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 · 15 x 15 - Le Patrimoine Cinématographique Européen

Trésors cachés, longs métrages de grande qualité mais qui n'ont pu bénéficier, en leur temps, d'une notoriété suffisante hors de leurs frontières nationales. Quinze films. Choisis par quinze réalisateurs de chacun des quinze Etats membres de l'Union européenne. Une occasion rare de découvrir la richesse d'un patrimoine cinématographique commun. C'est dans cet esprit de mise en valeur d'une mémoire commune que s'inscrit le nouveau programme de films de la Coordination Européenne des Festivals.

L'une des fonctions essentielles d'un festival est la découverte de cinéastes, de cinématographies, de genres et tendances qui, sinon seraient ignorés ou négligés.

Le programme 15x15, établi par les festivals membres de la Coordination Européenne des Festivals, s'inscrit dans cette définition. Et propose de partager, avec les milliers de spectateurs européens, ces perles cachées qui n'ont jamais eu, pour des raisons plus commerciales qu'artistiques, la chance de voyager à travers leur propre continent et d'y être appréciées à leur juste valeur. Il répond à une volonté des festivals membres de la Coordination de collaborer, ensemble, à la réalisation d'un projet commun . Et constitue un moyen pragmatique de "construire l'Europe".

Un livre accompagne le programme 15x15. Véritable ouvrage de référence, il réunit une riche documentation technique et artistique sur les films, leur contexte et leurs auteurs, et présente les réalisateurs sollicités pour l'élaboration de ce programme.

Le 20e Festival International du Film d'Amiens présente, pour la première fois en France, le programme 15x15.

La Coordination Européenne des Festivals de Cinéma a mis en place un programme de 15 films-clé de 15 Etats membres de l'Europe, choisis par 15 cinéastes européens. Les cinéastes qui ont sélectionné les films sont :

Giani Amelio (IT), Jim Sheridan (IRL), Lars Von Trier (DK), Marion Hänsel (B), Manoel de Oliveira (PT), Jack Cardiff (UK), Aki Kaurismäki (FI), Donato Rottuno (LX), Fernando Trueba (ES), Johan van der Keuken (NL), Jan Troell (S), Ulrike Ottinger (D), Theo Angelopoulos (GR), Michael Haneke (AT), Bertrand Tavernier (FR).

Les films qui seront présentés sont :

La dame d'onze heure de Jean Devaivre (France, 1947)
L'homme au crâne rasé de André Delvaux (Belgique, 1965)
Paradis ou enfer de Wolfgang Mürnberger (Autriche, 1990)
L'ogre d'Athènes de Nikos Koundouros (Grèce, 1956)
Traces de fumée de Frans van de Staak (Pays-bas, 1992)
Le bon et le mauvais de Jorgen Leth (Danemark, 1975)
Un homme perdu de Peter loore (Allemagne, 1951)
Les vertes années de Paulo Rocha (Portugal, 1963)
Placido de Luis Garcia Berlanga (Espagne, 1961)
Troublemaker de Andy Bausch (Luxembourg, 1988)
Une question de vie ou de mort de Michael Powell et Emeric Pressburger (G-B, 1946)
Rien qu'une mère de Alf Sjoberg (Suède, 1949)
Les légions de Cléopatre e Vittorio Cottafavi (Italie, 1959)
Les huit balles meurtrières de Mikko Niskanen (Finlande, 1972)
Angel de Neil Jordan (Irelande, 1982)

Ce programme vise à une redécouverte d'oeuvres importantes mais peu connues du cinéma européen. Il est inédit en France et c'est au Festival International du Film d'Amiens qu'aura lieu la première française.

 


La dame d'onze heures

de Jean Devaivre - (France, 1947) - Choisi par Bertrand Tavernier

A private detective called S.O.S. is hired by a family for an inquiry into some anonymous letters. The son of the family is killed violently, and his father is injuried. A boat called "La dame de onze heures" seems to holdmany secrets ...

Stanislas Oscar Seminario, dit SOS, jeune explorateur de retour d'Afrique, se rend chez ses amis Pescara. La famille est dans un drôle d'état : le père, Gérard, reçoit des lettres anonymes en cascade. Quand celui-ci meurt, empoisonné, SOS se transforme en détective et décide de mener l'enquête...

"Dans un premier film extrêmement brillant, Jean Devaivre passe du fantastique à la comédie policière, enchaîne une séquence de film noir admirablement photographiée sur des plans oniriques ou néo-réalistes, s'amuse à changer de point de vue au milieu d'une scène, à faire brusquement parler des personnages à la caméra. A opposer images et musique, encore une réussite de Joseph Kosma. La scène d'ouverture est anthologique : l'auteur intègre à un savoureux pastiche de film-annonce de fantasmagoriques marionnettes. Les dialogues de Jean-Paul Le Chanois sont très savoureux. Il en va de même pour l'interprétation magistrale de Pierre Renoir, de Pierre Palau (que l'on retrouve dans La ferme des sept péchés) et surtout de Jean Tissier."

Bertrand Tavernier

 

Biographie de Bertrand Tavernier :

Critique et historien de cinéma, attaché de presse, Bertrand Tavernier est né le 25 Avril 1941 à Lyon. Il a réalisé à ce jour 2210ngs métrages (fictions ou documentaires) pour le cinéma et la télévision. Ardent défenseur du droit des cinéastes à être maÎtres de l'intégrité de leur OEuvre, Bertrand Tavernier s'est également investi dans la solidarité avec les immigrés sans-papiers.

Films : 1973 : L'horloger de Saint Paul ; 1975 : Que la fête commence ; 1976 : Le juge et l'assassin ; 1977 : Des enfants gâtés ; 1979 : La mort en direct (Death watch) ; 1980 : Une semaine de vacances ; 1981 : Coup de torchon ; 1982 : Philippe Soupault (documentaire) ; 1983 : Mississippi blues (documentaire) ; 1984 : Un dimanche à la campagne ; 1985 : Autour de minuit (Round midnight) ; 1987 : La passion Béatrice ; 1988 : Lyon, regard intérieur (documentaire) ; 1989 : La vie et rien d'autre ; 1990 : Daddy nostalgie ; 1991 : La guerre sans nom (documentaire) ; 1991 : L.627 ; 1994 : La fille de D'Artagnan ; 1995 : L'Appât ; 1996 : Capitaine Conan ; 1997 : De l'autre côté du périph' (documentaire) ; 1999 : Ça commence aujourd'hui.

 

 

R/D : Jean Devaivre · Sc : Jean-Paul Le Chanois · d'après/From Pierre Apestéquy · Ph/C : René Gaveau · Mus : Joseph Kosma · P : Neptune · 97 min · 35 mm · F · N&B/B&W · Cast : Paul Meurisse, Micheline Francey, Jean Tissier, Pierre Louis, Junie Astor, Pierre Renoir, Gilbert Gil, Jean Debucourt, Jean Brochard, Pierre Palau.

 

 

Biographie de Jean Devaivre

Jean Devaivre est né en 1912. Décorateur puis assistant, avant la Deuxième Guerre Mondiale, de Pierre Colombier, Maurice Tourneur (La main du diable), Pierre Billon, Leo Joanon (Alerte en Méditerranée), Jean Devaivre a également participé au montage de Boudu sauvé des eaux de Jean Renoir (non crédité) et de Cessez le feu de Jacques de Baroncelli. Il tourne également une douzaine de courts métrages (de 1941 à 1947). Jean Devaivre a réalisé dix longs métrages :

1945 : Le roi des resquilleurs ; 1947 : La dame d'onze heures ; 1949 : La ferme des sept péchés ; 1949 : Vendetta en Camargue ; 1950 : L'inconnue de Montréal ; 1951 : Ma femme, ma vache et moi ; 1952 : Un caprice de Caroline chérie ; 1953 : Alerte au Sud ; 1954 : Le fils de Caroline chérie ; 1956 : L'inspecteur aime la bagarre.

L'homme au crâne rasé

de André Delvaux - (Belgique, 1965) - Choisi par Marion Hänsel

Govert Miereveld, a barrister and teacher in a flemish town, falls secretly in love with his young pupil Fran, an inaccessible beauty who soon disappears. We will never know whether he really killed her.

Comment Govert Miereveld, avocat et professeur dans une ville flamande, conçoit un amour secret pour sa jeune élève Fran, beauté inaccessible et bientôt disparue. Comment, plus tard, l'imperceptible dérèglement mental de Govert s'accentue sous le choc d'une autopsie à laquelle il est contraint d'assister. Comment il retrouve -ou croit retrouver- Fran et ce qui s'ensuit. Comment on ne saura jamais s'il l'a vraiment tuée.

L'homme au crâne rasé est le premier film belge que j'ai vu. J'avais 16 ans et je ne l'ai pas oublié. Il ne ressemble en rien à ce que j'avais l'habitude de voir, des westerns, des comédies françaises, du néo-réalisme italien. Il parlait une langue étrange qui pourtant était la mienne, il montrait une ville, un pays étranges qui pourtant étaient les miens. Ces univers quotidiens que je connaissais m'étaient montrés autrement. Le rythme, la musicalité des mots étaient décalés par rapport à la réalité et m'entraînaient dans un "ailleurs". Comme le personnage central, Govert, je me sentais envoûtée, prise d'une étrange langueur, contre laquelle je ne pouvais lutter et qui me plaisait. Ce n'était pas Fran qui me charmait, mais bien le film qui m'aspirait dans son étrange spirale."

Marion Hänsel

 

Biographie d'Andé Delvaux

C'est seulement à partir des années soixante - dans ses premières années de pleine maturité - qu'André Delvaux entre vraiment "en cinéma".

Né à Louvain en 1926, il connaît d'abord un parcours universitaire (philologie germanique) et musical (piano et composition) orienté vers les beaux-arts et l'enseignement littéraire, à la fois en néerlandais et en français.

Professeur, il tourne ses premiers films en amateur avec ses étudiants, accompagne au piano les classiques muets montrés par la Cinémathèque, anime pour l'Université de Bruxelles un séminaire de langage cinématographique à l'Institut Solvay, tourne pour la télévision des reportages sur le cinéma polonais, sur Fellini et Rouch, participe dès 1962 avec Raymond Ravar, Ghislain Cloquet, Jean-Claude Batz et Jean Brismée à la création de l'INSAS, I'école dont sortiront la plupart des cinéastes de la nouvelle génération.

C'est là que se constitue l'équipe avec laquelle il réalise en 1965 L'homme au crâne rasé, coup d'éclat qui marquera la percée internationale du cinéma belge.

Suivent alors sept ou huit films, dont deux en flamand, couronnés dans de nombreux festivals cinématographiques, où il développe la même ligne rêveuse et musicale : Un soir, un train; Rendez-vous à Bray; Belle; Avec Dieric Bouts; Femme entre chien et loup; Benvenuta; To Woody Allen; from Europe with love; Babel Opera; L'uvre au noir. Il en a souvent tiré les thèmes d'oeuvres littéraires très élaborées, de Johan Daisne, Julien Gracq, Suzanne Lilar, Marguerite Yourcenar.

Dans un cinéma belge généralement voué au documentaire réaliste et social, il a réintroduit la dimension imaginaire et poétique du "réalisme magique", dont Johan Daisne lui avait jadis montré la voie.

Films : Forges (1956 - court) ; Haagschool (1962 - court) ; De man die zijn haar kort liet knippen (1965) ; Les interprètes (1968 - court); Un soir, un train (1968) ; Rendez-vous à Bray (1971) ; Belle (1973) ; Met Dieric Bouts (1975 - court) ; Een Vrouw tussen Hond en Wolf (1979) ; To Woody Allen, from Europe with Love (1980) ; Benvenuta (1983) ; Babel Opera (1985) ; L'Oeuvre au noir (1988) ; 1001 Films (1989).

 

 

 

R/D : André Delvaux · Sc : André Delvaux, Anna De Pagter, D'après/from Johan Daisne · Ph/C : Ghislain Cloquet · M/Ed : Suzanne Baron · Mus : Frédéric Devreese · P : BRT Filmdienst · 94 min · 35 mm · F · Coul/Col · Cast : Senne Rouffaer, Beata Tyszkiewicz, Hector Camerlynck, Luc Philips, Hilde Uytterlinden, Annemarie Van Dijk, Hilda Van Roose, François Bernard.

 

 

 

 

 

 

Biographie de Marion Hänsel

Née à Marseille en 1949, Marion Hänsel créa sa propre société "Man's Films" en 1977, dans le but de réaliser son premier court métrage Équilibres. Le Lit (1982) est son premier long métrage.

Depuis, elle a réalisé six longs métrages, parmi lesquels Dust (Lion d'Argent à Venise), Between the Devil and the Deep Blue Sea (Compétition Officielle, Cannes 1995) et The Quarry (Grand Prix des Amériques et Prix de la Meilleure Contribution Artistique pour la musique à Montréal).

En 1987, elle est élue femme belge de l'année. Après un premier mandat en 1988-1989, elle fut de mars 1996 à mars 1997, présidente de la Commission de Sélection des Films en Belgique. Plusieurs rétrospectives de ses films ont été organisées, notamment à Hongkong, en Argentine et aux Indes. Between the Devil and the Deep Blue Sea a été vendu à 27 pays et Dust, considéré comme un classique, continue à se vendre régulièrement.

Premier long métrage d'André Delvaux, film fondateur du cinéma belge moderne, L'homme au crâne rasé fut pourtant accueilli avec incompréhension, voire hostilité, par une critique nationale qui n'avait pas perçu immédiatement la fulgurance de son étrangeté.

 

Paradis ou enfer - Himmel oder hölle

de Wolfgang Mürnberger - (Autriche, 1990) - Choisi par Michaël Haneke

Early seventies in a small village in Burgenland, Austria : a boy of ten is confronted with two of tthe most prevalent taboos : death and sexuality. The rule of the game is simple : if a Red Indian is shot dead, he just needs to count to hundred to come back to life...

Quand on joue aux Indiens et que l'on est tué, on compte jusqu'à cent pour avoir le droit de continuer de vivre. C'est une règle du jeu toute simple. Dans le jeu, le rêve d'une vie éternelle se réalise. Or pour cet enfant de dix ans, la vie aussi est un jeu, mais quelles en sont les règles ? Wolfgang est un enfant de dix ans. Il est confronté, au début des années 1970, à deux des principaux tabous de notre société : la sexualité et la mort.

R/D : Wolfgang Mürnberger · Sc : Wolfgang Mürnberger · Ph/C : Fabian Eder · M/Ed : Wolfgang Mürnberger · S : Helmut Wimmer, Maria Schärf , Hannes Eder, Walter Christen · Mus : Robert Stiegler, Kurt Hintermayr · P : University of Music and Performing Arta, Departement Film and television, Vienna · 75 min · 35 mm · F · Coul/Col · Cast : Adi Mürnberger, Fabian Weidinger, Johannes Habeler, Lukas Habeler, Ines Ledwinka, Simon Schärf.

L'Ogre d'Athène - O Drakos

de Nikos Koundouros - (Grèce, 1956) - Choisi par Théo Angelopoulos

An obsure clerk who resembles a notorious criminal falls under suspicion, is hounded and becomes accepted as the original by the criminal fraternity. He gradually comes to adopt the role.

Alors qu'il s'apprête à passer seul le Jour de l'An, un petit employé de banque insignifiant découvre avec stupeur qu'il ressemble à un criminel défrayant la chronique, surnommé l'Ogre d'Athènes. Traqué par la police, il trouve refuge dans un cabaret, repère d'une bande de malfaiteurs qui croient le reconnaître et lui proposent de participer à un coup de main. Succombant aux charmes d'une jeune danseuse et à la griserie de devenir "quelqu'un", Thomas se prête au jeu. Bientôt démasqué, il connaîtra une fin tragique...

"Quand j'ai vu le film de Koundouros L'Ogre d'Athènes pour la première fois, c'était en 1956 je crois. Le film venait de sortir. J'étais étudiant à la fac et j'y suis allé entre deux cours. Il y avait peu de monde dans la salle. Les critiques étaient, je me souviens, plutôt réservées, parfois même virulentes. Pour moi, c'était une surprise. J'étais en présence d'un film qui se détournait des sentiers battus du cinéma grec de l'époque, qui tenait compte des leçons du néo-réalisme italien et qui empruntait une direction proche du Dernier des hommes de Murnau. Quelques échappées vers l'expressionnisme, vers ce qu'on appelait, en Grèce, à l'époque, "l'expressionnisme populaire", qui assimilait la peinture et d'autres arts, dans une volonté de créer un style grec. Donc, le film m'a surpris et m'a impressionné. C'était le premier film grec qui, réellement, m'a intéressé. Je l'ai revu bien plus tard. Il gardait toujours cette même fraîcheur et, je dirais, sa singularité. L'Ogre reste aujourd'hui un point de référence, une des conquêtes majeures du cinéma grec."

Théo Angelopoulos

 

Biographie de Nikos Koundouros

Né en Crète en 1926. Diplômé de l'Ecole des Beaux-Arts, il aborde le cinéma en 1954 sans formation technique. Son premier long métrage, Ville magique, sera présenté au festival de Venise (1954). En 1956, L'Ogre d'Athènes le consacre comme l'un des réalisateurs majeurs du cinéma grec et ses films suivant ont confirmé cette reconnaissance internationale.

Filmographie : 1954 : Ville magique (Mayiki poli) ; 1956 : L'Ogre d'Athènes (O drakos) ; 1958 : Les Hors-la-loi (I paranomi) ; 1960 : La Rivière (To potami) ; 1963 : Les Petites Aphrodites (Mikrès Afroditès) ; 1966 : Le visage de la Méduse (To prossopo tis Medousas) ; 1971 : Vortex ; 1974 : Les Chants du feu (Ta tragoudia tis fotias) ; 1978 : 1922 ; 1992 : Byron, ballade pour un démon (Byron, ballanda ya ena demona) ;1998 : Les photographes (I fotografi).

 

 

R/D : Nikos Koundouros · Sc : Lakovos Kambanellis · Ph/C : Kostas Theodorakis · M/Ed : Yorgos Tsaoulis · Mus : Manos Hadjidakis · Déc/AD : Tassos Zografos · P : Athens Film Company · 105 min · Cast : Dinos lliopoulos, Margarita Papageorgiou, Yannis Argyris, Thannassis Vengos, Marika Lekaki, Anestis Vlachos, Theodoros Andriakopoulos, Frixos Nasso.

 

Biographie de Théo Angelopoulos

Né à Athènes, en 1936.Il suit des études de droit, puis de cinéma à l'IDHEC, à Paris. De 1965 à 1967, il est critique de cinéma au quotidien "Dimokratiki Allaghi". En 1968, il réalise le court métrage L'Emission. ll est le plus représentatif des réalisateurs du Nouveau Cinéma Grec. Lauréat de nombreux prix et distinctions dans la plupart des festivals mondiaux, il obtient notamment en 1989 le Felix européen du meilleur film avec Paysage dans le brouillard, en 1995 le Grand prix du Jury à Cannes avec Le Regard d'Ulysse et en 1998 la Palme d'Or du Festival de Cannes avec L'éternité et un jour.

Filmographie : 1970 : La Reconstitution (Anaparastassi); 1972 : Jours de 36 (Merès tou 36); 1975 : Le Voyage des comédiens (O thiassos); 1977 : Les Chasseurs (I kynigui); 1980 : Alexandre le Grand (Megalexandros); 1982 : Athènes (documentaire); 1984 : Voyage à Cythère (Taxidi sta Kythira); 1986 : L'Apiculteur (O melissokomos); 1988 : Paysage dans le brouillard (Topio stin omichli); 1991 : Le Pas suspendu de la cigogne (To meteoro vima tou pelargou); 1995 : Le Regard d'Ulysse (To vlemma tou Odyssea); 1998 : Une éternité et un jour (Mia eoniotita ke mia mera)

 

 

Traces de fumée - Rooksporen

de Frans van de Staak - (Pays-Bas, 1992) - Choisi par Johan Van Der Keuken

A portrait of a woman and 26 witnesses who appear to be accusing her of something but we'll never know what. We'll never even know who she is and who the witnesses are. Acomplex axperiment about space, voice and speech.

Une femme sans nom est confrontée à un interrogatoire. Vingt-six témoins, de A à Z, se succèdent dans un échange entre interrogateur et sujet. L'identité de l'interrogateur est indéterminée et il occupe une position qui n'est pas moins ambiguë que la situation elle même, pendant laquelle il alterne l'interrogatoire serré de la femme (accusée, victime, ennemie partenaire ?) et l'approche bienveillante.

"Trois lieux concentriques. Les témoins occupent le cercle central. Ils comparent leurs notes, échangent leurs avis, leur vision des événements, leurs sentiments sur le personnage central : le suspect. Le cercle extérieur consiste en un nombre important de fragments, morceaux d'espace, endroits : les chambres, cuisines, lieux de travail, cours intérieures que les témoins ont quittés pour se rendre au procès. Dans ce cercle extérieur, différentes conditions sont représentées qui caractérisent la diversité sociale des témoins. (...) Le suspect est dans le cercle du milieu. Elle parle d'elle-même à la troisième personne. Ses réponses sont parfois contraires aux accusations et parfois elles semblent acceptables aux témoins. Les paroles sont lancées avec des buts multiples, les gens sont dans le noir, il n'y a pas de réalité suffisamment univoque pour permettre d'arriver à un verdict unanime. Pour cette seule raison, la femme au centre est coupable, comme chacun est coupable qui se tient à distance de lui-même, séparé de soi par des mots au sens aléatoire. (...) L'argument du film de Frans van de Staak est emprunté à un texte de l'écrivain Lidy van Marissing et fait immédiatement penser au Procès de Franz Kafka.

J. Van Der Keuken

 

 

 

 

 

 

 

 

 

R/D : Frans van de Staak, d'après/From Lidy van Marissing, van Gennep · Ph/C : Bernd Wouthuysen · M/Ed : Hanneke Stark, Franz van de Staak · S : Piotr van Dijk, Marcus Nijssen · Mus : Bernard Kunnekink, wim Jonas · Déc/AD : Serge van Opzeeland · Cos : Henning Camre · P : Ab Praamsrta · min · 35 mm · F - Coul/Col · Cast : Marlies heuer, Peter Blok.

Le bon et le mauvais - Det gode og det onde

de Jorgen Leth - (Danemark, 1975) - Choisi par Lars Von Trier

What's the inner meaning that lies behind what poeple are doing , talking about and feeling ? the film attempts to answer this question.

"La vie doit être explorée et étudiée scrupuleusement. (Le bon et le mauvais) est un film inquisiteur : Quelle est la motivation profonde qui explique les actes, les paroles et les sentiments des gens ? Le bon et le mauvais tente de répondre à cette question. C'est un film qui distingue le bien du mal, la beauté de la laideur, les sentiments instinctifs de la raison, le corps des expressions du visage, la parole des manifestations inconscientes, un effleurement d'une tasse de café. Notre folie doit être systématisée"

Jorgen Leth

Un film expérimental où Jorgen Leth étudie les évènements à travers une sensibilité poétique qui leur donne une nouvelle résonnance.

 

 

R/D : Jorgen Leth · Sc : Jorgen Leth · Ph/C : Svend Bregenborg · M/Ed : Franz Ernst · S : Ole Henning Hansen · Mus : Gunner Moller Pedersen, Sanne salomonsen · Cos : Henning Camre · P : Jorgen Leth Film, the Danish Film Institute/ Commissioning Editor Flemming Behrendt · 80 min · 35 mm · F · N&B/B&W · Cast : Claus Nis, Ulla Gotlieb, Holger Juul Hansen, Ulf Pilgaard, Ghita Norby, Lars Knutzon, Kristen Peulichesen

Un homme perdu - Der Verlorene

de Peter Lorre - (Allemagne, 1951) - choisi par Ulrike Ottinger

In a refugee camp shortly after the war, the physician Dr. Neumeister is reunited with his former assistant, a nazi spy. The night they meet will change everything, and Neimaster will eventually kill his assistant.

Hambourg, peu après la fin de la deuxième guerre mondiale. Le docteur Karl Rothe travaille sous une fausse idendité en tant que médecin militaire dans un camp de réfugiés. Un matin, il rencontre Hoesch, son ancien assistant. Ex-espion pour les nazis, il se fait désormais appeler Novak. Les deux hommes se retrouvent le soir à la cantine où ils échangent leurs souvenirs.

"Le silence, arrangement durable et sûr".

Cette phrase seule résume le thème principal du film et décrit avec une grande justesse l'attitude générale de l'Allemagne après la guerre. Se taire en guise de panacée contre les sentiments de culpabilité et d'insécurité, les punitions, les éventuels inconvénients : contre la reconnaissance de la vérité. Le silence complice est devenu le mensonge socialement accepté, dans lequel beaucoup commencèrent à s'installer confortablement.

Les procès de Nuremberg se sont clos précipitamment en 1949. Pour les USA, il s'agissait de convertir les Allemands à leur anticommunisme hystérique à l'heure du Maccarthysme naissant. (...) Dans ce climat politique prédominant, un homme osa analyser la situation dans un film en utilisant toutes ses possiblités créatrices d'images et de mots. Ce film parlait de ce dont personne ne voulait parler et fut dès lors réduit au silence. Le retour de Peter Lorre en Allemagne tourna court en même temps que son film connut un triste sort : il ne resta que dix jours sur les écrans allemands. Personne ne voulait regarder la vérité en face, présentée sous une forme artistique si adéquate et donc si explosive. Les dialogues mettaient le doigt sur ce que personne ne voulait entendre.»

U.Ottinger

 

 

Biographie de Peter Lorre

Peter Lorre est né en Hongrie en 1904 sous le nom de Ladislav Loewenstein. Il débute en tant qu'acteur de théâtre à Vienne en 1921. Le metteur en scène Jacob Moreno lui donne son nom de scène : Peter Lorre.

En 1929, Lorre fête son premier succès dans des mises en scène de Bertolt Brecht. Son premier rôle, un tueur d'enfants psychopathe dans le film "M. Le Maudit" de Fritz Lang, fait de lui une star mondialement reconnue du jour au lendemain. En 1936, il arrive à Hollywood où les rôles de psychopathes ou autres meurtriers mélancoliques lui collent à la peau. Ses participations à des films tels que Le Faucon Maltais, Casablanca et Arsenic et vieilles dentelles confortent sa place parmi les meilleurs acteurs de son temps.

En 1950, il rentre en Allemagne pour y assurer la mise en scène de son premier et unique film : Der Ver/orene. Déçu et découragé par l'échec du film, Lorre rentre aux USA, où il reste cantonné - jusqu'à sa mort en 1964 - à de petits rôles, le plus souvent dans des séries B.

 

R/D : Peter Lorre · Sc : Peter Lorre, Axel Eggebrecht, Benno Vigny · Ph/C : Vaclac Vich · M/Ed : C.O. Bartning · P : Arnold Pressburger · 98 min · 35 mm · F · N&B/B&W · Cast : Peter Lorre, Karl John, Helmuth Rudolph, Renate Mannhardt, Johanna Hofer.

Biographie de Ulrike Ottinger

Ulrike Ottinger exerça /es métiers de peintre et photographe de 1962 à 1968 à Paris. Elle a écrit son premier scénario "Die mongolische Doppelschublade" en 1966. En 1969, elle fonde à Konstanz la galerie et maison d'édition "Galerie Press" et crée /e cinéclub "Visuell" en collaboration avec la section d'études filmiques de l'Université. Depuis 1973, Ulrike Ottinger vit à Berlin et a à son actif de nombreux films, livres, expositions et travaux théâtraux.

Filme/Films : 1 972/73, Laokoon &SaRnelLaoccon and Sons ; 1 973, BerlinfieberlBerlin Fever ; 1 975, Die Betarang der blauen MatrosenlThe Enchantment of the Blue Sailors ; 1977, Madame X - eine absolute HerrscherinlMadame X - an Abso/ute Ruler ; 1 979, Bildnis einer TrinierinlTicket of no RetuM ; 1 981, Freak Orlando ; 1 984, Dorian Gray im Spiepel der BoulevardpresselThe Image of Dorian Gray in the Yellow Press ; 1 985, China - Die Kunste - der Alitag, eine Reisebeschreibungl ; China. The Arts - The People, a Travel Log ; 1986, Superbla - der StolzlSuperbia - Pride ; 1987, Usinimage ; 1989, Johanna d'Arc of Mongolia / Jeanne d'Arc de Mongolie ; 1990, Countdown ; 1991/92, Taipa ; 1997, Exi/ Shangbai. Theater / Théâtre : 1983, "Clara S." von Elfriede Jelinek ; 1986, "Begierde und Fahrerlaubnis" von ElTriede Jelinek ; 1999, "Die Ver/obung im Feenreiche" von Johann Nepomuk Nestroy. Bucher/books/Livres : Madame X - Eine absolute Herrscherin, Frankfurt am Main- Basel, 1978 ; Freak Orlando - Kleines Welttheater in funf Episoden, Berlin 1981 ; Taipa, Berlin 1993.

En 1943, Rothe, scientifique réputé, travaille à des recherches sur les serums dans un institut hambourgeois. Son assistant Hoesch l'espionne pour le compte du Ministère de la DéTense. Le supérieur hiérarchique de Hoesch informe Rothe que les résultats de ses recherches auraient été vendus aux Anglais. On suspecte sa fiancée, Inge, qui sensible aux avances de Hoesch, aurait couché avec lui. Dans un accès de colère noire, Rothe tue la femme qu'il aime. Le meurtre est maquillé en suicide en raison de la position cruciale de Rothe au sein de l'industrie de guerre allemande. Pourtant quelque chose en lui s'est brisé. Tourmenté par ses sentiments de culpabilité, il veut se suicider. Mais il tue une autre femme lors d'une attaque aérienne. A présent, Rothe prémédite de tuer Hoesch et son supérieur, impliqué dans un complot fomenté par la résistance. La destruction de sa ma ison da ns u n bombardement permet à Rothe de disparaî'tre et de changer d'identité. Au camp, Hoesch lui raconte la suite de l'histoire. L'ancien nazi est prêt à s'engager dans une vie nouvelle au sein d'une Allemagne libérée. Sans scrupules, ni remords, il propose à Rothe un arrangement durable et bilatéral pour garder le silence sur cette affaire. Rothe le tue puis se jette au petit matin sous un train de voyageurs.

Les vertes années - Os verdes anos

de Paulo Rocha - (Portugal, 1963) - Choisi par Manoel de Oliveira

Jùlio, a young and shy provincial, comes to Lisbonto work as a trainee shoemaker in a shop located in the modern part of the city. He falls in love with Ilda, a regular customer who is frightened of his love. He will eventually murder her.

Jùlio, un jeune provincial timide, part travailler à Lisbonne comme apprenti cordonnier. Il est logé chez son oncle, un homme cynique et dur qui se moque de sa crédulité. Malgré son idylle avec Ilda, "une jeune femme moderne", Jùlio ne s'habitue pas à la grande ville. Il demande à Ilda de l'épouser. Mais elle est surprise et s'enfuit. Désespéré, Júlio va à sa rencontre dans son appartement et la tue avec son couteau de cordonnier. À son retour, Júlio s'arrête dans la nuit, ébloui par les phares des voitures.

"Verdes Anos sort en 1963 dans le lourd contexte socio-politique portugais rongé par l'inquiétude de la jeunesse la plus"évoluée". Parmi ces jeunes, il y avait Paulo Rocha qui arrivait de Paris après y avoir accompli des études cinématographiques à l'IDHEC (...). Possédant des caractéristiques de la Nouvelle Vague, Verdes Anos s'éloigne de ce genre aussi bien que du néo-réalisme malgré certaines scènes qui nous font penser au cinéma d'Antonioni (...). L'expression Cinema Novo est restée collée à Verdes Anos, parce que ce film a été le premier d'une nouvelle génération qui débutait et parce qu'il marquait profondément par son contexte, enrichi par la modernité du procédé, par son contenu et sa mise-en-scène. Ainsi, Verdes Anos, première oeuvre de Paulo Rocha, ouvre, d'une part, d'autres chemins au cinéma portugais, et dévoile, d'autre part, le talent singulier de ce nouveau réalisateur, talent qui est définitivement assuré par ses oeuvres suivantes comme l'extraordinaire A Ilha dos Amores aussi bien que par son dernier travail O Rio do Ouro."

Manoel de Oliveira.

 

 

 

 

 

 

 

 

R/D : Paulo Rocha · Sc : Paulo Rocha, Nuno de Brangança · Ph/C : Luc Mirot, Elso Roque · M/Ed : Margareta Mangs, Emilia de Oliveira, Isabel Marques · S : Heliodoro Pires · Mus : Carlos Paredes · Déc/AD : Alda Cruz, Rafael Calado · Cos : Alda Cruz, Rafael Calado · P : Antonio da Cunha Telles, Antonio Carvalho da costa, Maria Teresa de Vasconcelos · 90 min · 35 mm · F · N&B/B&W · Cast : Isabel Ruth, Rui Gomes, paulo Renato, Alberto ghira, Candida Lacerda, Carlos José Teixeira.

Placido

de Luis Garcia Berlanga - (Espagne, 1961) - Choisi Fernando Trueba

During Christmas festivities, the idea arises to share a great dinner between the rich and the poor. A radio organises a contest, and a man is hired to publicise the event with his van, but he gets into trouble when he ask to be paid.

Pendant les fêtes de Noël, des familles riches ont l'idée d'inviter les pauvres et les mendiants à partager un banquet. Le projet est baptisé "Asseyez un pauvre à votre table". Une station de radio, par le biais d'un concours radiophonique, y participe, quelques personnalités connues sont invitées. Pour promouvoir la procession qui accompagne l'évènement, un malheureux est employé pour faire la publicité à l'aide de sa camionnette, qui est sa raison d'être. Mais les problèmes commencent quand il demande à être payé...

"Le réalisateur de Esa Pareja Feliz, Bienvenue Mr. Marshall et Calabuch et le scénariste de El Pisito et El Cochecito étaient condamnés à se rencontrer. Placido a été, comme on dit dans Casablanca, "le début d'une belle amitié". Filmé dans des plans majestueusement larges et élégamment invisibles, habité par des masses de personnages se rassemblant comme dans la célèbre cabine d'Une Nuit à l'Opéra, tout le monde parlant en même temps dans des dialogues d'anthologie merveilleusement orchestrés, ce film joue des coudes avec les plus grands chefs-d'uvre de l'histoire du cinéma car, comme eux, il parle des faiblesses humaines sur un ton apparemment léger, il nous fait rire de la pauvreté, il dépeint méticuleusement une époque et un pays mais transcende tout cela, transformant tout en une uvre universelle, loin au-dessus des meilleures comédies italiennes, au niveau de Renoir dans La Règle du jeu ou de Lubitsch dans To be or not to be."

Fernando Trueba

 

 

Biographie de Fernando Trueba

Né à Madrid en 1955. Il a étudié l'image à la Faculté des Médias à l'Université Complutense de Madrid. Il a été critique cinématographique et a fondé le magazine "Casablanca". Après quelques courts métrages, il réalise Opera prima (1980) qui rencontre un grand succès, générant une nouvelle perspective dans l'industrie cinématographique espagnole, qui aura une influence importante. Scénariste de nombreux films desquels il est presque toujours réalisateur, il se spécialise dans la comédie ironique, obtenant de beaux succès avec El año de las luces (1986) et El sueno del mono loco (1989) et l'Oscar du meilleur film étranger avec Belle Époque (1992). Il a aussi fondé sa propre société de production.

 

R/D : Luis Garcia Berlanga · Sc : Rafael Azcona, Luis G. Berlanga, José Luis Colina, José Luis Font · Ph/C : Francisco Sempere · Mus : Miguel Asins Arbo · Déc/AD : Andrés Valivé, José Antonio Rojo · P : Jet Films, Alfredo Matas · 85 min · 35 mm · F · N&B/B&W · Cast : Cassen, José Luis Lopez Vazquez, Elvira Quintilla, Manuel Alexandre, Mari Carmen Yepes, Amelia de la Torre, José Maria Caffarel, José Orjas, Antonio Ferrandis, Amparo Soler Leal, Julia Caba Alba, Laura Granados, Xan das Bolas, Félix Dafauce, Félix Fernandez, Agustin Gonzalez, Julia Delgado Caro, José Franco, Luis Ciges, Fernando M. Delgado.

 

 

Biographie de Luis Garcia Berlanga

Né à Valence (Espagne) en 1922. En 1947, il entre à l'lnstitut d'Études et d'Expériences cinématographiques où il réalise deux courts métrages et obtient son diplôme de réalisateur.

En 1951, il a co-réalisé Esa pareja feliz avec J.A. Bardem, avec qui il a aussi écrit le scénario de Bienvenue Mr Marshall, qu'il a ensuite réalisé lui-même et qui lui a valu de nombreux prix au Festival du Film de Cannes.

Après quelques films dans lesquels son sens de l'humour et son goût pour la satyre se retrouvent, il a réalisé L'Exécuteur (1963), qui reçoit d'excellentes critiques à Venise.

ll a enseigné à l'École de Cinéma et a été président de la Filmoteca Española.

ll a reçu les distinctions de Prince d'Asturias, Médaille d'Or des Beaux-Arts et docteur honoris causa de l'Université Complutense de Madrid.

Filmographie : 1951 : Esa pareja feliz (That Happy Couple). 1952 : Bienvenido, Mister Marshall! (Welcome Mr Marshall). 1953 : Novio a la vista (Bridegroom Ahoy). 1956 : Calabuch . 1957 : Los jueves, milagro (Miracle on Thursdays). 1961 : Placido . 1962 : La muerte y el leñador, episodio de Las cuatro verdades (Death and the Woodcutter, episode from The Four Truths). 1963 : El verdugo (The Executioner). 1967 : La boutique . 1969 : Vivan los novios! (Long Live the Bride and Groom!). 1973 : Tamaño natural (Lifesize). 1978 : La escopeta nacional (The National Shotgun). 1980 : Patrimonio nacional (National Heritage). 1982 : Nacional III (National III). 1985 : La vaquilla (The Young Bull). 1987 : Moros y cristianos (Moors and Christians). 1993 : Tobos a la carcel (Everyone To Jail). 1999 : Paris-Tombactu (Paris-Timbuctoo).

Troublemaker

de Andy Bausch - (Luxembourg, 1988) - Choisi par Donato Roturno

A sardonic satirical and rural road-movie, involving two inept delinquants who meet in a prison, and their adventures in an aborted criminal carreer in Luxembourg.

lls se rencontrent par hasard. En s'engueulant devant la porte du service psychiatrique du pénitencier Grand-Ducal. Chuck, un malfrat sans envergure qui a purgé quelques années et qui attend d'être libéré et Jacques, un prisonnier en garde à vue dont le seul atout est sa grande gueule et qui se fait appeler Johnny Chicago. Leur rêve commun : les Etats-Unis.

"Dans la toute jeune histoire du cinéma de long métrage luxembourgeois, Troublemaker a sans aucun doute marqué les esprits d'une grande partie de ma génération. Car au-delà de la sympathie que nous ressentions envers les protagonistes à la vision du film, nous nous sommes en quelque sorte approprié l'ensemble du processus de fabrication.

A ce titre Troublemaker mérite peut-être plus une analyse sociologique qu'une critique de cinéma, mais dans ce cas précis mon argumentation ne repose que sur le souvenir profond que je garde de ces années 1986-87, de l'accueil euphorique réservé au film lors de sa sortie et, bien avant, au réalisateur Andy Bausch hantant le centre ville de Luxembourg avec le projet d'un film au titre intriguant de Troublemaker."

Donato Rotunno

 

Biographie de Andy Bausch

Vivant depuis sa naissance à Dudelange - une petite ville dans le tout petit Luxembourg - I'autodidacte Andy Bausch fait ses premiers essais cinématographiques sur support Super 8 en étant encore étudiant. En 1984, après avoir changé plusieurs fois d'établissement scolaire et avoir arrêté ses études de beaux-arts, Andy décide de relever le défi de devenir le premier réalisateur luxembourgeois à travailler et à vivre de son art dans son propre pays.

A cette époque, le secteur cinématographique est quasi inexistant au Luxembourg et se compose de quelques amateurs et professeurs de Iycées, qui consacrent leur temps libre à tourner de petits films. Il n'existe pas d'industrie du film, pas de Fonds de Soutien à la Production audiovisuelle, pas d'organisation professionnelle et pas de studios de tournage.

Il est donc peu étonnant que bon nombre de personnes, qui sont aujourd'hui actives dans le secteur audiovisuel, aient fait leurs premières armes sur un des nombreuses tournages chaotiques d'Andy Bausch. Après quelques courts métrages expérimentaux et après un premier long métrage Gwyncilla, logend of dark ages, Andy réussit une percée sur le marché international avec la comédie policière Troublemaker. C'est aussi le point d'envol de la carrière de l'acteur et bon copain d'Andy Bausch, Thierry van Werveke, qui jouera dans de nombreux courts et longs métrages du réalisateur luxembourgeois.

Troublemaker- le seul film culte du Grand-Duché est la première production luxembourgeoise à être diffusée dans les salles de cinéma, à passer sur des chaînes télévisées étrangères et à gagner de nombreux prix internationaux. Le film suivant A Wopbopaloobop a lophamboom, une comédie sur les années 60 tournée en noir et blanc, est nominé à deux reprises lors de l'European Film Awards en 1989, diffusé au Museum of Modern Arts à New York et décoré avec le prix du meilleur nouveau réalisateur au Festival de San Sebastian.

Pour son premier film télévisé allemand Ex und Hopp (avec l'acteur allemand Mario Adorf), Andy est consacré en Allemagne comme le meilleur nouveau réalisateur TV. Les années suivantes Andy tourne des films télévisés à Berlin, Hambourg et Cologne. En moyenne, ses films, dont le style très personnel est largement honoré par la critique, sont vus par 5 millions de téléspectateurs.

En 1991 Andy est membre du jury de sélection de l'European Film Awards, aux côtés de Lena Stolze, John Goldschmidt, Walter Donohue et Milena Dravic. L'année suivante il est membre du jury courts métrages et musique au F I PA de Pierre- Henri Deleau, qui se tient à Cannes et qui est présidé par le véteran Terence Young.

Andy, qui adore travailler avec son "Clan Bausch", réunit autour de lui des acteurs tels que Richy Muller, Claude Rudolph, Désirée Nosbusch, Udo Kier et Otto Sander. Son directeur photo attitré est Klaus Peter Weber de Saarbrück, en Allemagne.

En 1995 Andy décide de délaisser les productions TV pour se consacrer entièrement à ses propres projets dont Rockin' Warriors (à l'origine "Rock around the tepee") - une production PBS portant sur la musique rock des indiens d'Amérique en Arizona et au Nouveau Mexique.

Après Back in trouble - la suite de son plus grand succès Troublemaker et après plusieurs nouveaux films policiers pour la télévison allemande, Andy Bausch crée sa propre société de production Rattlesnake Pictures pour réaliser des films luxembourgeois. Aujourd'hui, Andy Bausch semble être le seul réalisateur luxembourgeois à s'intéresser à la réalisation de films dans sa langue maternelle ("Peu importe la taille de sa population - un pays qui ne possède pas de propre production cinématographique est un pauvre pays").

Les prochains projets d'Andy (pour lesquels il a lui-même écrit le scénario) sont la comédie film-noir Johnny Perfume et un film relatant les aventures du seul super-héros luxembourgeois Superjhemp.

Films (selection) : 1999 : Electric Theater. 1998 : Rockin' Warriors. 1997 : Back in Troub/e. 1996 : Letters Unsent. 1994 : 5 Millionen und ein paar Zerquetschte. 1993 : Thés dansants, Three Shake-a-leg Stops to Heaven. 1991 : Mit todlicher Sicherbeit. 1990 : Tanz auf dem Seil. Ex und Hopp. 1 989 : A Wopbopaloobop a Lophamboom. 1988 : Troub/emaker. 1 986 : Gwyncilla, Lepend of the Dark Ages. 1 983 : One ree/ Picture Show.

 

 

 

 

 

 

R/D : Andy Bausch · Sc : Andy Bausch, Jean-Michel Treinen · Ph/C : Klaus Peter Weber · M/Ed : Monika Solzbacher · Mus : Guy Schmit · P : Andy Bausch, Armand Strainchamps, Martin Buchhorn · 98 min · F · Coul/Col · Cast : Thierry Van Werveke, Ender Frings, Nicole Max, Jochen Senf, Conny Scheel, Marie-Christine Faber, Fernand Mathes, Marc Oligner, Georges Petro.

 

 

 

 

 

 

 

Biographie de Donato Rotunno

Né le 8 mai 1966.

1999 : Réalisateur de L'homme qui réfléchissait le monde, documentaire. 1998 : Réalisateur de Terra mia, documentaire ; Producteur du court-métrage de Marie Anne Thunissen Le quatrième palier ; Producteur de (Producer of, Produzent von) Last order, on ferme, court-métrage de (short-movie by, Kurzfilm von) Isabelle Costantini. 1997 : Co-producteur de Chercheur de silence, documentaire de Eddy Géradon-Luyckx,1 er épisode de la collection "Nous, on reste" ; Réalisateur de "Fishtrip", court-métrage 35mm. 1996-1994 : Cofondateur de Tarantula Belgique ; Réalisation et production d'une trilogie de court-métrages ayant comme univers les métros en Europe ; Assistant-réalisateur sur plusieurs téléfilms ."Un Ange passe" de Guy Jorré pour France 2, "Chloé" de Denis Berry pour France 2, "Jeunesse sans Dieu" de Catherine Corsini pour ARTE ; Création de "Tarantula" Luxembourg ; Réalisation de spots publicitaires diffusés sur différentes chames européennes. 1993 : ler assistant réalisateur sur une série de quatre documentaires (HDTV) sur la spéléologie et ses secrets en Europe . 1992 : ler assistant réalisateur sur le long-métrage Sotto wce de Claudio Pazienza pour ARTE ; Scènario et réalisation du court-métrage Nebbiolo Rosso, meilleur court-métrage au septième Festival International de Namur, primé au Festival de Huy, de Mons, de Brest. Diffusion sur Canal + (Belgique et Espagne), Premiere, ZDF (Allemagne). 1991 : 1er assistant réalisateur sur le documentaire "Les secrets de la Lesse souterraine" en HDTV (co-production RTBF). 1989 : Montage d'un documentaire (52') sur les premières élections libres au Chili. 1986 : Assistant de production pour Studio V à Luxembourg, Production-assistant for Studio V in Luxembourg. 1992-1988 : Etudes de réalisation à l'lnstitut des Arts et de Diffusion de Louvain-la-Neuve.

Une question de vie ou de mort - A matter of life and death

de Michael Powell & Emeric Pressburger - (Grande Bretagne, 1946) - Choisi par Jack Cardiff

An RFA pilot miraculously survives being shot down. But a messenger comes to earth to collect him for his trial in Heaven while the coctor fight for his life.

Un pilote de la RFA, Peter D. Carter (David Niven), saute de son avion en feu sans parachute et survit; du moins c'est ce que son esprit tourmenté lui laisse croire. En tout état de cause, il aurait dû mourrir. Un messager du ciel est dépêché sur terre pour le chercher. Carter refuse car il vient de tomber amoureux. Un tribunal céleste est formé pour juger de son cas pendant que sa terre, les chirurgiens essaient de lui sauver la vie.

&laqno;Avec Une question de vie ou de mort, qu'il tourne en 1945, Michael Powell émerge rapidement comme un réalisateur visionnaire aux idées novatrives. Son association avec Emeric Pressgurger un scénariste doué d'une créativité stimulante, allait devenir une collaboration des plus riches et des plus originales.

Le film était une commande du ministère de l'Information qui voulait renforcer l'entente entre la Grande-Bretagne et l'Amérique. Mais le fait que Une question de vie ou de mort ait été tourné juste après la deuxième guerre mondiale lui confère un sens plus profond qu'une simple affaire de propagande anglo-américaine. De fait, le film est un appel à la tolérance face au danger nucléaire. Au début du film, le spectateur est emmené dans un tour guidé de l'univers où lui est montré l'envers de la paix. Une usine explose en une grande boule de feu. Une voix dit : &laqno;quelqu'un s'est encore amusé avec l'atome». Une question de vie ou de mort est une fantaisie extravagante et pleine d'esprit, aux décors merveilleux, en Technicolor et manifiquement interprêtée».

Jack Cardiff

 

Biographie de Michael Powell

Né à Canterbury, Angleterre, en 1905. Mort à Avening, Angleterre, en 1990. Michael Powell quitte l'école à 16 ans pour devenir employé de banque, avec déjà un intérêt pour le cinéma. En 1925 il trouve un emploi aux studios de la Victorine à Nice, alors sous la direction de Rex Ingram. De retour en Angleterre, après plus de 20 quota quickies entre 1931 et 1936, il réalise son premier projet, A l'angle du monde (1937). Avec le succès de L'espion noir (1939), le film sur lequel il rencontre son futur associé, Emeric Pressburger, il est invité par Alexandre Korda pour co-réaliser Le voleur de bagdad (1940), qui lui permet de découvrir le potentiel artistique de la couleur.

En 1942, Powell et Pressburger fondent Les Archers, qui donnera au cinéma britannique certaines de ses oeuvres les plus originales dont Le Colonel Blimp, Une histoire de Canterbury, Je sais où je vais, Question de vie ou de mort, Le narcisse noir et Les chaussons rouges (Oscar du meilleur réalisateur). Vers la fin des années 40, les Archers perd son souffle, en particulier sous la pression grandissante des nababs peu enclins à soutenir les associés dans leur poursuite d'un cinéma de qualité pour le grand public. Powell continue à monter ses propres projets dont le plus notable reste Le Voyeur (1960), mais, mal compris, ce film met prématurement fin à sa carrière. Par la suite, dans l'entourage de Coppola et Scorsese, avec le soutien de sa troisième femme, Thelma Schoomaker, et d'un nombre grandissant d'admirateurs, il poursuit sa défense d'un cinéma pur, en particulier dans les deux tomes de son autobiographie "A Life in Movies".

Filmographie comme réalisateur : The Crowded Hours (1931), short ; My Friend the King (1931), short ; Rynox (1931), short ; The Rasp (1931), short ; The Star Reporter (1931), short ; Hotel Splendide (1932), short ; C.O.D (1932) ; His Lordship (1932) ; Bom Lucky (1932) ; The Fire Raisers (1933) ; The Night of the Party (1934) ; Red Ensign (1934) ; Something Always Happens (1934) ; The Girl in the Crowd (1934), short ; Lazybones (1935) ; The Love Test (1935) ; The Phantom Light (1935) ; The Price of a Song (1935) ; Someday (1935) ; Her Last Affaire (1936) ; The Brown Wallet (1936) ; Crown v. Stevens (1936) ; The Man Behind the Mask (1936) ; The Edge of the Worid (1937) ; The Spy in Black (1939) ; The Lion Has Wings (1939) ; Contraband (1940) ; The Thief of Bagbad (1940), co-director ; An Airman's Letter to His Mother (1941), short ; 49th Parallel (1941) ; The SilverFleet (1943), as producer ; Luna de Miel (1959) ; Peeping Tom (1960) ; The Queen's Guards (1961) ; Never Turn Your Back on a Friend (1963), short ; A Free Agent (1964), short ; Bluebeard's Castle (1964) ; The Sword Twelve (1965), TV ; A 39846 (1965), TV ; They're a Weird Mob (1966) ; Age of Consent (1969) ; The Boy Who TuMed Yellow (1972), short.

Comme co-réalisateur, co-producteur, co-scénariste avec Emeric Pressburger pour Les Archers: One of Our Aircrafts is Missing (1942) ; The Life and Death of Colonel Blimp (1943) ; The Volunteer (1943), short ; A Canterbury Tale (1944) ; I Know Where l'm Going (1945) ; A Matter of Life and Death (1946) ; Black Narcissus (1947) ; The End of the River (1947), as producer ; The Red Shoes (1948) ; The Small Back Room (1949) ; Gone To EarÉh (1950) ; The Elusive Pimpernel (1950) ; The Tales of Hoffmann (1951) ; The Sorcerer's Apprentice (1955), short ; Oh... Rosalinda ! (1955) ; The Battle of the River Plate (1956) ; Met By Moonlight (1956).

 

R/D : Michael Powell, Emeric Pressburger · Sc : Michael Powell, Emeric Pressburger · Assist : Parry Jones · Ph/C : Jack Cardiff · M/Ed : Reginald Mills · Déc/AD : Alfred Junge · Cos : Hein Heckroth · Producer : Michael Powell, Emeric Pressburger, The archers, The Rank Organisation George R. Busby · 104min · F · Coul/Col · Cast : David Niven, Kim Hunter, Marius Goring, Roger Livesey, Robert Coote, Kathleen Byron, Richard Attenborough, Raymond Massey.

Biographie de Jack Cardiff

Né à Yarmouth - Angleterre - 1914 . Fils de comédiens ambulants, Cardiff fait ses premiers pas dans le cinéma à 4 ans comme acteur. En 1928 il passe derrière la caméra. Après avoir gravi les échelons au cours d'une quarantaine de films courts et longs, documentaires et fictions commerciales, il devient un des plus grands chefs opérateurs dont le nom est quasiment synonyme de Technicolor, en particulier à travers sa collaboration avec Michael Powell sur Une Question de vie ou de mort, Le narcisse noir (Oscar de la meilleure photographie) et Les Chaussons rouges, et avec John Huston (The African Queen), Alfred Hitchcock (Under Capricorn), King Vidor (Guerre et paix), Mankiewicz (La Comtesse au pieds nus), Richard Fleischer (Conan the Destroyer), G.P. Cosmatos (Rambo 2). A partir de 1953, après un projet avorté avec Errol Flynn en Italie, il réalise plus de 15 longs métrages dont Sons and Lovers (d'après D.H Lawrence), The Lion, My Geisha, The Long Ships, Young Cassidy (après le départ de John Ford) et Girl on a Motorcycle (avec Alain Delon). Son autoblographie "Magic Hour " (Faber and Faber, London, 1996) retrace l'itinéraire riche en anecdotes d'un très grand artisan du cinéma.

Filmographie comme réalisateur (Plus de 80 films comme assistant, opérateur et chef-opérateur): 1953 : William Tell, inachevé; 1958 : Intent to Kill; 1959 : Beyond This Place; 1960 : Scent of Mystery; Sons and lovers; 1961 : My Geisha; 1962 : The Lion; 1963 : The Long Ships; 1964 : Young Cassidy; 1965 : The Liquidator; 1967 : The Mercenaries; 1968 : Girl on a Motocycle; 1973 : Penny Gold; 1974 : Mutations; 1989 : Delius, documentaire; 1991 : Vivaldi's Four Seasons, documentaire.

 

Biographie de Emeric Pressburger

Né à Miskolc, Hongrie, en 1902. Mort à Aspall, Angleterre, en 1988. Emeric Pressburger entreprit des études d'ingénieur à Prague puis Stuttgart. A Berlin, il apprend le métier de scénariste à l'Ufa sur une douzaine de comédies et opérettes commerciales où ses pairs sont entre autres Robert Siodmak, Max Ophüls, Billy Wilder et Reinhold Schünzel. ll fuit les nazis en 1933, travaille brièvement en France et s'installe à Londres où il est engagé à la London Films par son compatriote Alexandre Korda.

ll écrit plusieurs scénarios de propagande anti-nazie pour le compte du ministère de l'information quand il rencontre Michael Powell avec qui il fondera la société de production Les Archers. Le légendaire "Ecrit, produit et réalisé par Michael Powell et Emeric Pressburger" figure aux génériques des 17 films qu'ils tournent entre 1942 et 1956 et qui comptent parmi leur meilleurs. Pressburger reçoit un Oscar du meilleur scénario pour 49èmeParallèle(1941). Ses projets, après la dissolution des Archers, aboutissent à des expériences frustrantes à peine compensées par le succès du premier de ses deux romans : " Killing a Mouse on Sunday" (1961) filmé en 1964 par Fred Zinneman sous le titre Et vint le jour de la vengeance, et "The Glass Pearis" (1966).

Filmographie (voir aussi Michael Powell) : comme co-scénariste sauf indication contraire, the following credits are as co-scriptwriter unless stated otherwise : Abschied (1930) ; Das Ekel (1931) ; Dann Schon Lieber Lebertran, short ; Der Kleine Seitensprung ; Emil und die Detective ; Ronny ; Das Schone Abendteuer (1932) ; Wer Zahit Heute Noch ? short, script ; Lumpenkavaliere, as co-editor ; Sehnsucht 202 ; Eine von Uns (Gilgi) ; ...Und es Leuchtet die Puszta (Bie uns in Budapest..).(1933), script ; Son Altesse Voyage, script ; Une Femme au Volant, script ; Mon Coeur t'appelle (1934) ; aka "The Satyr" (1935) ; One Rainy Afternoon (1936) ; La Vie Parisienne, script ; The Challenge (1938), script ; The Spy in Black, script ; Spy for a Day (1939) ; Contraband (1941), co-script with Powell ; Atlantic Ferry, story ; 49th Parallel, script ; Breach of Promise (1942), story ; Squadron Leader X (1943), story ; Wanted for Murder (1946) ; Twice Upon a Time (1953), dir/prod/script ; Miracle in Soho (1957), prod/script ; Operation Crossbow (1964), script ; They're a Weird Mob (1966), script ; The Boy Who Turned Yellow (1972), short, script

Rien qu'une mère - Bara en mor

de Alf Sjoberg - (Suède, 1949) - Choisi par Jan Troell

The daugther of farm labourers creates a scandal by taking a swim in the nude. Her boyfriend Nils is mad at her and leaves her, so she goes out with Henrik, gets pregnant and marries him. Her many children will be her reason for living.

Rya-Rya, une fille de laboureurs, scandalise son entourage en prenant un bain nue. À cause de cela, son compagnon Nils la rejette avec mépris lors d'un bal. Elle quitte les lieux, poursuivie par Henrik qui la séduit. Quand après quelque temps Nils veut reprendre Rya Rya, elle attend un enfant de Henrik...

Rien qu'une mère est basé sur un roman de Ivar Lo-Johanssen, publié en 1939, à la fois portrait de femme et critique sévère des lois de l'époque qui gardaient les laboureurs en position de dépendance, logés dans des appartements sordides, payés en nature et voyageant régulièrement entre les différentes exploitations.

Bengt Forslund : Rien qu'une mère vous a laissé une très forte impression, pourquoi ? Pourtant vous êtes un enfant des villes et ce film, basé, sur un roman remarqué, traite de simples paysans ?

Jan Troell : Même si je suis un enfant des villes, c'est sans doute la nature qui m'a le plus fasciné, j'ai pourtant commencé tôt à filmer avec la caméra 16 mm de mon père et tous mes premiers films étaient manifestement des films de nature. Rien qu'une mère est sorti lorsque j'avais dix-huit ans, un âge où l'on est très réceptif et il n'était pas seulement une description de la vie sociale des travailleurs agricoles, il était aussi à un degré élevé une description de la nature. D'ailleurs le photographe Martin Bodin a obtenu le prix de la photo au festival de Venise.

BF : Ce qui vous a fasciné dans Rien qu'une mère, c'était peut-être le thème l'individu contre la collectivité, un thème qui revient dans vos premier films ?

JT : Oui, bien sûr, j'étais captivé par la description des femmes dans le film, la force de Rya-Rya, qui n'en fait qu'à sa tête. L'individu m'a toujours intéressé plus que la collectivité. D'ailleurs c'est toujours chez l'individu qu'un "drame" commence, et un bon film pour moi, c'est toujours un bon récit, bien interprété et bien photographié. Ces ingrédients là existaient dans Rien qu'une mère.

 

Filmographie de Alf Sjoberg

1929 : Den starkaste(co-directed by Axel Lindblom) - The Strongest. 1940 : Med livet som insats - They Staked Their Lives. 1940 : Den blomstertid... - Blossom Time. 1941 : Hem fran Babylon - Home From Babylon. 1942 : Himlaspelet- Le Chemin du ciel - The Road to Heaven. 1944 : Kungajakt- La Chasse royale - The Royal Hunt. 1944 : Hets - Tourmente - Torment aka Frenzy. 1945 : Resan bort - JouMey Out. 1946 : Iris och lojnantshjarta - Iris and the Lieutenant. 1946(?) : Fruktbarbet (Short). 1949 : Bara en mor - Rien que un mère - Only a Mother. 1951 : Froken Julie - Mademoise//e Ju/ie - Miss Julie. 1953 : Barabhas - Barabhas. 1954 : Karin Mansdotter- Karin MansdotterKarin Mansdotter. 1955 : Vildfaglar - Les oiseaux sauvages - Wild Birds. 1955 : Hamiet (TV) - Ham/et- Hamiet. 1956 : Sista paret utLast Pair Out. 1959 : Stangba dorrar (TV) - Huis clos. 1960 : Domaren - The Judge. 1966 : On - The Island. 1969 : Fadern - Le Père - The Father.

 

 

 

 

 

 

R/D : Alf Sjoberg · Sc : Alf Sjöberg , d'après/from Ivar Lo-Johanssen · 99 min · 35 mm · F · N&B/B&W · Cast : Eva Dahlberk, Ragnar Falk, Ulf Palme.

 

 

 

 

 

 

Filmographie de Jan Troell

1957 : Detfalska ellerhvisuckardettugnt, utikvamen*, 8mm.1959 : Sommarhamn*, 8mm.1960 : Stad*. 1960 : Sommartag* - Summer Train. 1961 : Nyarsafton pa skanska slatten Skane - New Year's Eve on the Plains . 1962 : Bâten* - The Ship. 1962 : En broder mer* co-directed by Bertil Rubin.1962 : De kom tilibaha* co-directed Lars Braw . 1962 : Pojken och draken*, co-directed by Bo Widerberg - The Boy and the Kite. 1 963 : Drommar och syner vid havet*. 1 964 : Den gamla kvarnen* - The Old Mill. 1964 : Johan Ekherg* -Johan Ekberg. 1964 : Trakom* - Trachoma. 1965 : Portratt av Asa * - . 1 965 : Uppehall i Myrlandet* - Séjour dans les marais - Stopover in the Marshland (aka Interlude in the Marsh/and). 1965 : Var i Dalby hage* - Spring in the Dalby Pastures. 1 966 : Har har du ditt liv - Les Jeux de la vie - Here is Your Life. 1 968 : Ole Dole Doff - Am, stram, gram - Eeny, Meeny, Miny Moe - aka Who Saw Him Die. 1971 : Utvandrama - Les Emigrants - The Emigrants. 1972 : NybyggaMa - Le Nouveau monde - The New Land. 1972 : Frieriet*. 1973 : Gamen, television - .1974 : Zandy's Bride, US - .1975 : Nalsogat - En film om mojligheter*. 1977 : Bang! - Bang - . 1 979 : Hurricane, US. 1 979 : Det hender ikke meg (Det hander inte mig)*. 1 982 : Ingenjor Andrees luftfard - Le Voyage de l'ingénieur André - The F/igAt of the Eagle . 1 988 : Sagolandet, doc - Les pays des rêves. 1989 : Tolvslaget - dagens dikt*. 1990 : Alla tiders ABC-bok, Television. l991 : Il Capitano -11 Capitano. 1993 : Provinsens Ijus* - . 1994 : Dansen* - La Danse. 1 996 : Och barnen i appeltradet*. 1 997 : En frusen drom - Their Frozen Dream. 2000 : Sa vit som en sno (Work in progress).

 

Les légions de Cléopâtre - Le legioni di Cléopatra

de Vittorio Cottafavi - (Italie, 1959) - Choisi par Giani Amélio

Octavian secretly sends his Consul Curridio to Alexandria in a final attempt to make peace. In the city, he meets Berenice, a mysterious dancer, and falls in love with her. She is actually Cleopatra, who leads a double life using this name.

Octave envoie secrètement à Alexandrie le consul Curridio, un ancien compagnon d'armes d'Antoine, dans une ultime tentative de pacification. Là-bas, Curridio rencontre Bérénice, une mystérieuse danseuse, et en tombe amoureux mais Bérénice est en réalité Cléopâtre, qui mène une double vie.

"() Il y a aujourd'hui plein de bonnes raisons pour se souvenir de Vittorio Cottafavi, une par film qu'il a laissé. Quelques-uns de ces films sont pour moi des chefs d'uvre (Una donna libera, Ercole alla Conquista di Atlantide, Maria Zef et naturellement I Cento Cavalieri). Je ne sais pas grand chose de Le Legioni di Cleopatra car je n'en ai vu qu'une copie médiocre à la télévision il y a quelques années. Le fait que le film soit restauré aujourd'hui est une occasion, pour moi aussi, de le redécouvrir. Je suis prêt à parier que c'est un film digne du grand Vittorio."

Giani Améli

 

Biographie de Vittorio Cottafavi

Né à Modène en 1914, mort à Rome en 1999.

Après son diplôme du Centro Sperimentale di Cinematografia, il a au cours des années trente une intense activité de scénariste et de réalisateur, à partir de 1943. Dans les années cinquante, ses mélodrames (surtout Traviata'53, réalisé en 1953) ont beaucoup de succès et sont très appréciés des critiques français des "Cahiers du Cinéma" et de "Positif". Ses péplums réalisés au cours des années soixante connaissent le même sort, en particulier Le legioni di Cleopatra et Ercole alla conquista di Atlantide. Tout en restant fidèle au goût populaire pour ces films typés, il se permet d'y introduire des références culturelles avec humour et ironie.

I Cento Cavalieri (1964) est très célèbre aussi, film d'aventures construit sous la forme d'un apologue brechtien; mais l'insuccès commercial de cette oeuvre le force à abandonner le cinéma pour se consacrer avec succès à la télévision, pour laquelle il écrit des scénarios parmi les plus populaires de son temps, adaptés de classiques de la littérature et du théâtre.

 

 

R/D : Vittorio Cottafavi · · Assist : Antonio Simont · Sc : V. Cottafavi, E. De Concini, Giorgio Cristallini, Arnaldo Marrosu, Antonio Simont · Ph/C : Mario Pacheco · M/Ed : Luciano Cavalieri, Julio Pena, Léonide Azar · Mus : Renzo Rossellini · P : Virgilio De Blasi, Italo Zingarelli (Alexandra) ; Robert De Nesle (Lyre, Paris) ; Athenea (Madrid) · 98 min · F · N&B/B&W · Cast : Ettore Manni, Linda Cristal, George Marchal, Conrrado Sanmartin, Maria Mahor, Alfredo Mayo, Mino Doro, Andrea Aureli, Dan iela Rocca, Salvatore Furnari, Stefano Terra, Stefano Oppedisano, Rafael Duran, Juan Majan, Tomas Blanco, Janny Clair, Mari Carrillo.

Biographie de Gianni Amelio :

Né à San Pietro Magisano, dans la province de Cantazaro, en 1945. Diplômé universitaire en Philosophie. Après avoir fréquenté le Centro Sperimentale di Cinematografia, il débute au cinéma comme assistant réalisateur pour Gianni Puccini, Anna Gobbi, Andrea Frezza et Liliana Cavani. ll a réalisé son premier film en 1970, La Fine del Giocco. Toute la première partie de sa carrière se déroule à la télévision, où il a réalisé divers films importants : La Città del Sole (1973), Bertolucci Secondo il Cinema (1976), La Morte al Lavoro (1978), Effetti Speciali (1978) et Il Piccolo Archimede (1979). Son premier film pour le grand écran est Colpire al Cuore (1985), une analyse lucide du terrorisme, suivi en 1988 par I ragazzi di via Panisperna. Porte Aperte (1990) lui vaut une reconnaissance intenationale et une nomination pour les Oscars. Avec Il 1adro di bambini (1992), il obtient le prix spécial du jury à Cannes. Lamerica (1994), présenté à Venise, obtient l'Osella d'Oro du meilleur réalisateur. En 1998, toujours à Venise, il gagne le Lion d'or avec Cosi ridevano. Il a aussi travaillé comme critique cinématographique et documentariste.

Les huits balles meurtrières - Kahdesksan surmanluotia

de Mikko Niskanen - (Finlande, 1972) - Choisi par Aki Kaurismaki

A farmer in central Finland cannot earn a living anymore with his farm. Life is hard and his falmily can hardly survive. He begins to drink and becomes violent , but of course this is not a solution.

Hiver 69, dans une petite communauté rurale finlandaise. Une famille de petits cultivateurs mène une vie pauvre et dure. Le lopin de terre et l'unique vache ne suffisent pas à faire vivre la famille. Mais il n'y a guère d'autres ressources. Un prédicateur ambulant promet les joies du ciel pour vaincre l'angoisse. L'alcool apporte l'engourdissement, et la violence donne une sensation passagère de force de vie. Mais tout ceci ne résoud rien.

Le point de départ du film Les huit balles meurtrières de Mikko Niskanen est la tragédie qui se déroula dans une petite communauté rurale finlandaise l'hiver 1969, où un homme tua avec un fusil les quatre gendarmes qui venaient l'arrêter. Mikko Niskanen est allé le voir en prison et ce film entièrement fictif se base sur leurs entretiens.

 

 

R/D : Mikko Niskanen · Sc : Mikko nikanen · Ph/C : Seppo Immonen, Kimmo Simula, Juhani Voutilainen · M/Ed : Jyrki Rapp · S : Veijo Lahti · Mus : Erkki Ertama · P : Mikko Niskanen / Käpy-Filmi & Finnish Broadcasting Company · 145 min · 35 mm · F · N&B/B&W · Cast : Tarja-Tuulikki Tarsala, Mikko Niskanen, Paavo Pentikäinen.

Angel

de Neil Jordan - (Irlande, 1982) - Choisi par Jim Sheridan

A saxophone player witnesses a brutal sectarian murder outside a Northern dance hall. He embarks on a violent search for redemption in an Ireland populated by healers, wishing trees and cobblers, and eventually turns into an apocaliptic avenger.

Dans une atmosphère d'un réalisme magique, un joueur de saxophone se change en vengeur d'apocalypse après avoir été témoin, à la sortie d'une discothèque nord-irlandaise, d'un meurtre d'une brutalité sectaire. Le film transcende le genre à suspense tandis que le personnage, joué par Stephen Rea, se lance à la recherche de la rédemption dans la violence d'une Irlande peuplée de guérisseurs, d'arbres aux souhaits et d'autres absurdités.

"J'ai choisi Angel parce qu'à mes yeux c'est le premier film marquant réalisé en Irlande par un réalisateur irlandais.(...) Angel fait également davantage partie d'une tradition européenne du cinéma que de la tradition américaine. Sheridan ne tarit pas d'éloges pour les acteurs exclusivement irlandais du film avec nombre desquels il a également travaillé au fil des années (...). Le fait que la musique soit de qualité durable a également son importance, un compliment sans prix pour Paddy Meegan responsable de l'adaptation musicale. (...) Selon Sheridan, les mots ne sauraient traduire combien le directeur de la photographie Chris Menges a contribué à la poésie visuelle du film."

 

Biographie de Neil Jordan

Né en 1950 à Co. Sligo, Neil Jordan est aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs réalisateurs du monde. Son oeuvre se caractérise par un réalisme presque magique, parfois par du surréalisme, le tout associé à une préoccupation constante à l'égard du sexe et de la violence et des divisions de l'lrlande moderne. Après des études à l'UCD, il devient nouvelliste et gagne le Guardian Fiction Prize pour son recueil de nouvelles intitulé Night in Tunisia (Une Nuit en Tunisie). Il écrit les scripts de deux drames, Traveller (Le Voyageur - 1981), réalisé par Joe Comerford et le téléfilm Night in Tunisia, réalisé par Pat O'Connor. Il réalise un documentaire sur le tournage du film de John Boorman, Excalibur (1981), avant de faire ses débuts dans le cinéma en tant que réalisateur avec Angel en 1982.

1981 - The Making of Excalibur ; 1982-Angel ; 1984 - La compagnie des loups ; 1985 - Mona Lisa ; 1988 - High Spirits ; 1989 - Nous ne sommes pas des anges ; 1991 - Le Miracle ; 1992 - The Crying Game ; 1994 - Entretiens avec un vempire ; 1996 - Michael Collins ; 1997 - The Butcher Boy ; 1997 - In Dreams.

 

 

 

R/D : Neil Jordan · Sc : Neil Jordan · Ph/C : Chris Menges · P : John Boorman · 92 min · F · N&B/B&W · Cast : Stephen Rea, Honor Heffernan, Donal McCann

 

 

Biographie de Jim Sheridan

L'amitié de Jim Sheridan envers Neil Jordan remonte à une trentaine d'années lorsqu'ils étaient ensemble au collège. Ils ont commencé à travailler ensemble pour le théâtre, écrivant, jouant et mettant en scène sous le nom de "The Slot Players" et ensuite " The Children's Tea Company". Lors d'une brève toumée en Amérique en 1971, une représentation dans un hôpital psychiatrique fut l'occasion d'un incident qui motivera la présence des simples d'esprit dans Angel. À ce moment, aucun d'eux deux ne pensait que le cinéma était une option viable en Irlande. Sheridan se concentrait sur son travail au théâtre en Irlande, en Amérique et à Cuba jusque la fin des années 70. Jordan lui se focalisait sur la publication de sa prose de fiction et ne vint au cinéma qu'en 1981 avec Angel. Sheridan mit 8 années de plus pour réaliser My left foot, qui fut le premier film irlandais à être nominé aux Oscars pour le meilleur acteur (Daniel Day-Lewis) et le meilleur second rôle féminin (Brenda Fricker). Sheridan est bien parti pour être le réalisateur d'origine irlandaise le plus reconnu des dix dernières années, que ce soit comme scénariste, producteur ou réalisateur.

1989 : My Left Foot ; 1990 : The Field ; 1992 : Into The West (scénario) ; 1993 : Au nom du Père ; 1996 : Some Mother's Son (scénario/production) ; 1997 : Le Boxeur ; 1999 : Agnes Brown (production)