique. Tout démarre, pour ces apprenties cinéastes, avec une projection de "Que Viva Mexico" de S. Eiseinstein. "Tejiendo Mar Y Viento" est composé de deux parties : Luis Lupone, cinéaste mexicain témoigne de sa rencontre avec les femmes tisserands de San Mateo... Teofila Palafox présente le film réalisé dans le cadre de cet atelier "La Vida De Una Familia Ikoods". Nous évoquons ce film en introduction du dossier.

 

R/D : Luis Lupone · Sc : Luis Lupone · Ph/C : Mario Luna · M/Ed : Luis Lupone · S : Jesus Sanchez · Mus : Antonio Zepeda (Marenos et Philip Glass) · P : Institut National Indgéniste · 40 min · 16 mm · Doc · Coul/Col et N&B/B&W.

 

 

 

 

Tierra Sagrada - La terre sacrée

Mexique / Tzejtal (Chiapas) 2000

The zapatists communities speak through the picture. Video as a weapon to fight.

Ce film est caractéristique du travail vidéo accompli actuellement dans le Chiapas par les communautés indigènes Zapatistes. Comme le montrent les photos de Paco Vazquez (dans le catalogue et dans l'exposition qui lui est consacrée à l'occasion du festival), une trentaine d'équipements vidéo de base ont été fournis aux communes gérées directement par les Zapatistes. Une formation élémentaire a été donnée par différents relais de solidarité, dont de nombreux professionnels indigènes et les paysans ont ajouté la caméra vidéo à leur panoplie de militant. Car il s'agit pour eux de prendre la parole ou plus précisemment de "prendre image" et c'est dans ce mouvement qui les mène de la tradition orale (en langue tzeltal ou plus rarement en espagnol) à l'expression vidéo, qu'ils créent cet autre regard évoqué par José Reynes dans son introduction à la vidéo indigène. "Tierra Sagrada" a autant de sens dans ce qui est montré de la réalité et de la mémoire de ces ouvriers agricoles traités comme des esclaves dans les plantations, que dans ce qui sous-tend ces images. Dans le hors-champ du film. Un hors-champ qui n'existerait pas, tant le film est ancré dans son contexte. Avec ou sans gros plan, tout ici est affaire de plan large. La scène filmée est intégrée de facto dans la réalité du village. Cadreur et sujet du cadre ne font qu'un et cela se voit et s'entend dans "Tierra Sagrada" comme dans nombre d'autres films tournés dans les municipalités zapatistes et diffusés grâce au travail acharné du "Proyecto de medios du Chiapas".

 

R/D : Collectif du village autonome "17 noviembre" · Ph/C : Féliciano, Emilio, Javier Martinez Francisco, Moises, El Trabajo · M/Ed : Feliciano, Emilio, Carlos Efrain Perez · S : Javier Martinez Francisco · P : Village Autonome "17 Noviembre" -Chiapas · Doc · Coul/Col · 18 min · vidéo

 

 

 

 

No Tempo Das Chuvas - Pendant qu'il pleut

Brésil / Ashinka 2000

Chronical of the Ashinka community's life, during the rain-season.

Chronique du quotidien de la communauté Ashaninka pendant la saison des pluies, réalisée dans le cadre d'un atelier de formation "Video nas Aldeias". La complicité entre les réalisateurs et les Ashaninka permet au film de franchir le reflet du rythme de vie au village et de l'humour de ses habitants.

 

R/D : Isaac Ashaninka, Valdete Ashaninka, Tsirotsi Ashaninka, Jaime Manchineri, Maru Kaxinawa · P : Video nas Aldeias, CTI, Comissão Pro Indio Acre · 38 min · video · Doc · Coul/Col.

 

 

 

 

Xingu, le corps et les esprits

Brésil 1987

The confrontation between the traditional medecine of the Amazonia's Indians and the occidental and modern medecine.

Ce film est le récit d'une rencontre entre deux visions opposées de la santé, de la maladie et de la guérison. Au cur de l'Amazonie, dans la réserve indienne du Xingu, médecins et chamanes tentent de concilier l'esprit scientifique et sa panoplie médicale moderne, avec les pratiques chamaniques qui font appel aux esprits.

Avec le soutien complice du vieux chaman Prepori, désireux de transmettre son savoir aux nouvelles générations, le film devient une sorte de testament que le vieil homme léguait à ses petits-enfants, contre l'oubli de leurs traditions.

Du côté de l'équipe médicale, installée depuis plus de trente ans dans la Réserve, le docteur Douglas réfléchit sur les changements que la médecine moderne provoque par son inévitable interférence dans l'univers indien. Le dialogue interculturel est-il possible entre deux visions du monde antagoniques ?

Mari Correa est l'une des cinéastes engagées depuis de nombreuses années dans le projet "Video nas Aldeias" au Brésil. Son travail avec Vincent Carelli est tout aussi important que celui de Guillermo Monteforte au Mexique. Ils sont des passeurs pour la video indigène.

 

R/D : Mari Corrêa · Ph/C : Dado Aguiar · M/Ed : Mari Corrêa, Etienne Grisel · S : Myau Kayabi · P : Les Films du Village · video · Doc · Coul/Col.

 

 

 

 

Wapté Mnhono, Iniciaçao Do Jovem Xavante - Wapté Mnhono, l'initiation du jeune Xavante

Brésil / Xavante 1987

A documentary about the initiation of the Xavante's boys. A complex and long ritual.

Documentaire sur l'initiation des garçons Xavante, réalisé dans le cadre d'un atelier de formation "Video nas Aldeias". Pour répondre à l'invitation de Divino Tserewahu, quatre réalisateurs indiens viennent le rejoindre dans son village au Mato Grosso pour filmer ensemble ce rituel d'initiation. La signification des différentes étapes de la cérémonie est éclairée par les commentaires des participants de ce complexe et long rituel Xavante.

 

R/D : Caimi Waiassé , Divino Tserewahu, Bartolomeu Patira, Jorge Prodoti, Winti Suya · P : Video in the Village, The Norvegian Program for Indigenous Peoples · 75 min · Video · Doc · Coul/Col.

 

 

 

 

Desempolvando Nuestra Historia - En dépoussiérant notre histoire

Bolivie / Quechua 1999

A video-card from the Quechuas, in the South of Bolivia. They tell us their customs

Sud de la Bolivie. Région de Potosi. Les Indiens Quechuas des communautés de la Caltapi et Silvi nous adressent cette vidéo-carte relative à leurs coutumes et leurs traditions fondamentales. Coutumes mises à mal par les problèmes économiques et l'exode rural qui en découle. Le film mêle éléments documentaires et parties fictionnées.

 

R/D : Alfredo Copa · Sc : Alfredo Copa · P : CEFREC · 27 min · DV Cam · Doc · F · Coul/Col · Cast : Communauté de Caltapi et Silvi.

 

En' Wala

Colombie / Nasa 1999

In the Tierradentro area, in Colombia, the Calderas is one of the most traditional Indian community of the country

Située au sud-ouest de la Colombie, dans la région de Tierradentro, Calderas est une des communautés indiennes les plus traditionnelles du pays. Là, pour les Indiens Nasa, les fêtes religieuses constituent le moment approprié, non seulement pour affirmer leur foi catholique, mais aussi et surtout pour raviver leurs propres valeurs.

 

R/D : Daniel Piñacué Achicué · Sc : Virginie Laurent, Nelson Freddy Osorio · Ph/C : Rafael Albornoz, Nelson Freddy Osorio · M/Ed : Jorge Alonso Caballero · Mus : flûtes et tambours de Calderas · P : Daniel Piñacué Achicué · 20 min · Beta Sp · Doc · Couleur/Color ou Noir & Blanc/Black & White.

 

 

 

Give Us Our Skeletons !

Norvège / Saami 1999

Locked up in the anatomical institute in Oslo, two skeletons are all that is left of Mons Somby and Aslak Hetta, two Sáami men who were hanged for murder in 1854. The researchers at the institute use the skeletons for their experiments, but the relatives wants the skeletons back so that they can give them a decent burial. A historic documentary which also touches the contreversial ideology of eugenics.

C'est le premier film Saami présenté au festival d'Amiens. Les Saamis plus connus sous le nom de lapons (mais l'expression est péjorative à leurs yeux), vivent dans les pays scandinaves. Comme pour beaucoup de peuples indigènes, les frontières entre la Suède, la Norvège, la Finlande et la Russie ne sont pas les leurs. Le film nous entraîne sur les pas de Niillas Somby et de son combat kafkaïen contre l'administration norvégienne pour récupérer les restes de son ancêtre Mons Somby. Celui-ci fut éxecuté en 1854 pour rebellion contre le gouvernement norvégien. Sa dépouille fut récupérée par des "scientifiques" norvégiens qui se livrèrent à une série d'analyses permettant de déterminer les caractéristiques raciales des indigènes. Et de les classifier afin de justifier un ensemble de lois racistes qui ont précédé les lois nazies en Allemagne.

"Give Us Our Skeleton !" lève le voile sur une des faces cachées de l'histoire de l'Europe : stérilisation forcée de milliers de femmes, eugénisme, etc... Niillas Somby a dû s'exiler de longues années au Canada du fait de son engagement pour les droits du peuple Saami.

 

R/D : Paul Anders Simma · 50 min · 35 mm · Doc · Coul/Col.

 

 

 

Act Of War

Hawaï 1993

In mid-January, 1893 , armed troops from the U.S.A. Boston landed at Honolulu in support of an act of treason against the Constitutional Government of the Hawaiian Kingdom. The event was described by U.S. President Grover Cleveland as "an act of war".

Stylized re-enactments, archival photos, historic quotes and presentations by Hawaiian scholars tell Hawaiian history through Hawaiian eyes.

1893. Les troupes américaines envahissent le royaume indépendant de Hawaï. Le président de l'époque, Grover Clereland, qualifiait "d'acte de guerre" cette intervention armée. Puhipan et Joan Lander ont mené une longue enquête sur les circonstances qui ont amené Hawaï à devenir le cinquantième état des Etats-Unis. Le renversement de la Reine Lili'uokalani comme les mesures administratives et policières du gouvernement de Washington sont passées au crible des analyses des chercheurs et universitaires les plus compétents. Images d'archives et reconstitutions des scènes historiques permettent à "Act Of War" de répondre à son objectif affirmé : faire prendre conscience aux Maoris d'Hawaï de leur propre histoire. Et ce, en un langage accessible à tous. On l'aura compris, Puhipan et Joan Lander sont de fervents partisans de l'indépendance des îles d'Hawaï. Leur pays et son histoire ont une vocation autre que d'être le paradis du soleil et de la mer, du surf et du sexe.

 

R/D : Puhipau, Joan Lander · M/Ed : Joan Lander, Charles Ewart · S : Pierre Grill, Charles Lukela · P : Na Maka o ka'aina, Puhipau, Joan Lander · 57 min · video · Doc · Coul/Col.

 

 

 

Paroi

Tahiti 2000

A journey into the tahitian cinema and the story of its founder, Henri Hiro. An unique document.

"Poroi" nous propose à travers un montage d'archives rares et de témoignages, d'aller à la rencontre du cinéma tahitien. Ce film peut être considéré comme un hommage au comédien, metteur en scène de théâtre et cinéaste tahitien Henri Hiro. En sept titres, Henri Hiro a posé les bases d'une réflexion unique sur la culture maohi en Polynésie et l'a transcrite en langage cinématographique cohérent. Décédé en 1990, Hiro a laissé un grand vide. Rares sont les Polynésiens qui, après lui, ont su atteindre un même degré de perfection et d'authenticité.

 

R/D : Patrick Auzépy · M/Ed : Patrick Auzépy · P : Maison de la Culture Tefare Tahiti Nui/ICA · F · Coul/Col · 76 min · Béta.

 

 

Tarava

Tahiti / Maohi 1985

Despite the missionary's interdiction of musical instruments, the polynesian spirituality developped a great sense of rythm and dance.

Quand les missionnaires s'implantèrent en Polynésie, ils n'eurent de cesse d'interdire les chants et les danses traditionnelles car elles exprimaient les "perversions et la luxure" de ces peuples païens. Furent ainsi bannis les tambours et les flûtes, instruments de base de la musique polynésienne. Seul le chant choral était permis. Et les Polynésiens s'adaptèrent. Ils introduisirent dans le chur une série de voix de basse masculines destinées à rythmer le chant (en lieu et place du tambour) et un chanteur solo (en lieu et place de la flûte). Le reste de la chorale suivait et pouvait restituer les musiques anciennes. Ainsi sont nés les Himéné Tarava. Chaque île ou groupe d'îles a ses propres Himéné Tarava.

Le film d'Henri Hiro, plus qu'une quelconque compilation, nous propose une véritable incursion dans l'univers musical et spirituel polynésien. "Tarava" est d'une richesse musicologique étonnante, mais il n'est pas que cela. Chaque type d'Himéné Tarava se trouve introduit par une ponctutation poétique en Tahitien puis en Français. Long fil qui, de chorale en chorale, nous dit l'importance de la générosité, de l'ouverture sur l'autre dans la tradition des îles. La poésie comme véhicule privilégié de la pensée.

Ce qui surprendra le plus (et c'est ce qui fait la force étonnante de ce film) c'est la manière dont sont filmées les montagnes et les vallées, les eaux de la terre et celles de l'océan. Il y a dans les images du jeune chef opérateur tahitien de ce film, une sensibilité, une sensualité, une spiritualité inégalable. L'image, au-delà de l'adéquation exacte entre chaque île montrée et le chant qu'elle a produit, traduit parfaitement la relation de l'homme polynésien à sa terre ancestrale. Ainsi les longs mouvements de caméra qui semblent épouser la montagne, se mêlent aux forêts touffues comme à la recherche des esprits d'autrefois.

"Tarava" est le film fondateur du cinéma documentaire tahitien.

 

R/D : Henri Hiro · Ph/C : Angelo Oliver · P : Harri Aunao 90 mn · Doc · 16mm · Coul/Col.

 

 

 

 

 

The Feathers Of Peace

Nouvelle-Zélande / Maori 2000

"The Feathers Of Peace" reveals the secret shared by Maori and Pakeha for more than two centuries -the destruction of a race. This film retraces the final impac with both races had on the indigenous Moriori of the Chatham Islands.

Flash-back. 29 novembre 1791. Le navire britannique le Chatham vogue de la Nouvelle-Zélande vers Tahiti. Pris dans une tempête, le Chatham échoue sur une île à 500 miles à l'Est de Maori. Le premier contact avec les Moriori fut terrible... Ces hommes pacifiques n'étaient pas préparés à une telle intrusion.

 

R/D : Barry Barclay · Ph/C : Micheal O'Connor · M/Ed : Bella Erikson · S : Dick Reade · P : New Zealand Film Commission · 82 min · Docu fiction · Coul/Col ou N&B/B&W · Cast : Sonny Kirikiri, Calvin Tuteao, John Callen, Michael Lawrence, Star Gossage.

 

Ngati

Nouvelle-Zélande / Maori 1987

"Ngati" is set in the tiny Maori community of Kapua on the East Cape, in 1948. Change is in the air : truckies threaten to displace drovers and the old freezing works, the district's main employer, is clearly on the brink of closure.

1948 à Kapua, une petite ville côtière de Nouvelle-Zélande. Un Australien, jeune docteur, vient rendre visite à une famille non-Maori. Le père est le médecin de la ville, et sa fille en est l'institutrice. Sa relation avec le jeune australien est houleuse. Elle réagit avec colère à ses manières arrogantes et à ses remarques désobligeantes à l'égard des Maoris, qu'il compare aux Aborigènes australiens, dans des termes peu flatteurs. Cependant, elle remarque que lorsqu'ils se promènent, il accepte totalement les Maoris. A côté du monde des adultes, des enfants vivent une apparente insouciance. Mais des changements se profilent à l'horizon... Ngati est le premier long métrage fiction tourné par un Maori.

 

R/D : Barry Barclay · Sc : Tama Poata · Ph/C : Rory O'Shea · M/Ed : Dell King · S : Robert Allen · Mus : Dalvanius · P : Pacific Films, John O'Shea, Craig Walters, Tama Poata · 89 min · 35 mm · F · Coul/Col · Cast : Tuta Ngarimu Tamati, Ngawai Harrison, Wi Kuki Kaa, Oliver Jones, Ross Girven.

 

Harry's War

Australie 1999

Harry and his friend Mitch leave their country to fight in Papua New Guinea during the Second War. This event hurts their families and their friends.

Seconde Guerre Mondiale. Tous les continents sont touchés par la guerre. Deux Australiens, Harry et son ami Mitch partent combattre en Papouasie Nouvelle Guinée. Leur départ provoque de nombreuses perturbations aussi bien dans leurs familles que chez leurs amis.

 

R/D : Richard Frankland · Sc : Richard Frankland · Ph/C : Peter Zakharov · Mus : Mark Tarpey, Neil McGrath · M/Ed : Jill Bilcock · P : John Foss, Richard Franklin · F · Coul/Col · 26 mn · 35 mm · Cast : David Ngoombujarra, Peter Docker.

 

Radiance

Australie 1998

For the burial of their mother, three sisters, separated by the life, meet again. By knowing family's secrets and taboo, they will be reconciled.

Plus proche des traditions aborigènes, Rachel Perkins nous invite à rencontrer, à l'occasion de l'enterrement de leur mère, trois surs que la vie a séparées. C'est l'occasion pour Cressy, Mae et Nona de se retrouver et d'évoquer leurs souvenirs. Mais seule la douloureuse, néanmoins nécessaire, confrontation avec les secrets et les tabous de l'histoire familiale permettra leur réconciliation.

 

R/D : Rachel Perkins · 90 min · F · Coul/Col · Cast : Rachel Maza, Deborah Mailman, Trisha Morton-Thomas.

 

Strike Your Heart

Australie 1997

1967 was the time for change, mainly in Broome, a quiet town on the coast of the north west Australia. The Aboriginal people were wining the right for the obtention of their civil rights. Everything was going to change for a Metis boy of ten.

1967. Broome, petite ville tranquille de la côte nord-ouest de l'Australie. Tout semblait immuable. Et pourtant, ce fut le temps du changement, après des années de lutte, les Aborigènes gagnaient la bataille pour les droits civiques. Tout allait aussi changer pour un jeune garçon de dix ans...

 

R/D : Wayne Barker · Sc : Wayne Barker · Ph/C : Alex Mc Phee · M/Ed : Liz Goldfinch · P : Nicki Luckas · 18 min · 35 mm · F · Couleur/Color.