- Ciné & Sida -

(Le monde comme il va)


Hommage à Philip Brooks
Un homme en harmonie


Depuis toujours Philip Brooks fait partie de notre paysage mental - les images de Philip Brooks bien sûr. Chaque année, l’un de ses films s’inscrivait sur les écrans du Festival d’Amiens. Que la petite lucarne l’ait déjà montré ou non, Philip ne nous a jamais fait défaut. Il nous faut pourtant bien nous interroger : depuis combien de temps cet Australien généreux et disert (dès qu’il s’agissait des films des autres) réalisait-il ou produisait-il des films ? Depuis toujours ?
Philip Brooks nous laisse en partage les fous rires de Barbara dans Woubi chéri, les senteurs chaudes du Jardin parfumé de Yamina Benguigui, et ces trente films qui embrassent toute l’Afrique Australe. Ces films pour dire et être, ces films contre le sida portant le si joli titre de Steps For the Future. Philip Brooks a aussi porté Madame Satã, passerelle entre les continents comme entre les temps et hommage à un travesti de génie.
Autrefois, il y a dix ans de cela, Philip Brooks coproduisait Une journée portée disparue. L’homme engagé savait aussi porter le fer dans la plaie béante des nuits des 17 et 18 octobre 1961 à Paris, au temps où Maurice Papon était préfet de police.
Pour Philip Brooks, la relation au monde était indissociable du regard porté sur la création. Sur le réel des créateurs.
Salut l’artiste.
Jean-Pierre Garcia


Mes chers antipodes

France / Australie - 2000

On the eve of the centenary of Federation and the Sydney Olympics, the director returns to the country he left twenty-five years ago. The film reveals the mindshift undertaken by Australians and the society since this time through the personal tales of his family and friends.

À l’aube du centenaire de la Fédération et alors que l'Australie accueille les Jeux Olympiques, Philip Brooks, lui-même australien, dresse dans Mes chers antipodes le portrait d’un pays transfiguré. Il y retrouve sa famille, tous émigrés anglais mais Australiens d’adoption, et des amis, musiciens, écrivains, comiques, qui sont des figures emblématiques de cette Australie moderne. Ce film est une réflexion sur le passé récent, le présent et le futur de l'Australie, mais aussi sur le parcours personnel du réalisateur. Rythmé par les paysages de la Tasmanie, d’où Brooks est originaire, puis par le tempo endiablé de sa jeunesse à Melbourne, Mes chers antipodes met en relief tout ce qui rapproche le réalisateur de son Australie natale, mais aussi tout ce qui l’en sépare.

R/D : Philip Brooks • Sc : Philip Brooks • Ph/C : Giulio Biccari • M/Ed : Lise Beaulieu, Anne-Marguerite Monory • S : Gérard Wilson, Chris Bollard • Mus : David Bowers • P : Dominant 7, Hilton Cordell / ABC Australie • 60’ • Betacam • Doc • Coul/Col


The Ball

Mozambique / Danemark / France - 2001

Condoms are a very cheap item in Mozambique. Eight to twelve year old kids of the rural areas have a very peculiar way to use them : put one inside the other, plus some rags, plastic bags and cord, and in ten minutes you get a nice football !

Au Mozambique, les préservatifs sont très bon marché. Les petits garçons en sont de grands consommateurs, mais pas pour ce que l’on croit : en enfilant un préservatif dans un autre, avant de l’entourer de sacs en plastique et de ficelle, ils fabriquent en un tournemain d’excellents ballons de football. Au moment où commence cette histoire, un groupe de garçons joue sur un terrain poussiéreux. Soudain un homme surgit en hurlant.

R/D : Orlando Mesquita • Sc : Orlando Mesquita • Ph/C : Joao « Funcho » Costa • M/Ed : Orlando Mesquita • S : Valente Dimande • Mus : Chico Antonio • P : Dominant 7 • 6’ • 35 mm • F • Coul/Col • Contact : Dominant 7

Le Ciel dans ses yeux

Afrique du Sud / France - 2002

Shot near Ixobho in rural Kwazulu-Natal, this poignant short film shows a young girl who loses her mother to AIDS and how she struggles to cope with her grief and confusion. It seems as if her community is rejecting her as well. But a boy allows her to attach a picture she has drawn of her mother to his kite.

D'ici 2010, 26 millions d'enfants seront orphelins du sida. La plupart d’entre eux vivent sur le continent africain. Tourné dans la région rurale d’Ixobho, le film raconte l’histoire d’une fillette qui vient de perdre sa mère. Rejetée par sa communauté, elle apaise son chagrin en dessinant un portrait de sa maman. Un garçon lui construit un cerf-volant pour y attacher son dessin. « Quand je ne serai plus là », dit la mère à son enfant dans la chanson du film, « lève la tête vers le ciel, le ciel qui a donné naissance au soleil, à la lune et aux étoiles ».

R/D : Ouida Smit, Madoda Ncayiyana • Sc : Madoda Ncayiyana, Julie Frederikse • Ph/C : Alberto Jannuzzi • M/Ed : Francesco Biagini • S : Stuart Heslop • Mus : Sazi Dlamini, Nina Mkhize, Nonvula Mtmembu • P : Dominant 7 • 10’ • Betacam • Doc • Coul/Col • Contact : Dominant 7

Night Stop

Mozambique / Afrique du Sud / Danemark - 2002

The young women wake up in the afternoon, when the trucks arrive, near the border with several other countries. When the truckers pull up at the Montes Namuli, a hotel bar restaurant in (Moatize Town northern Mozambique), women go to work, disappearing into the driver’s trucks.

Moatize, une ville frontalière du Nord du Mozambique. Les femmes s’éveillent l’après-midi avec l’arrivée des camions. Pendant que les routiers s’arrêtent à l’hôtel restaurant du coin, elles s’habillent et se préparent avant d’aller vendre leurs charmes. À la tombée de la nuit, elles discutent et se disputent, révélant au passage leurs histoires d’amour, de violence et de résignation, leurs problèmes de grossesse, la recherche d’un mari. Ces jeunes femmes sont conscientes des dangers du sida mais, pour elles, le sexe est juste un produit qu’elles vendent. À l’aube, les camions repartent et les femmes rentrent chez elles.

R/D : Licínio Azevedo • Ph/C : Joao Costa • M/Ed : Orlando Mesquita • S : Gita Cerveira • Mus : Chico Antonio • P : Don Edkins • 48’ • Betacam • Doc • Coul/Col • Contact : Don Edkins

Vivre positivement

Burkina Faso - 2003

In West Africa, AIDS is not only a medical but a social tragedy. Many people are rejected, driven out of their family or hidden from the neighbours. Nevertheless, in Mali, Ivory Coast and Burkina Faso, HIV infected people live positively with themselves and the others.

En Afrique de l’Ouest, le drame de se savoir séropositif ou malade du sida est indescriptible. Nombreux sont ceux qui se sont vus rejetés, chassés de la famille ou cachés aux yeux des voisins. Et pourtant, au Mali, en Côte d’Ivoire et au Burkina, des personnes atteintes du sida vivent positivement avec eux-mêmes et avec les autres. Car quand on est infecté par le virus du sida, la vie continue. L’amour, le désir d’enfant, la sexualité aussi. Séropositifs, Modibo Kae et son épouse Aissata Sacko mènent à Bamako une vie heureuse et productive.

R/D : Fanta Régina Nacro • Sc : Fanta Régina Nacro • P : Les Films du Défi, Santé familiale et Prévention du Sida, JHU/CCP • 43’ • Betacam • Doc • Coul/Col • Contact : Les Films du Défi