>- Hommage à Balla Moussa Keïta -
(comédien, Mali)


 


En 1993, le festival d'Amiens rendait hommage à Sotigui Kouyaté. Nous évoquions avec lui les noms d'autres grands comédiens africains, le nom de Balla Moussa Keïta revenait sans cesse.
À l'occasion du tournage de La Genèse, la journaliste sénégalaise
Coumba Sylla nous ramenait du Mali un superbe portrait de Balla Moussa Keïta. Nous l'avons publié dans le Film africain et le film du Sud. C'était un bon coup d'envoi pour l'hommage que le festival avait décidé de rendre au plus grand acteur malien. Malheureusement, en mars, quelques jours après la clôture du Fespaco, alors que le cinéaste malien Adama Drabo allait transmettre notre invitation à Balla Moussa Keïta, la nouvelle la plus triste tombait : Balla Moussa Keïta venait de disparaître. Trop de tabac et quelques autres soucis avaient eu raison de lui.
Le 21e Festival international du film d'Amiens a décidé de maintenir l'hommage qui lui était consacré et de programmer cinq films interprétés par Balla Moussa Keïta. Une soirée solennelle parrainée par
M. Youssouf Coulibaly, directeur du Centre national de la production cinématographique (CNPC) du Mali et en présence de nombreux cinéastes africains et du Sud se tiendra en l'honneur de Balla Moussa Keïta le vendredi 16 novembre 2001 à 20h00. Le festival présentera les films suivants : Yeelen (1987) ; Ta Dona ! (1991) ; Macadam Tribu (1996) ; Faraw, une mère des sables (1997) ; La Genèse (1998).
J.-P.G.


Un vieillard est assis dans la cour de sa maison. C'est Hamor, frêle habitant d'un village biblique. Sur sa tête trône un imposant couvre-chef. Ses jambes ­ écartées ­ sont abritées derrière un ample boubou en bogolan. Tout à son jeu, un enfant s'approche du patriarche qui l'écarte d'un brusque mouvement. Hamor venait d'être circoncis, sur recommandation des fils de Jacob dont la fille, Dina, a été demandée en mariage par Sichem, le fils de Hamor.
Hamor, c'est Balla Moussa Keïta. La scène est extraite de La Genèse, le film de
Cheikh Oumar Sissoko. Si vous n'avez pas vu cette adaptation à l'écran d'une partie de la Bible, vous connaissez quand même le comédien : il a joué dans presque tous les films (de cinéma) maliens et toux ceux tournés dans le pays. "Courts métrages et longs métrages confondus, cela doit faire vingt-six", renseigne l'homme. (Extrait de l'article écrit par Coumba Sylla et paru dans le n°35-36 de la revue "Le film africain et le film du sud", février 2000).
Le ton est posé, réfléchi et accompagné de gestes tout aussi pondérés. Les ailes de son nez surmontent une moustache grise qu'accentue le poivre-et-sel de ses cheveux. Des lunettes soustraient quelques-unes des rides de son visage à la vue lorsqu'il s'en aide pour lire de près. Sur son front qui commence à se dégager, une marque foncée se détache sur son - déjà noir - teint. Le signe d'une assiduité dans la prière.

Des routes et des étals

Office de radiodiffusion télévision malienne (ORTM), dans un petit bureau désordonné. Sur une grande table, des cassettes beta disputent la place aux dossiers et à des bandes magnétiques rondes tandis que, par terre, quelques chaises et des cartons se regardent. C'est là que s'est réfugié Balla Moussa Keïta. Vêtu d'un ensemble gris dont la chemise est boutonnée jusqu'au cou, le comédien, s'il ne tousse pas, reprend son souffle à chaque phrase. Les fenêtres sont fermées, la porte aussi. Or il fait chaud. Une chaleur moite qui colle à la peau. L'interrupteur réparé, le vieux climatiseur est mis en marche. L'homme, alors plus à l'aise, plonge dans ses souvenirs.
Il pousse son premier vagissement un jour de 1934 à Nango, "un petit village distant de 40 km de Ségou". À huit ans, il se retrouve sur les bancs à Ségou-ville. Études primaires, puis stop. Parce que les parents ont "plus besoin de bras valides dans les champs que de toubabs(1) (1. blancs)", se rappelle
Balla Moussa Keïta, ils mettent fin à son instruction.
Au décès du papa, le jeune bambaraphone vient à Bamako, "pour y continuer ma formation". Comment ? "Par la méthode qui ne déçoit que les paresseux et qui ne trompe jamais" : le travail. Et en autodidacte. Il est d'abord employé de commerce. En douze ans, il va en arpenter, des routes et des étals, effectuant des voyages, notamment entre Bamako et Mopti, Bamako et Dioro. Monsieur-le-débrouillard achète du poisson ou du riz qu'il vient revendre dans la capitale. Il ne sait pas encore qu'il va un jour parcourir le monde et les festivals à défendre l'image - des images - de son pays, ni qu'il va un jour donner des cours de bamanankan(2) à l'INA (2. l'Institut national des arts).

Spots et microprogrammes

Ellipse. On est en 1960. Balla Moussa Keïta intègre la compagnie du Théâtre national, puis le Haut Commissariat à la jeunesse (l'ancêtre du ministère de la Jeunesse et des Sports). Il ne s'y occupe, pendant dix-huit ans, "que de l'art et du théâtre". Il est ensuite détaché (en 1978) du ministère de la Jeunesse et des Sports au profit de celui de l'Information, "jusqu'à aujourd'hui ".
Comment s'est donc passé ce "transfert " d'un ministère à l'autre ? "En fait, explique
Balla Moussa Keïta, j'ai longtemps travaillé en qualité de collaborateur extérieur de la radio. Ma première intervention [radiophonique] date de 1967 ", alors qu'il relève encore du département de la Jeunesse et des Sports. Des microprogrammes de sensibilisation sur les dangers des feux de brousse aux spots sur la mauvaise conduite des camionneurs sur les voies publiques, Balla Moussa Keïta devient une "voix". Les auditeurs en redemandent. L'AMP (l'Agence malienne de publicité), qui venait tout juste de naître, fait appel à ses appréciées cordes vocales, ainsi que l'ANIM (l'Agence nationale d'information du Mali) pour "un peu de tout : bulletins d'informations, avis et communiqués, ainsi que des magazines". "Balla Moussa", comme l'appelle affectueusement le public dans les oreilles duquel il s'est installé depuis quelques générations, met en orbite et anime, pendant deux ans, "Prévention et Circulation routière", une émission hebdomadaire dont le titre donne déjà une idée du contenu.

 

 Cinéma, côté cour et côté jardin

La prise de contact de l'homme de radio avec le 7e art a lieu cinq ans après l'accession du Mali à l'indépendance. Modibo Keïta est au pouvoir, et le régime en place - socialiste - se sent des affinités avec la République populaire de Chine. Balla Moussa fait partie de la délégation artistique envoyée dans le grand État de l'Asie orientale. Pas pour apprendre le chinois, mais pour doubler trois films du pays de Mao Tse-Toung en bambara, des films destinés à servir "d'éléments d'éducation idéologique". Il y fait cinq mois. C'est au bout de ce "voyage très instructif ", se réjouit-il encore, qu'il apprend "pas mal de techniques du cinéma". Tous les rudiments, en fait. Le côté jardin du cinéma.
Le côté cour, c'est
Souleymane Cissé qui l'y mène avec son premier long métrage Den Muso (la Fille), en 1970. Et depuis, schusss ! La mince silhouette du comédien de théâtre et animateur de radio se glisse dans la peau de beaucoup de personnages de fiction, et glisse sur le blanc de l'écran de beaucoup de salles de cinéma. Balla Moussa Keïta n'est plus seulement connu comme "voix", il devient aussi « carrure ». Un homme d'apparence fragile, mais sur les épaules duquel reposent la confiance et l'estime de nombre de techniciens. De la radio et du cinéma, vous assurera-t-on chaque fois que vous prononcerez son nom. Un monument.

La légende vivante

Vous ne pouvez pas être resté longtemps au Mali sans avoir entendu Balla Moussa Keïta, ou avoir entendu parler de lui. Ce n'est pas possible. Même si vous ne prêtez pas l'oreille à la chaîne nationale (et quelquefois à la deuxième chaîne) ; même si vous n'accordez pas votre attention aux programmes de la télévision nationale ; et même si vous n'avez pas l'occasion de consommer les films du pays.
Parce que Balla Moussa est une légende. Il est vivant, mais c'est une légende. Et même mieux que cela, renchérit Alioune Ifra Ndiaye, un jeune réalisateur de l'ORTM, "un monument, c'est un monument indéboulonnable, et je ne suis pas le seul à le penser !". C'est aussi l'avis de n'importe quel Malien que vous rencontrez dans la rue, tout comme c'est celui de
Mody Souniano, collègue de l'homme monument. Le présentateur de l'émission télévisée "Terroir " l'appelle dôgô (petit frère), mais reconnaît que "c'est un grand. Ce serait sage, pour les jeunes, de s'en rapprocher".
Dans une chanson de la troupe de l'INA, l'on sourit à l'audition de la phrase : "Si les paroles pouvaient faire aimer de Dieu, Balla Moussa en serait devenu le gendre".
Le sexagénaire, en as du verbe qu'il est, est aussi auteur de phrases désormais entrées dans le patrimoine malien. "La première fois que j'ai entendu : "le lapin ressemble à l'âne, mais ce n'est pas son fils", je suis tombée de rire", dit une jeune dame, la trentaine environ. Une autre dame, grand-mère de famille à Ouolofobougou (3) (3. la langue bambara) - elle est inséparable de son antique poste toujours bloqué sur la fréquence de Radio-Mali (première chaîne nationale) - se rappelle qu'il fut une époque où, quand on doutait de la véracité d'un fait, on demandait : "Est-ce que Balla Moussa l'a dit ? ", n'hésitant pas à insister : "L'as-tu bien entendu de la bouche de Balla Moussa ?".
De tout cela, le comédien à la longue filmographie sourit. "Ça fait plaisir. C'est quelque chose qui n'est pas donné à tout le monde", dit-il, presque gêné. Ajoutant, avec son habituelle pondération : "Moi, je n'ai rien fait pour mériter ça."
Coumba Sylla

>Filmographie de Balla Moussa Keïta


· Den Muso (la Fille), de Souleymane Cissé (Mali, 1975) ;
· Baara (le Travail), de Souleymane Cissé (Mali, 1978) ;
· Finyè (le Vent), de Souleymane Cissé (Mali, 1982) ;

· Yeelen (la Lumière), de Souleymane Cissé (Mali, 1987) ;
· Desebagato, le dernier salaire, d'Emmanuel Sanon (Burkina Faso, 1987) ;
· Finzan, de Cheikh Oumar Sissoko (Mali, 1989) ;
· Séré, le témoin, de Mohamed Dansogo Camara (Guinée, 1990) ;

· Ta Dona (Au feu !), de Adama Drabo (Mali, 1991) ;
· Céline au Mali, de Monique Crouillère (Canada, 1991) ;
· Tiefing, de Djibril Kouyaté (Mali, 1993) ;
· L'Enfant noir, de Laurent Chevallier (France/Guinée, 1994) ;
· Guimba, de Cheikh Oumar Sissoko (Mali, 1995) ;
· Waati (le Temps), de Souleymane Cissé (Mali, 1995) ;

· Macadam Tribu, de José Zeka Laplaine (RD Congo/France/Mali/Portugal, 1996) ;
· Faraw, une mère des sables, de Abdoulaye Ascofaré (Mali, 1997) ;
· La Genèse, de Cheikh Oumar Sissoko (France/Mali, 1999).

Yeelen - La Lumière

Mali 1987

Set in timeless past, Yeelen recounts the mythic tale of a power struggle between two magicians, father and son. Soma Diarra, the jealous father, a member of the Komo, a Bambara secret society, plots to kill his son and rival, Nianankoro. But the son is saved by his mother, who sends him on a heroic journey to find the weapons to destroy the Komo and begin a prosperous new era. Highly stylized and deliberately paced, Yeelen forces the viewer to navigate fundamental oppositions : change and tradition, life and death, light and darkness.

Nianankoro traverse une phase cruciale de sa vie : il devient adulte. Il va recevoir le savoir destiné à lui assurer la maîtrise des forces qui l'entourent, cette connaissance que les Bambaras se transmettent depuis toujours, de génération en génération. Mais son père n'accepte pas qu'il devienne son égal. Alors, pour éviter la folie meurtrière de son époux, la mère de Nianankoro l'éloigne. Au fil de son voyage, Nianankoro acquiert peu à peu les éléments de la connaissance ultime et de ses nouveaux pouvoirs qu'il devra inévitablement confronter à ceux de son père.

R/D : Souleymane Cissé · Sc : Souleymane Cissé · Ph/C : Jean-Noël Ferragut, Jean-Michel Humeau · M/Ed : Dounamba Coulibaly, Andrée Davanture · S : Daniel Olivier, Michel Mellier · Mus : Michel Portal, Salif Keïta · Déc/AD : Kossa Mody Keïta, Lassana Djire, Yawaga Diarra, Fousseyni Sissoko · Cos : Kossa Mody Keïta · P : Cissé Films · 105 min · 35 mm · F · Coul/Col · Cast : Issiaka Kané, Aoua Sangaré, Niamanto Sanogo, Balla Moussa Keïta, Soumba Traoré, Ismaila Sarr.

Ta Dona ! - Au feu !

Mali 1991

In the South of Sahara, the rainy season draws to a close. Despite the appearance of an abundant harvest, the little village of Farabougou is anxious. The cause ? The oracle has predicted a sudden drought and accompanying fires. For Sidy, a young forestry and water specialist and newcomer in the village of Bambara, this oracle marks the beginning of a long path of initiation. Sidy begins his search for a plant with seven curative powers, the seventh of which has been lost by the healers. His quest will draw him into the deep dangerous and mysterious waters of Bambaran society and culture.

Dans la région sub-saharienne, la saison des pluies tire à sa fin. Les récoltes s'annoncent abondantes. Pourtant, le petit village bambara Férébougou est en émoi : l'oracle a prédit une brusque sécheresse et des feux. Pour Sidy, jeune ingénieur des eaux et forêts récemment installé dans le village, cet oracle va marquer le début d'une longue marche initiatique. Non seulement, il doit faire respecter dans la région l'interdiction nouvelle de la culture sur brûlis, mais il part également à la recherche d'une plante aux sept pouvoirs de guérison (les sept canaris) dont les guérisseurs ont perdu la septième vertu. Sa quête l'entraînera dans les profondeurs dangereuses et mystiques de la société bambara.

 

R/D : Adama Drabo · Sc : Adama Drabo · Ph/C : Lionel Cousin · M/Ed : Rose Evans Decraene · S : Khalil Thera · Mus : Banzoumana Sissoko, Badema national, Amadou Diakite, Sidiki Diabate, enfants de Soungo · Déc/AD : Bekaye Traore · Cos : Ladji Diakite · P : Kora films, CNPC (Mali) · 140 min · 35 mm · F · Coul/Col · Cast : Fily Traore, Balla Moussa Keïta, Diarrah Sanogo, Djemeba Diawara, Arouna Diarra, Mamadou Fomba.

Macadam Tribu

RDCongo / France / Mali / Portugal 1996

Mike prefers girls and Kapa prefers boxing. The two brothers and their friends roam the streets, in bar and in the boxing halls of a large African city full of seduction and exhuberance. Their mum, mother Bazusi, drinks a bit too much and dreams of getting back the space she had at the grand marché where she sold loinclothes when father Bavuzi was still alive and she was respected. One day one of her sons, backed by the whole neighbourhood, decides to get up on the ring and challenge Kabeya, the big ex-champion, but the fight leads to trouble.

Mike préfère les filles, Kapa la boxe. Avec leurs copains, les deux frères courent les rues, les bars et les salles de boxe d'une grande ville africaine exubérante et charmeuse. Mère Bavusi, leur mère, boit un peu trop et rêve de récupérer au grand marché l'emplacement de vendeuse de pagnes qu'elle occupait quand le père Bavusi était vivant et qu'on la respectait. Un jour, un de ses fils soutenu par tout le quartier se met en tête de remonter sur le ring et d'affronter Kabeya, l'ex-grand champion. Mais Duka, l'entraîneur de Kapa, tombe dans le coma à la suite d'un match. Un voile de tristesse tombe sur le quartier. Mama Bavusi est désespérée. Les frères Bavusi décident alors de transformer la salle de ring en un théâtre populaire.

 

R/D : José Zeka Laplaine · Sc : José Zeka Laplaine · Ph/C : Lionel Cousin · M/Ed : Claire Pinheiro · S : Frédéric Pfohl · Mus : Christian Pllini, Papa Wemba, Tito Puente · Déc/AD : Fallo Baba Keïta · Cos : Kandjourou Coulibaly · P : Bakia Films, Flamingo Films, Animatografo, CNPC Mali · 90 min · 35 mm · F · Coul/Col · Cast : Lydia Ewandé, Sidy Camara, Hassane Kouyaté, Balla Moussa Keïta, Habibou Dembélé.

Farraw ! - Une mère des sables

Mali 1997

One day in the life of a poor family in the songhoï land, in Mali. Zamiatou, mother of three children and wife of a disabled man, has to fight for survival. Life is very hard in this desolated area, stroke by dryness and desertification. Zamiatou refuses to prostitute her daughter. Mourou, an old friend lends her a donkey and some water skins to sell water on the market to help her regain her dignity.

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme du pays songhoï. Zamiatou, mère de trois jeunes enfants, lutte pour la survie dans une ville du Nord-Est du Mali, au bord du désert. Son mari est impotent, ses enfants exaspérés par leur pauvreté. La vie est très dure dans cette contrée sinistrée, presque désolée, que hante le spectre de la sécheresse et de la désertification. Zamiatou endure épreuve après épreuve, refuse de prostituer sa fille et trouve enfin de l'aide auprès d'un vieil ami, Morou, qui lui prête un âne et quelques outres pour qu'elle puisse vendre de l'eau à la criée et préserver la dignité de sa famille.

 

 

R/D : Abdoulaye Ascofare · Sc : Abdoulaye Ascofare · Ph/C : Yorgos Arvanitis · M/Ed : Mohamed Meziane, Abdoulaye Ascofare · S : Pierre Gauthier · Mus : Harouna Barry, Ibrahim Dicko · Déc/AD : Abdoulaye Konate · P : CNPC (Mali), les Films de la Dune rose · 90 min · 35 mm · F · Coul/Col · Cast : Aminata Ousmane, Balla Moussa Keïta, Safiatou Mahamane, Oumar et Hamel Mbarek.

La Genèse

France/Mali 1999

Three hundred years after the flood, three clans are engaged in a merciless conflict : the clan of Jacob the breeder and his sons and the clan of sedentary cultivators, the leader of which is Hamor. A third clan, the hunters, led by Esaü, prepares to take revenge. Esaü vows a lethal hatred to Jacob, his junior, since Jacob has stolen his birthright. Secluded in his camp, Jacob mourns his son Joseph, whom he thinks is dead.

Trois cents ans après le Déluge, trois clans se déchirent : l'éleveur Jacob et ses fils ; les chasseurs nomades conduits par Esaü ; et les cultivateurs sédentaires dont le chef est Hamor. Esaü le chasseur voue une haine mortelle à Jacob, son frère cadet, depuis que celui-ci a subtilisé son droit d'aînesse. Reclus dans son campement, Jacob pleure son fils Joseph, qu'il croit mort. Filles enlevées, jalousies entre frères, héritages soustraits aux légitimes destinataires, conséquences néfastes de mariages mixtes, l'humanité des origines fermente de tout ce qui alimente de nos jours encore les haines les plus tenaces. Mais entre les revanches à prendre et le désir d'oublier, intervient la rencontre avec Dieu.

 

R/D : Cheikh Oumar Sissoko · Sc : Jean-Louis Sagot-Duvauroux · Ph/C : Lionel Cousin · M/Ed : Aïlo Auguste · S : Martin Boissau · Mus : Décor sonore · Déc/AD : Bogolan Kasobané · Cos : Bogolan Kasobané · P : Cinéma public films, Kora films, Balanzan, CNPC · 102 min · 35 mm · F · Coul/Col · Cast : Sotigui Kouyaté, Salif Keïta, Balla Moussa Keïta, Fatoumata Diawara, Hélène Diarra.